02.11.2007

On préfère toujours l'original à la copie

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"Elu comme UDF, Charles Buttner a adhéré hier à l'UMP, dans le cadre d'un entretien qu'il a eu à Paris avec le secrétaire général du mouvement, Patrick Devedjan. [...] "J'ai toujours été centriste, démocrate-chrétien. Mais je ne retrouve pas nos valeurs dans le MoDem, ni dans la démarche de François Bayrou"[...] "Je me sens en phase avec l'action [menée par Sarkozy] et avec son ouverture". [...] Un ralliement apprécié à Paris, à cinq mois des cantonales ..."
(Source : L'Alsace, 1er-2 novembre 2007, p. 47)


Le président du conseil général du Haut-Rhin, l'ex-UDF Charles Buttner, vient donc d'annoncer qu'il rejoignait l'UMP.
Explicitement rallié à Sarkozy dès l'entre-deux tours des présidentielles, Buttner avait pourtant été immédiatement éconduit par le parti sarkozyste, qui avait choisi de ne pas l'investir comme suppléant aux législatives dans la 4e circonscription du département.
Cela n'a visiblement pas refroidi ses ardeurs conservatrices et sa volonté d'être dans le "bon" camp (celui de l'hégémonie), vu qu'il vient de s'inscrire au parti majoritaire de la Droite libéral-populiste décomplexée, introduit par une personnalité hautement recommandable de ce mouvement.

Passer directement de l'UDF à l'UMP sans passer par la case "Nouveau Centre" (ou plutôt PLSE, comme on voudra, un grand parti comme ça mérite bien deux noms) : voilà qui démontre bien la crédibilité de l'autonomie proclamée des satellites pseudo-centristes de l'UMP, et qui nous rappelle qu'en politique l'original est toujours préféré à l'ersatz.
On notera également que cette décision a été rendue publique au lendemain de la débandade législative des "néocentristes" dans leur tentative de magouiller à leur profit les règles de financement public des partis politiques.
Par conséquent, mieux vaut aller directement là où se trouvent le pouvoir et l'argent ... Pas folle, la guêpe !

01.11.2007

Si ... mone m'était contée ...

A l'heure où paraissent ses Mémoires, intitulés Une Vie (Stock), Simone Veil profite de ce retour sous les projecteurs pour déverser une fois de plus sa rancune haineuse envers François Bayrou ... et témoigner de son amitié pour ce si "gentil" Sarkozy.

Pour exemple, un petit extrait de son entretien avec Agathe Logeart, publié dans Le Nouvel Observateur du 25 octobre :

Le Nouvel Obs'. – Vous ne portez pas non plus François Bayrou dans votre cœur!
Simone Veil. – Ah ça… Je l’ai bien connu, puisqu’il a été mon directeur de campagne pour les élections européennes de 1989.
Intrigant, opportuniste, il n’a pas changé. En fait, il souhaitait que je fasse le plus mauvais score possible pour que je ne lui fasse pas d’ombre. On m’avait prévenue qu’il me trahirait. Et c’était vrai. Il a lui-même choisi la photo la plus moche possible pour les affiches électorales !
Déjà, il était convaincu qu’il était touché par le doigt de Dieu et qu’il était évidemment prédestiné à devenir un jour président de la République. C’est un traître, sûrement, mais aussi un illuminé.

N. O. – Nicolas Sarkozy, c’est tout autre chose…
S. Veil. – Oh oui! Et puis il est si drôle, et si gentil!
Sans parler de sa compétence, de sa capacité de travail. Cela m’a tout de suite frappée quand je l’ai rencontré la première fois. Il était un tout jeune ministre du Budget, et moi, j’étais ministre de la Santé. Il connaissait tous les chiffres mieux que tout le monde. Il me bluffait. C’était impressionnant. Et puis, au cours des réunions de ministres à Matignon, on avait nos têtes de Turc. Il me balançait de petits coups de pied sous la table. Et on se détendait comme ça, face à la gravité de Balladur.


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De Gaulle a dit : "la vieillesse est un naufrage".
Dans le cas de Simone Veil, force est de constater qu'à défaut de naufrage, la dérive est incontestable.
Formidable avocate des droits des femmes contre l'obscurantisme patriarcal dans les années 1970, Européenne convaincue, éminente figure républicaine, pourfendeuse des extrémismes ... elle a, depuis, trahi en grande partie ses idées ainsi que les valeurs de sa famille politique en déclarant que François Bayrou était "le pire de tous" (lors d'une élection à laquelle se présentait Jean-Marie Le Pen !) puis en ralliant le camp sarkozyste, celui qui allait mettre en place le ministère de l'identité nationale, à l'intitulé vichyssois, et qui allait faire de la Pasionaria de la lutte anti-IVG sa ministre de la ville.
Elle a beau critiquer aujourd'hui l'ambigu amendement ADN ou la récupération politique de la lettre de Guy Môquet : elle a bel et bien contribué, par son soutien de poids au candidat libéral-populiste lors des dernières élections présidentielles, à mettre en place la situation actuelle.
Elle doit par conséquent en assumer sa part de responsabilité.

24.10.2007

Un beau plat de lentilles bien fumant ... servi aux frais du contribuable ?

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Les trente deniers destinés à récompenser le ralliement d'une grande partie des députés UDF à Nicolas Sarkozy sont fins prêts ... mais François Bayrou, épaulé par un Parti socialiste visiblement soucieux de ménager les démocrates dans la perspective des prochaines échéances électorales, veille au grain.
Et il est prêt, si nécessaire, à saisir le conseil constitutionnel pour empêcher cette escroquerie parlementaire.

Un tel changement des règles après coup serait effectivement un procédé inique, voire ubuesque, et d'autant plus déplorable qu'il serait réalisé aux dépens du contribuable, alors même que les députés du "Nouveau Centre", bénéficiaires de procédés électoraux injustes et d'un accord de non-agression mutuelle avec l'UMP, ne représentent qu'une fraction négligeable des citoyens.
En tout cas, si les "Néocentristes" en sont réduits à de tels expédients, c'est bien parce que leur base militante, inexistante, ne permet pas à ce parti artificiel de feindre une identité indépendante.

Au passage, vous remarquerez que, égaux à eux mêmes lorsqu'il s'agit de mener un combat d'arrière-garde, les communistes sont prêts à joindre leurs voix à celles de l'UMP et de son satellite pseudo-centriste.


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Remous à l'Assemblée nationale autour du texte du Nouveau Centre sur le financement des partis

Dénonçant la "magouille" du gouvernement, le Parti socialiste et le MoDem ont réussi, mercredi 24 octobre, à faire reporter l'examen de la proposition de loi sur le financement des partis politiques du Nouveau Centre (NC), destinée à assurer un financement public de la formation centriste ralliée à Nicolas Sarkozy. Alors que le gouvernement espérait une validation du texte dans la journée, une série d'incidents ont poussé le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, à demander une interruption de séance. Les débats, qui avaient débuté dans un climat houleux, n'ont finalement pu s'achever.

La proposition de loi – soutenue par le gouvernement, la majorité des députés UMP et des députés PCF – doit permettre à un parti politique de recevoir un financement public, même s'il ne compte pas cinquante candidats ayant obtenu aux législatives 1 % des suffrages exprimés lors des élections législatives, comme le prévoit la loi en vigueur. Le nouveau texte assurerait un financement public aux formations comptant plus de quinze députés à l'Assemblée, une condition que remplit le NC avec ses vingt et un députés.

Dans les couloirs de l'Assemblée, le projet de loi a provoqué de sérieuses passes d'armes entre opposants et partisans du texte, notamment entre Jérôme Chartier (UMP) et Henri Emmanuelli (PS).
"Il faut que le Nouveau Centre ait les moyens de son indépendance", a martelé M. Chartier.
"Vous êtes en train de donner de l'argent à des députés pour les récompenser d'avoir lâché leur leader, lui a répliqué M. Emmanuelli. En trente ans, je n'ai jamais vu une magouille aussi minable. La conclusion, c'est que, quand on est un ami de Nicolas Sarkozy, on obtient 1,8 million d'euros" de financement public, a tempêté le député socialiste. Ce dernier a également glissé, devant de nombreux journalistes, à un François Bayrou tout sourire : "C'est quoi la différence entre Judas et François Sauvadet [président du groupe NC à l'Assemblée nationale] ? Judas, lui, s'est pendu à la fin !"

Le président du MoDem a, quant à lui, dénoncé "une loi pour le bénéfice matériel d'un parti qui n'a pas réussi à obtenir les voix nécessaires pour être financé. On n'a pas le droit de voter des lois qui changent la règle du jeu après la fin du jeu. Il faut le faire pour les élections suivantes et non les précédentes", s'est indigné M. Bayrou.

(Le Monde, avec AFP et Reuters)

05.09.2007

L'aphorisme du jour

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« Dans un cake, il y a des fruits confits.
Or, le fruit confit ne fait pas le cake
. »


Dominique Galouzeau de Villepin, poète français, auteur d'ouvrages sur Napoléon, ancien homme politique (1993-2006)

29.06.2007

Le langage du débat

L'affaire est révélatrice du climat délétère de la campagne passée.2dabdf5b2504393c412ce0caf850832c.jpg
Il s'agit de cette petite vidéo, tournée pour la chaîne locale TLM puis diffusée sur Dailymotion, où M. Devedjian (UMP) lance, à l'évocation de Mme Comparini (UDF-MoDem), une insulte viriliste des plus primaires que l'on peut expliquer (mais pas justifier) par la formation politique de M. Devedjian dans un groupuscule d'extrême-droite (Occident, de sinistre mémoire).

Rappel des faits par M. Vacher, directeur de TLM, dans un entretien avec les journalistes du Nouvel Obs' :

Nous avions décidé de suivre les premiers pas à l’Assemblée Nationale de deux nouveaux députés du Rhône, Pascale Crozon (PS) et Michel Havard (UMP). En suivant ce dernier, notre reporter a filmé la scène où Renaud Musellier présente le nouveau député UMP à Patrick Devedjian. C’est alors que Patrick Devedjian a laissé tomber ce commentaire : « Cette salope ». J’insiste sur le fait que Patrick Devedjian avait bien vu la caméra qui tournait, d’ailleurs la séquence montre bien qu’il y a eu une espèce de mise scène filmée de la présentation du nouveau député au patron de son parti.


La haine est-elle un moteur de l'action politique ? Les invectives, formulations ultimes de la communication démagogique actuelle, peuvent-elles remplacer les idées ?
Je ne le pense pas, et c'est pour cela que j'ouvre aujourd'hui ce blogue, pour pouvoir échanger, dans le respect des opinions et de la dignité de chacun, des idées et des réflexions sur le fonctionnement de notre démocratie.