27.09.2009
Régionales : les radicaux de gauche sur la liste de droite ?
Lu aujourd'hui dans le quotidien Vosges Matin : René Leucart, président régional lorrain du Parti radical de gauche, a annoncé que son mouvement sera "présent aux élections régionales". S'il vise un score de 6 % au premier tour, il évoque également des perspectives d'alliance : " Pour le moment, nous nous sentons plus près du candidat radical valoisien [Laurent Hénart, tête de liste UMP/Parti radical] que du parti communiste, et comme le président sortant socialiste [Jean-Pierre Masseret] se sent plus près du Parti communiste ..."
Les Radicaux de gauche lorrains seraient-ils ainsi prêts à rejoindre la liste de droite après le premier tour ?
Petit rappel historique : Le Parti radical, créé en 1901 dans la mouvance de Clemenceau, est le plus ancien parti politique français. Dominant la scène politique au début du XXe siècle, il voit ensuite son influence décroître face à la montée de partis plus à gauche (SFIO socialiste, PCF communiste). Il se droitise progressivement, ce qui entraîne une scission dans les années 1970 : un certain nombre de radicaux quitte le parti pour créér ce qui deviendra le Parti radical de gauche (PRG), satellite du Parti socialiste, tandis que ceux qui sont restés dans la vieille maison rejoignent le centre-droit giscardien (UDF).
Trois décennies plus tard, les conséquences de cette scission (mais aussi de la sénéscence du plus vieux parti de France) se font sentir.
A droite, le Parti radical "valoisien" (son siège national est à Paris, place de Valois) est devenu une composante de l'UMP, confiée à Jean-Louis Borloo, ami du PRG Bernard Tapie.
A gauche, le PRG ne présente plus de candidats lors des grandes échéances électorales. Ni à l'élection présidentielle de 2007 (il a simplement soutenu la candidate socialiste pour mieux faire oublier que la candidature PRG de 2002 avait largement contribué à l'élimination de Jospin), ni aux européennes de 2009, ce qui pourrait être interprété comme un véritable acte de décès politique. Une coquille vide, donc, que Sarkozy voudrait bien ajouter à son tableau de chasse de "l'ouverture", en confiant par exemple un secrétariat d'Etat à un notable radical de gauche.
Peu audibles au niveau national, les deux demi-partis gardent cependant de solides bastions locaux. A gauche, Jean-Michel Baylet reste influent dans le Sud-Ouest grâce au groupe de presse de La Dépêche du Midi, dont il est le PDG (ce qui est plutôt ... intéressant en matière d'indépendance de la Presse). A droite, on trouve le bastion nancéen, tenu depuis 1983 par André Rossinot. C'est un adjoint de ce dernier, Laurent Hénart, qui a été choisi pour porter les couleurs de la droite lorraine aux prochaines régionales.
Face aux tentatives de séduction élyséennes et à une marginalisation croissante dans un paysage politique où le MoDem trouble le jeu bipolaire traditionnel, les deux demi-partis pourraient être tentés par une réunification. Mais celle-ci ne pourrait se faire qu'autour d'un seul dénominateur commun, la Laïcité, valeur d'ailleurs mise à mal au sein d'une majorité présidentielle dans laquelle les Chouans du villiérisme viennent de faire leur apparition.
Il sera intéressant d'observer, dans quelques mois, le choix qu'effectuera le PRG lorrain, visiblement peu tenté par une perspective d' "Union de la Gauche" assez incohérente.
11:48 Publié dans Régionales 2010 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lorraine, hénart, parti radical, radicaux, leucart, baylet, borloo, sarkozy, politique
30.08.2009
Régionales : quelle stratégie pour le MoDem ?
L'Université de rentrée de la semaine prochaine apportera sans doute les premiers éléments de réponse.
En attendant, examinons différentes hypothèses :
* Des stratégies régionales "à la carte" : Des fusions (après le premier tour) avec des listes "de Gauche" ou "de Droite", selon les régions et les projets en présence, pourraient se justifier sur le principe de la différenciation des enjeux par échelle (municipale, départementale, régionale, nationale) et sur celui du libre examen des bilans de chaque majorité régionale.
Ces considérations, parfaitement justifiables d'un point de vue logique et philosophique, avaient guidé la stratégie "à la carte" du MoDem aux municipales de mars 2008. Or, l'électeur ne s'y est trop souvent pas retrouvé. Pour ma part, j'estime que la confusion venait moins de la stratégie "à la carte" (parfaitement adaptée à une échelle très locale, aux problématiques spécifiques et à une personnalisation très forte du scrutin municipal) que de l'attitude des instances nationales du MoDem, qui ont souvent accordé leur investiture à l'aveuglette, sans enquêter sérieusement sur les situations politiques locales.
En réalité, l'argument le plus défavorable à une stratégie "à la carte" est celui du risque d'étouffement en cas de fusion inéquitable. En effet, les grands partis clivagistes préfèrent souvent les vassaux aux alliés. Or, rien ne serait plus préjudiciable aux élus du MoDem que d'être inaudibles et impuissants au sein de majorités qui ne les respectent pas vraiment.
* Une stratégie nationale applicable à toutes les régions : François Bayrou lui-même s'est prononcé en faveur de cette option. Facilement applicable au premier tour (où, vraisemblablement, les démocrates se présenteront aux citoyens sous leurs propres couleurs), cette stratégie devient beaucoup plus compliquée au second.
** Alliances dès le premier tour : L'argument de l'étouffement évoqué plus haut joue également contre cette hypothèse. En effet, sur quels rapports de force pourrait-on bâtir les listes ? Il serait illusoire, dans ces conditions, d'obtenir une véritable représentativité des démocrates.
C'est ce scénario de l'humiliation volontaire qui tracassait Christophe Ginisty quand, sur la base de bruits de couloirs, il a accusé Marielle de Sarnez de vouloir faire liste commune avec les socialistes dès le premier tour. Rappelons que, malgré la solidité et la sincérité de son engagement et de ses principes, Ginisty joue quelquefois les Cassandres imprudentes (quand Quitterie Delmas a quitté le MoDem, il l'a accusée de préparer son entrée dans l'équipe de Ségolène Royal) ... En réalité, le discours très remarqué (à la fois audacieux et prudent) de M. de Sarnez à Marseille s'incrivait davantage dans une stratégie à moyen terme ciblée sur 2012 et dans une opération de séduction de l'aile progressiste du PS (que j'évalue à environ 40 % des militants socialistes).
Le MoDem n'a aucun intérêt à se plier à une déclinaison régionale d'une "Union de la Gauche" passéiste et illusoire (le PS, du moins dans sa conformation actuelle, ne sera jamais enclin à la collégialité et au pluralisme sincère) ... ou à une stratégie sarkozyste visant à rassembler autour de l'UMP ses satellites et ses chapelles les plus contradictoires (les radicaux laïcs, les débauchés de la Gauche et du Centre mou et les réacs villiéristes sur de mêmes listes) et destinée à assurer à la Droite un score intimidant dès le premier tour.
** Autonomie au premier tour, éventuelle fusion au second : C'est un peu ce que prône Marielle de Sarnez quand elle dit : "Personnellement, je suis pour affirmer d’abord notre identité et notre autonomie, et participer ensuite à des rassemblements plus larges, car personne ne peut gouverner seul, pas plus une région qu’un pays."
Or, le problème, en cas de fusion annoncée, est celui de la démobilisation de l'électeur. En effet, si je sais déjà que voter MoDem aux deux tours revient à voter pour une liste conduite par le PS au second, pourquoi ne pas "voter utile" - ou, pire, ne pas voter du tout - lors du premier dimanche des élections ?
J'estime (et c'est peut-être également ce que suggère M. de Sarnez) que le seul type de fusion envisageable au second tour est celui d'une fusion en position de force. Pour ce faire, le MoDem devrait arriver en seconde position (ou en troisième au coude-à-coude). C'est très ambitieux me direz-vous. Peut-être ... Mais on ne doit se présenter à une élection qu'avec la conviction d'avoir la légitimité et la possibilité de remporter la majorité des suffrages.
** Autonomie au premier tour et au second tour : C'est l'hypothèse la plus optimiste et la plus volontariste. Rappelons qu'il faut avoir obtenu au moins 10 % au premier tour pour pouvoir se maintenir. Ce n'est pas impossible pour le MoDem, loin de là.
L'inconvénient réside plutôt dans l'hypothèse d'une défaite au second tour qui favoriserait la victoire de la liste la plus éloignée de nos valeurs. Dans ces conditions, le MoDem serait accusé de pratiquer la politique du pire. Ce risque n'est pas à négliger, mais il ne faut pas nous complexer pour autant : à nous de réaffirmer notre volonté de rassemblement de tous les progressistes.
Vous l'aurez compris, je suis favorable à une stratégie autonome dès le premier tour, avec une possibilité de rassemblement au second tour en cas de qualification en position de force (seconde position ou troisième au coude-à-coude). En cas de malheur (moins de 10 %), deux options s'offrent à nous : le retrait imposé par la disqualification résultant d'un score inférieur à 5 % (il va sans dire qu'une telle contre-performance ne permettrait pas la survie du MoDem) ou le retrait volontaire et le refus de fusion entre 5 et 9 % (pour réaffirmer notre non-alignement et notre choix de ne pas jouer aux supplétifs).
A vous de juger la pertinence de ces options qui, il n'est pas inutile de le rappeler, ne pourront convaincre les électeurs que si elles mettent en scène des listes innovantes (plus "jeunes", en tout cas, que celles des européennes) basées sur des programmes ambitieux (mais brefs et percutants) articulant habilement plateforme nationale et propositions régionales.
12:25 Publié dans Régionales 2010 | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : régionales, marielle de sarnez, ps, ump, politique, région
22.04.2009
La proportionnelle aux législatives ? Chiche !
Sacré Morin !
Le ministre de la défense, par ailleurs président du "Nouveau [sic.] Centre [re-sic.]" (micro-parti affilié à Fetia Api), vient de signer une amusante tribune sur le site d'information Rue89.
Son thème ? Pour lutter contre l'absentéisme des députés, instaurons la proportionnelle !
Cela prête à sourire, pour deux raisons :
1. Cette proposition montre l'absence totale d'influence de Morin et de ses comparses sur la politique du gouvernement sarkozyste et de ses parlementaires godillots, qui refusent catégoriquement l'introduction de la proportionnelle, qu'ils ont bannie de la fumeuse révision constitutionnelle de l'été dernier (dont M. Morin vante les "bénéfices"). Quand M. Morin s'exclame : " La bipolarisation, oui ! Le bipartisme, non ! " ... il semble encore croire que son groupuscule bénéficie d'une quelconque place à l'ombre de l'UMP. Il suffit pourtant de voir comment cette dernière l'a traité à l'occasion de la constitution des listes pour les européennes ...
2. Si l'on applique la proportionnelle intégrale, les 2 % du "Nouveau [sic.] Centre [re-sic.]" au premier tour des dernières législatives prennent une saveur particulière (à comparer aux 8% du MoDem lors du même scrutin). Ce n'est toutefois pas à la proportionnelle intégrale que pense M. Morin, mais à un modèle mixte à l'allemande. C'est d'ailleurs ce que proposait déjà François Bayrou ... lâché en rase campagne par ce cochon de Morin appâté par un juteux maroquin.

Quand M. Morin présente le "mode de scrutin" comme la cause principale de l'absentéisme dans l'hémicycle, il faudrait rajouter que c'est surtout le cumul des mandats qui pose problème, le don d'ubiquité n'étant - hélas (?) - pas de ce monde.
Cela dit, M. Morin n'a pas tort lorsqu'il rappelle que le député étant un élu national et non un élu territorial (mais, malheureusement, avec le cumul, il est souvent les deux), il serait plus légitime de l'élire dans un cadre national et non dans celui d'une circonscription. Cela lèverait une ambiguïté dont les "gros" partis (UMP et PS surtout) jouent par caciquisme local.
Il est vrai que l'actualité démontre la nécessité de réformer la situation actuelle :
- un projet de loi poussé par le gouvernement (Hadopi) se fait rejeter par une petite partie de l'opposition, tous les autres étant partis en "vacances" !
- un projet de redécoupage électoral déchaîne de vives protestations après avoir été préparé par Alain Marleix (UMP), conseiller de Pasqua pour les fameux tripatouillages de 1986.
Dans le premier cas - comme le suggère Morin - l'élection des députés à la proportionnelle permettrait à l'Assemblée de bénéficier de l'assiduité de véritables élus nationaux (élus en tant que tels) ... mais seulement à condition d'être plus strict contre le cumul des mandats, la plupart des absents étant des élus locaux et territoriaux négligeant les responsabilités propres à leur mandat national.
Dans le second cas, le principe de la proportionnelle - appliqué à un scrutin de liste - simplifierait nettement les débats, en rendant l'élection parfaitement équitable et en mettant de côté la question houleuse des limites de circonscriptions.
Joseph
P.S. : Une ancienne note à relire sur la question du cumul des mandats : "Le cu(mu)l entre deux chaises" (31 juillet 2007).
17:44 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, morin, marleix, circonscriptions, législatives, hadopi, politique, ump
01.11.2008
J - 219 : Lancement de la chronique européenne d'Orange démocratique
J - 219 ...
Le compte à rebours est lancé avant l'élection des députés au Parlement européen, le 7 juin prochain.
Pour suivre l'actualité de la campagne, particulièrement dans la circonscription Est, tout en la resituant dans son contexte national et international ;
Pour échanger quelques idées sur le projet européen du Mouvement démocrate, et sur celui de ses adversaires français ... ou de ses alliés européens ;
Pour réfléchir aux enjeux et aux perspectives de la construction politique du continent ;
Pour effectuer quelques piqûres de rappel sur l'Histoire ou l'architecture institutionnelle de l'UE ;
Pour réconcilier les "oui-istes" et les "nonistes" démocrates de 2005 ...
J'ai décidé de lancer une chronique éclectique, qui ne sera pas quotidienne mais aussi fréquente et régulière que possible.
Elle sera tout simplement intitulée "J -".
Comme toutes les notes de ce blogue, les analyses et les prises de position contenues dans les pages de cette future chronique seront bien entendu personnelles et n'engageront que votre serviteur. Ce dernier ne demande d'ailleurs qu'à être complété, nuancé voire contredit par vos réactions, qu'il espère pertinentes, étonnantes et enrichissantes.
A demain pour la première page : "J - 218" !
Joseph
Illustration : Noël-Nicolas Coypel (1690-1734), L'enlèvement d'Europe (détail), 1726, Philadelphie, Museum of Art
15:02 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, politique, élections, européennes, parlement européen
20.07.2008
EDVIGE : Little Brother is watching you !

Le problème majeur présenté par cette base de données : elle mêle indications publiques et privées, déliquants avérés et potentiels, majeurs et mineurs de 13 ans ...
Qu'un Etat se dote de bases de données pour lutter contre les nouvelles menaces (comme le terrorisme) n'a rien de choquant, c'est même légitime. Mais, dans le cas d'EDVIGE, c'est ce côté "fourre-tout", propice aux dérapages, à la surveillance généralisée de l'opposition politique, et autres utilisations abusives, qui est inquiétant. De toutes manières, trop de fichage tue le fichage : les informations ainsi collectées, noyées dans la masse et mal hiérarchisées, n'auraient aucune efficacité réelle en matière de sécurité. Au gouvernement de revoir sa copie !
Pétition pour demander l'abandon du fichier EDVIGE
A lire sur le même sujet : Quitterie et Virginie
09:25 Publié dans Libertés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : EDVIGE, liberté, Sarkozy, UMP, politique, pétition, sécurité
28.06.2008
Du bon usage de la consultation de clarification
Au mois d'avril, après l'insuccès des municipales et la tentative des quelques sycophantes de la Droite égarés dans notre Mouvement de semer la zizanie et de couler Bayrou au sein même de ses partisans, le président du MoDem avait promis une "grande clarification" sous la forme d'une déclaration de principe (ou "contribution") qui serait soumise aux adhérents, mettant au défi ses contradicteurs d'en faire de même.
Cornillet s'étant dégonflé tout en souhaitant démontrer par cette reculade l'impossibilité de débattre face à un leader présenté comme autoritaire, seule la contribution de Bayrou sera soumise au vote.
Celui-ci aura lieu par correspondance, dans les jours qui viennent (avant le 10 juillet).
J'avoue avoir été contrarié en apprenant que les adversaires internes se dérobaient, vidant ainsi cette consultation d'une partie de son sens.

J'ai également été peiné de voir les mésaventures rencontrées par la -trop tardive ?- contribution d'Eric Julliard qui, sans s'opposer à Bayrou et sans différer sensiblement du projet de ce dernier, faisait preuve d'une lucidité plutôt lumineuse et apportait un semblant de pluralisme dans le débat : si cette contibution a finalement réussi à rassembler le nombre de soutiens nécessaires, elle a été invalidée par le comité de contrôle et de conciliation en raison de vices de forme dus à une démarche effectuée dans l'urgence.
C'est sans doute regrettable, d'autant plus que le Mouvement n'utilise pour l'instant ses moyens qu'à des fins internes : une consultation par correspondance est très coûteuse.
En effet, pour rester économe de nos deniers (dont on aura besoin lors des prochaines campagnes électorales), il aurait fallu organiser cette élection au niveau départemental, comme pour les élections au CN, ce qui aurait donné une nouvelle occasion aux adhérents de se rencontrer avant les élections internes décisives du 27 septembre.
D'un autre côté, on peut comprendre la précipitation de Bayrou qui, attaqué de toutes parts (par l'Elysée, qui cherche à gagner les sénateurs centristes à sa propre cause, par le PS, qui rêve de supplétifs serviles alors que le parti à la rose ne sait même pas où il va, ou encore par les nostalgiques de l'UDF "bleu horizon" d'avant 2006), se doit de renforcer sa position auprès des médias, du public et des observateurs extérieurs, en démontrant que le MoDem ne lui fera pas défaut et que les voix réellement discordantes à son égard (on ne parle pas ici des critiques constructives dont le parti a bien besoin) restent marginales.
Quant à la contribution elle-même, intitulée "Un projet politique démocrate et indépendant", elle reprend les thèmes chers au leader du MoDem (indépendance totale du nouveau parti, refus du bipartisme, défense du pluralisme), en prenant soin de désigner les adversaires (Sarkozy, présenté comme un "casseur" du modèle républicain français et un thuriféraire du modèle américain, ainsi qu'un PS étatiste et incapable de porter une alternative) avant d'exposer le projet de société qu'il entend construire : rendre à la France une place de premier plan en misant sur l'éducation et la recherche, mener des réformes dans un esprit de justice sociale (comme souvent, je le trouve sur ce point toujours trop allusif et consensuel) et de développement durable (qui, conformément à sa définition réelle, dépasse ici les simples questions environnementales auxquelles on tente souvent de réduire cette grille d'analyse politique), consolider l'Europe pour équilibrer le monde, appliquer et défendre les principes démocratiques.
Le tout est sans doute trop consensuel et, comme qui dirait, insuffisament "clivant" pour constituer une plateforme claire ou une feuille de route précise : et c'est sans doute tant mieux, les choix d'un seul homme ne pouvant se substituer à la réflexion collective des instances démocratiques qui sont en train de se mettre en place.
En réalité, si cette consultation fournira surtout à Bayrou l'occasion de faire plébisciter son autorité sur le Mouvement, les adhérents y trouveront également leur compte car, pour la première fois, ils pourront choisir de ratifier ou non un projet idéologique et stratégique qui, en demeurant très ouvert, prendra progressivement tout son sens et son visage définitif grâce aux militants, qui sont invités à construire ce projet dans tous ses détails au sein des différentes instances du MoDem.
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Ci-dessous, le texte de la contribution de F. Bayrou :

L’objet de cette consultation est de manifester la volonté sans équivoque de nos adhérents de porter
devant les Français un projet démocrate et indépendant.
Nous voulons changer la vie politique française : le bipartisme, affrontement perpétuel et artificiel, est
un appauvrissement de l’esprit et une incompréhension de la complexité des temps. Il est un verrouillage.
Pluralisme politique, pluralisme syndical, pluralisme dans les médias, permettent seuls aux
citoyens, conscients et informés, de penser les enjeux de l’avenir, et pas seulement ceux du passé.
Le pluralisme ouvre sur le dialogue et permet quand la situation l’exige de larges consensus nationaux.
Si l’on veut porter le pluralisme, définir un projet nouveau, l’indépendance est la condition nécessaire.
La cohésion et la solidarité à l’intérieur du mouvement le sont tout autant.
Cette consultation permet à tous les adhérents de manifester leur soutien à cette grande entreprise de
rénovation de la vie démocratique française.
Il est vital de définir un projet nouveau pour notre société
C’est d’autant plus nécessaire dans la crise profonde que nous traversons.
Sans vouloir simplifier abusivement, il me semble que le projet de Nicolas Sarkozy est pour l’essentiel
d’aligner la France sur le modèle dominant dans la globalisation.
Lorsqu’il affirme « je veux réconcilier la France avec l’argent, parce que l’argent c’est la réussite »,
« je crois au capitalisme et à la mondialisation », « je veux faire rentrer la France dans le commandement
intégré de l’OTAN », il traduit une fascination pour un modèle qui n’est pas le nôtre.
Notre modèle français et républicain vise à l’amélioration de la situation de tous, alors que le mouvement
du capitalisme financier encourage l’augmentation croissante et toujours accélérée des inégalités.
L’alignement de la France est d’autant plus préjudiciable au moment où les excès de ce capitalisme ont
déclenché une crise grave partie des Etats-Unis : les subprimes menacent les classes moyennes et le
crédit, le système de santé est injuste, les prix des matières premières explosent, le dollar s’effondre,
l’Irak est une impasse.
Le parti socialiste français, en proie à des affrontements de personnes et de courants, n’est pas parvenu
à penser une alternative. Le recours obsessionnel et automatique à l’État est devenu impossible.
La seule défense des statuts ne convainc plus.
Il revient donc à un courant nouveau de se mettre à la tâche pour que la France pense et porte un autre
modèle, le modèle humaniste pour le XXI° siècle. Tel est notre choix de fond.
Quels sont les piliers du modèle humaniste pour le XXI° siècle ?
• Il faut que la société soit créative. Il n’y a pas de société qui fasse rayonner ses valeurs si elle est dominée économiquement et technologiquement. Les valeurs de création et l’esprit d’entreprise
sont au centre de ce projet : l’entrepreneur, le chercheur et l’artiste, portent également la société créative
indispensable au projet humaniste. La clé de la créativité, c’est l’éducation qui exige l’effort de tous
et la solidarité de la nation.
• Il faut un modèle social juste. Les réformes sont une nécessité pour adapter un pays aux temps nouveaux. Mais elles ne seront acceptées durablement, que si l’esprit de justice les inspire et les règle,
et si on refuse les ghettos dus à l’argent, à l’origine, à l’âge, à la situation sociale.
• Il faut que la société soit durable. La solidarité entre générations est une exigence aussi élevée que la solidarité à l’intérieur d’une génération. Nous sommes durement confrontés à des menaces sur
l’équilibre de la planète et de nos pays. Le passage de l’énergie abondante et bon marché à l’énergie
rare et chère, le choc climatique, le poids croissant des déficits et de la dette, le vieillissement de nos
populations, les désordres monétaires sont autant de menaces sur l’avenir. La vertu du modèle humaniste,
c’est l’équilibre.
• Il faut l’équilibre des puissances et donc l’Europe. Si l’on veut la justice internationale, il faut écarter la domination. Pour résister aux grandes puissances dominatrices, il faut faire naître un monde organisé. L’Europe rassemblée est le précurseur nécessaire des nécessaires organisations régionales.
Voilà pourquoi le combat pour une Europe protectrice de diversité, respectueuse des peuples qui la
composent, n’est pas seulement un combat pour nous-mêmes mais pour toute l’humanité.
• Il faut une adhésion démocratique. Nous croyons que la démocratie exige la prise de conscience et de responsabilité des citoyens. Ils ont droit à la vérité du débat public et à la protection contre les
abus de pouvoir. Ils ont droit à des institutions loyales, qui garantissent la séparation des pouvoirs, exécutif,
législatif, judiciaire et la juste représentation des citoyens.
Ce projet humaniste, les citoyens l’attendent quand ils pensent à la France aussi bien qu’à l’avenir du monde.
Au Mouvement démocrate, fort de son indépendance, de le penser et de le porter !
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A lire, sur le même sujet : Farid
14:36 Publié dans MoDem | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, MoDem, Cornillet, Eric Julliard, politique, mouvement démocrate, Sarkozy
14.04.2008
"Grande clarification" et "contre-attaque" : nous devons être prêts !
On pouvait s'y attendre : les récentes attaques de la Sarkozie et de ses satellites pseudo-centristes n'ont pas laissé François Bayrou de marbre.
La conférence de presse qu'il vient d'organiser y répond de manière efficace, en le plaçant comme le meilleur opposant à la politique de l'Elysée (ce que Sarko, qui préfère retrouver la fade et inoffensive Ségolène face à lui en 2012, a compris depuis longtemps), comme le chef incontestable du Centre, et, enfin, comme le plus sincère thuriféraire du pluralisme démocratique au sein du paysage politique français.
Le manifeste passéiste de Cornillet et la porte claquée par Arthuis, qui se livrent un acharnement thérapeutique insensé sur le cadavre de l'UDF giscardien pour le mettre au service des basses manoeuvres de la nouvelle droite ultralibérale et bushiste, ou encore la probable prochaine ruée vers la soupe de Michel Mercier, auront été le Pearl Harbor de la clique sarkozyste contre le Centre : un lâche coup de poignard dans le dos qui exige une contre-attaque implacable et sans merci.

Afin d'organiser cette contre-attaque des démocrates contre les conservateurs, François Bayrou a besoin d'accélérer la formation du Mouvement démocrate en y réaffirmant son autorité.
Pour ce faire, voilà ce qu'il propose :
"C’est pourquoi je conduirai sans faiblir la contre-attaque contre ces manoeuvres. Si c’est d’un combat qu’il s’agit, ce combat, nous allons le mener.
J’ai décidé d’en appeler aux adhérents, aux militants et aux sympathisants du Mouvement démocrate. C’est l’heure de la grande clarification pour échapper aux tentatives de déstabilisation et pour construire un mouvement cohérent.
Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main.
Je vais donc soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché.
Cette clarification devra être accomplie avant l’été pour que cessent les manœuvres de déstabilisation. Le 26 avril devant ceux qui ont porté nos couleurs aux élections municipales, le 14 mai devant notre conseil national, nous fixerons les conditions de cette consultation en même temps que le calendrier et les conditions de l’élection de nos instances locales.
Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."

La "clarification" est en effet nécessaire : ce n'est qu'une fois qu'une plateforme politique concrète et cohérente aura été fixée (et je compte notamment sur le Conseil National pour ébaucher des propositions qu'il présentera le plus tôt possible aux amendements et suffrages des adhérents) que nous serons en mesure de parler d'une seule voix pour exprimer notre détermination à changer la donne actuelle.
Ce sursaut d'un centre démocrate indépendant doit également avoir lieu dans les fédérations départementales : trop d'énergies y sont encore négligées ou inexploitées, alors qu'il faut de toute urgence occuper le terrain et y faire entendre notre voix pour exposer un projet de société novateur et solide.
Nous en avons, aujourd'hui encore, l'opportunité.
Nous en avons également, et plus que jamais, le devoir.
Ledru-Rollin 2007
[Mise à jour du 15/04 : Suivant les propositions de Benoît Charvet et d'Antonin Moulart, j'affiche la bannière de soutien à un MoDem indépendant et garant du pluralisme démocratique.]
18:10 Publié dans MoDem | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, Sarkozy, Bayrou, politique, UDF, Royal, Ségolène
09.04.2008
Flamme de la honte à l'Est ...
Il y a quelques mois, ce blogue prenait déjà parti contre la tenue des Jeux Olympiques dans la capitale du régime dictatorial chinois : http://orangedemocratique.blogspirit.com/archive/2007/08/...
Huit mois plus tard, la question est plus que jamais d’actualité, suite aux manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique, depuis sa naissance à Olympie jusqu’à son étape californienne, sans oublier le pathétique épisode parisien (où la délégation chinoise, après avoir éteint la flamme par réflexe sécuritaire, n’a pas hésité à « boycotter » une personnalité officielle telle que le maire de Paris ; où certains policiers français ont poussé le zèle jusqu’à dérober les drapeaux brandis par les manifestants ...), ces derniers incidents témoignant parfaitement du malaise suscité par les questions chinoises dans les opinions et les sphères politiques occidentales.
Si le détonateur a été l’indignation provoquée par la barbare répression du mouvement d’émancipation tibétain, il ne faut pas oublier non plus [comme le rappelle KAG] les autres violations graves des droits de l’homme commises par le régime de Pékin.
Celles-ci se manifestent notamment par la traque des opposants politiques, des internautes trop curieux et des journalistes (voir les emprisonnements récents d’Yang Chunlin ou d’Hu Jia, condamnés arbitrairement à cinq et trois ans de réclusion pour « subversion »), ou encore par les continuelles entraves à la liberté de conscience (qu’il s’agisse des catholiques ou des bouddhistes, brimés ou ostracisés par le pouvoir en place).
Sans parler de la violation permanente des valeurs démocratiques (nées, notons-le en passant, dans le même pays et à la même période que l’Olympisme) que constituent un régime dominé par un Parti unique ou encore l’absence de tout espace de débat ...


Est-ce faire preuve de racisme « anti-Chinois » (ou « anti-Han ») que de rappeler ces quelques faits ? Certainement pas, dans la mesure où les opposants à cette dictature inique, née du mariage monstrueux entre le totalitarisme communiste et le cynisme capitaliste ultra-libéral, ne sont pas seulement des Tibétains ou des membres d’autres minorités culturelles, mais également des Hans qui subissent quotidiennement les méfaits du gouvernement et de ses complices.
Contrairement à François Bayrou (le premier, ne l’oublions pas, à avoir évoqué l’éventualité d’un boycott, lors de sa campagne présidentielle), qui a récemment estimé sur les ondes d’RTL que la Chine était « extraordinairement sensible à ce qui se dit et ce qui se fait », je pense que les dirigeants chinois ne sont pas si sensibles que cela aux valeurs ou aux symboles qui les véhiculent, tant l’image de puissante respectabilité qu’ils s’efforcent de se donner est avant tout à but commercial.
Un exemple de cette absence de scrupules et de cette insensibilité aux principes fondamentaux : Pékin soutient sans vergogne le régime soudanais dont les exactions au Darfour ont soulevé l’opinion publique occidentale.
Dans cette optique, les barouds d’honneur symboliques n’ont que peu de poids, qu’il s’agisse des menaces d’absence de chefs d’Etats lors de la cérémonie d’ouverture (absence de toute façon inefficace pour un petit pays comme la France si elle n’émane pas d’une résolution de l’ensemble des Etats de l’Union européenne) ou, de façon encore plus anecdotique et timorée, le « pour un monde meilleur » [ou « douillet », cf. Grozbulles] arboré sur les badges des athlètes français. Ces actions symboliques sont d’autant plus inutiles – les récents événements nous l’ont rappelé – que la censure et la propagande chinoises contrôlent, bloquent ou déforment toutes ces initiatives avant que leur principal destinataire, le peuple chinois lui-même, en soit informé.

Il faut donc frapper le régime de Pékin et ses complices là où cela leur fera vraiment mal : au porte-monnaie.
Pour ce faire, outre un boycott pur et simple des événements olympiques de l’été prochain, il faudrait également ostraciser ponctuellement, le temps des Jeux, les produits chinois (ce qui n’est pas facile, j’en conviens) ainsi que tous les sponsors (asiatiques ou occidentaux) de ces Jeux de la Honte et, enfin, ne regarder aucune des cérémonies ou épreuves diffusées à la télévision. A défaut de toucher directement Pékin, on s’en prendrait à la stratégie actuelle de ceux qui, par appétit mercantile, font qu’un tel régime puisse encore exister et prospérer au XXIe siècle : les grandes firmes multinationales qui, en acceptant de collaborer avec cette puissance implacable, font passer leurs profits mondialisés avant le respect de la dignité humaine.
13:56 Publié dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : JO, J.O., Pékin, Chine, Bayrou, démocratie, politique
05.04.2008
Psychodrame centriste du moment : L'appel de Cornillet, ou Faut-il sauver le soldat MoDem ?
Je sors de ma torpeur printanière pour réagir à l'ambiance du moment et, bien sûr, à l'"appel" du camarade Cornillet.
Que le MoDem ait fait chou blanc aux Municipales, c'est incontestable :
- Nous rêvions d'une oasis démocrate paloise pour faciliter la traversée du désert de notre leader, c'est raté ;
- Nous voulions être les arbitres des élections serrées, c'est également raté (la plupart du temps, nous nous sommes retrouvés dans le camp des perdants au second tour) ;
- Nous voulions re-municipaliser le débat : c'est raté tant les deux "grands" partis clivagistes ont joué la carte du national et des politiques partisanes réductrices et hors-sujet à l'échelon local (l'un à son avantage, l'autre plus ou moins à ses dépens).
Raté, raté, raté : trois fois raté. Rien à dire sur ce constat ...
... sinon que ces élections locales ne constituaient pas la fin ultime pour les démocrates, contrairement aux deux branches rivales de l'UMPS qui ne vivent que par le caciquisme, caricature grossière et antidémocratique - car clientéliste et cumularde - du "bottom-up".
Notre objectif premier, c'est d'établir une vraie démocratie en gagnant la présidentielle et les législatives de 2012.
Notre insuccès -pour parler par euphémisme- ne nous y aide pas, c'est certain (ne serait-ce que pour la bête question des 500 signatures). Pas question de se voiler la face.
Mais cet "insuccès" doit cependant nous inviter à nous projeter dans l'avenir sans jeter aux orties, de la manière la plus inopportune - mais pas la moins opportuniste - et la plus péremptoire qui soit, un outil militant qui est encore en cours de construction. Le Conseil National ne s'est pas encore réuni, les instances ne sont pas encore toutes en place, les textes ne sont pas encore définitifs, les fédérations départementales sont encore provisoires ...etc.
Essayons de voir ce que l'on peut faire avec tout cela, en le travaillant depuis la base et en l'approfondissant dans un sens vraiment démocratique (tirons ainsi les leçons des premiers écueils), avant de déclarer à tue-tête que cela ne peut marcher.
Pour revenir au manifeste de M. Cornillet, quelques remarques au fil du texte :
- déplorer les "départs" d'élus centristes en évoquant ensuite celui d'Alain Madelin et de ses partisans (comme celui d'un certain J.-P. Raffarin), cela me fait bien rigoler. Pourquoi ne pas verser une larme émue au souvenir la perte de centristes d'exception tels que Mme Boutin ou M. Millon ?
:)
- M. Cornillet parle de "Notre UDF". Et pourquoi pas de "Notre précieux UDF ... mon préssssieux UDF" ?
Cela me choque profondément que certains anciens du parti fondé par Giscard considèrent encore que le mouvement est leur bien personnel et que les nouveaux adhérents démocrates ne sont qu'une armée de réserve brouillonne et inexpérimentée juste bonne à payer des cotisations tout en la fermant bien sagement.
Il le dit bien un peu plus loin en parlant de ces "militants nouveaux dont la fraîcheur d’âme et la diversité politique n’ont rien à envier à l’inexpérience". Bref, un vrai ramassis hétéroclite de naïfs niais. Le MoDem serait-il donc le parti des neuneus, dans lequel les "Purs" de l'ancienne UDF auraient été absorbés ? C'est ce que semble penser M. Cornillet, qui veut ressusciter l'UDF "assassinée" [sic.], quitte à y intégrer charitablement les ploucs du Modem : on marche sur la tête.
- M. Cornillet explique qu'il aurait fallu clairement expliquer avec qui nous serions au second tour.
A moins de considérer, comme tendrait à le faire l'auteur de ce "manifeste", que le Centre est une composante naturelle de la Droite dès le premier tour (ce qu'il ne peut pourtant pas être, pas davantage que le "supplétif" de la Gauche) et de prendre les électeurs pour des truffes avec une candidature de premier tour bidon et pseudo-centriste, force est de constater que la stratégie des dernières municipales (qui partait du constat qu'il n'y avait pas "Une" élection mais bien des dizaines de milliers de scrutins, avec des variables locales infinies ainsi que des partenaires ou des adversaires potentiels dans chaque "camp") a bel et bien été cohérente, dans le droit fil du non-alignement et du langage d'intelligence vis-à-vis des électeurs ... à défaut d'être payante.
Que des journalistes politiques avides de situations simplistes et bipolaires ou des citoyens mal informés (ceux d'entre-eux qui sont capables de voter pour Sarkozy aux présidentielles sans être issus des classes possédantes, ou encore de voter localement pour un candidat de Gauche en imaginant illusoirement rectifier leur choix national de l'année précédente) ne nous aient pas compris, tant pis.
Notre rôle est aussi de prendre le temps pour expliquer ces choix, complexes mais honnêtes, autour de nous : quand un politique renonce à être un pédagogue, c'est pour devenir un démagogue.
Nos options sont nuancées et complexes : tant mieux, c'est ce qui fait notre richesse et notre nouveauté dans le paysage politique. Efforçons-nous de communiquer nos idées et notre philosophie sans les dénaturer !
- l'UDF d'avant 2006 (Congrès de Lyon) aurait été, selon M. Cornillet, indépendante et libre. "Libre" dans le giron de la Droite ? Il était pourtant nécessaire, après la constitution de l'UMP et l'arrivée d'un Sarko à la tête de ce parti, de couper nettement le cordon ombilical (ce qui n'empêchait pas, dans le principe, des partenariats ponctuels). L'hostilité et les appétits soulevés à Droite comme à Gauche par cette décision ne font que la valider.
- M. Cornillet déplore que l'on puisse souhaiter l'échec des "réformes" du gouvernement actuel.
Vu la qualité et les objectifs de ces "réformes", qui sont TOUS contraires au projet, aux valeurs comme à la philosophie de notre mouvement, je crois qu'on ne peut qu'appeler cet échec de nos voeux. L'immobilisme est certes étouffant, mais l'iniquité Sarkozienne est pire que tout. On peut ainsi espérer l'échec des projets actuels de Sarkozy et de Fillon au nom de l'intérêt général (et non pas dans la perspective d'une "politique du pire" propre à l'extrême-droite ou à l'extrême-gauche d'un Besancenot).
Les derniers mois ont montré qu'il était impossible d'infléchir l'action du gouvernement sans s'y opposer frontalement, tant le pluralisme et l'écoute démocratique font défaut à l'UMP, qui ne rêve pour l'instant que d'alliés godillots et faibles (créant spécialement pour eux un "PLSE" au goût "Centre" ou une "Gauche moderne" saveur socialiste-caviar).
Il y a pourtant un élément dans la réflexion de M. Cornillet que je ne peux qu'approuver :
l'ouverture d'un dialogue centriste avec les formations historiquement les plus proches de la nôtre (PRG, PRV). Il faudrait en effet fédérer le Centre, et construire des projets communs autour des valeurs que nous partageons. Néanmoins, cette fédération des énergies centristes et démocrates ne pourra passer que par une autonomisation sincère du PRG vis-à-vis du PS et, symétriquement, par celle du PRV par rapport à l'UMP. J'ai déjà dit sur ce blogue tout le "bien" que je pense des stratégies récentes de ces deux demi-partis.
Pour conclure, j'invite les démocrates à ne pas suivre la proposition de M. Cornillet de jeter précipitamment le bébé avec l'eau du bain, mais je les appelle au contraire à accepter de laisser à notre parti nouveau-né le temps de grandir et de gagner en assurance, tout en apportant à ce merveilleux "bébé" qu'est le MoDem les moyens nécessaires à sa croissance et à son développement.
Cela ne se fera pas sans tourments, sans peine et sans déceptions ponctuelles : cela ne se fera surtout pas sans espoir.
MoDémement vôtre,
Joseph
P.S. : A lire sur la blogosphère, d'autres réactions au texte de M. Cornillet : MIP, KAG, Sébastien Pereira, Raphaël Tassin , Jérôme Charré et J.-L. Gayraud. (N'hésitez pas à déposer un commentaire pour me signaler d'autres blogues qui en parleraient).
P.P.S. : Pour clarifier la position du MoDem et lui ménager une place originale et décisive dans le paysage politique français voire européen, une idée me trotte dans la tête depuis un moment. Je vais vous en faire part dans une prochaine note, dès que j'en aurai le temps. Je vous préviens : ce sera du "lourd" et cela ne plaira pas à tout le monde !
;)
13:50 Publié dans MoDem | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, Cornillet, Bayrou, PS, UMP, Sarkozy, politique
18.03.2008
"Digne et posée" ...
Lu aujourd'hui sur le blogue d'Olivier Caspary (MoDem) :
" Merci à toutes les électrices et à tous les électeurs qui ont voté pour notre liste [Passionément pour Saint-Dié, étiquette PS] lors de ce second tour de scrutin. La campagne fut menée par une équipe dynamique et dévouée qui a toujours su rester digne et posée. Bref, une victoire avec panache !
Tous les noms des conseillers ont été cités hier soir à l'Espace Mitterrand, y compris ceux de l'opposition, afin que nous soyons tous sur l'estrade. Un seul était absent et a été copieusement hué à juste titre... La nouvelle équipe Christian Pierret ne va pas tarder à se mettre au travail. "
Intéressant n'est-ce pas ? La même personne, qui déclare faire partie d'une équipe "digne et posée", ne s'offusque pas qu'un élu du peuple soit "copieusement hué" ...
Cherchez l'erreur.
Vous l'avez trouvée ?
L'erreur réside dans l'attitude d'une personne qui se réclame du Mouvement démocrate et qui n'a pas hésité à rejoindre un maire sortant pourtant très loin d'être un modèle de démocratie, comme en témoignent son attitude lors des conseils municipaux (où les élus de l'opposition -droite, centre indépendant et PCF- étaient traités avec une intolérance et une injustice criantes) ainsi que l'ignoble campagne de dénigrement menée contre ses opposants ces derniers jours.
La contradiction choquante contenue dans les propos cités plus haut représente bien le climat délétère instillé par son équipe dans la campagne municipale de Saint-Dié-des-Vosges.
Quand on n'hésite pas à manier la rumeur et le mensonge, en prétendant à tort que son adversaire est inéligible ou qu'une liste concurrente constituée de citoyens sans étiquette comporte en fait deux adhérents du Front national (je vous laisse imaginer l'impact d'un tel mensonge), on ne peut être considéré comme un démocrate.
A Saint-Dié, le Mouvement démocrate a été traîné dans la boue par cette compromission révoltante, compromission qui a contribué à la défaite d'une coalition transpartisane de femmes et d'hommes de gauche, centre-gauche, centre, centre-droit et droite qui rêvaient de faire progresser leur ville et d'y rétablir une véritable démocratie ainsi qu'une gestion plus saine.
En tant que membre du MoDem, je ne regrette pas d'avoir fait partie de cette coalition progressiste et démocrate. Je ne regrette pas d'avoir participé à une campagne digne et honnête, respectueuse des électeurs car fondée sur la transparence et la vérité.
J'aurai l'occasion de revenir plus longuement sur toute cette campagne dans une prochaine note.
En attendant, je tiens à remercier toutes les personnes qui m'ont accordé leur confiance, et je tiens également à encourager tous les vrais démocrates - qui ont un peu souffert ces jours-ci - à ne pas baisser les bras : c'est un combat de David contre Goliath, et cela nous le savions déjà.
Mais nous savons aussi, qu'un jour, l'ogre philistin du sectarisme et de la démagogie sera à terre.

Démocratiquement vôtre,
Joseph
18:45 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Saint-Dié, Vosges, municipales, politique, MoDem, démocratie





