06.09.2009

Xavier Bertrand a de nouveau raté une bonne occasion de se taire

xavierbertrand.jpgSacré Xavier Bertrand !

Depuis l'Université d'été des Jeunes populaires (jeunes UMP) à Seignosse, il a cru bon de critiquer François Bayrou en affirmant que ce dernier "a tourné le dos à l'idéal européen". Idéal qui, aux dires du secrétaire général de l'UMP, serait aujourd'hui défendu par Nicolas Sarkozy.

Il est vrai qu'avec le souverainiste anti-européen Philippe de Villiers dans la majorité présidentielle, le sarkozysme a tout pour plaire aux europhiles !

19.04.2009

J - 49 : Trombinoscope des têtes de listes des principaux partis dans l'Est

Démocrates :

Estkahn.jpg
Mouvement démocrate (MoDem) : Jean-François Kahn









Conservateurs ("Gauche") :

EstTrautmann.jpg
Parti Socialiste (PS) : Catherine Trautmann

EstBélier.jpg
Europe écologie (Verts) : Sandrine Bélier









Conservateurs ("Droite") :

EstDaul.jpg
Union pour un mouvement populaire (UMP) : Joseph Daul

EstGérard.jpg
Debout la République (DLR, Dupont-Aignan) : Jean-Pierre Gérard









Populistes (Extrême et Ultra-Droite) :

EstBeaudoin.jpg
Libertas (MPF de Philippe de Villiers + CPNT de Frédéric Nihous) : Christophe Beaudouin

EstGollnisch.jpg
Front national (FN) : Bruno Gollnisch









Populistes (Ultra et Extrême-Gauche) :

EstFranco.jpg
Front de Gauche (Parti de Gauche + PCF+dissidents NPA) : Hélène Franco

EstRocher.jpg
Lutte ouvrière (LO) : Claire Rocher

Estzimmerman.jpg
Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) : Yvan Zimmermann






28.01.2009

J - 129 : Le droit de grève en France et dans le reste de l'UE

Lu sur le site du Point (article de L. Neuer) :

Le droit de grève est reconnu dans l'ensemble des États membres de l'Union européenne. Son statut et ses modalités, en revanche, diffèrent selon les pays. La notion de "service minimum" varie aussi d'un pays à un autre.

En Italie, pays relativement concerné par la grève, il existe une liste des "services publics essentiels" (santé, justice...), dont la continuité doit être assurée. Il est interdit aux personnels du secteur des transports de faire grève lors de périodes jugées importantes : vacances de Noël, pendant l'été, trois jours avant et après une élection, ou à Pâques par exemple. Les usagers doivent être avertis des horaires du service minimum. Ainsi, en cas de grève dans les transports, un service complet est garanti pendant six heures, en général de 6 heures à 9 heures et de 18 heures à 21 heures.

En Espagne, le droit de grève doit être compatible avec la "préservation des secteurs essentiels". Une grève ne doit pas perturber certaines activités comme le transport, la santé, l'éducation, la liberté de circulation... Le ministre du Travail doit l'autoriser au cas par cas. Dans le domaine des transports, le service minimum représente souvent entre 50 % et 60 % du service normal pendant les heures de pointe, et de 10 % à 15 % lors des heures creuses.

En Suède, le droit de grève n'est quasiment pas limité. C'est l'un des régimes les plus libres d'Europe. Chaque secteur possède sa convention collective qui interdit les mouvements de grève susceptibles d'être "dommageables à la société", car "générant des risques pour la vie des personnes ou pour la société".

En Finlande, on enregistre peu de grèves, la culture du compromis y étant forte. Il est interdit de faire grève après la signature d'une convention qui est l'aboutissement d'un consensus. Dans le cas contraire, les employés et les syndicats s'exposent à des amendes.
grèveallemagne.jpg
En Allemagne, les fonctionnaires (statutaires, qui représentent 30 % des employés) ne disposent pas du droit de grève. C'est la contrepartie de la sécurité de l'emploi. Quant aux services vitaux pour lesquels un service minimum est nécessaire, leur définition est du ressort des tribunaux allemands.

L'Autriche et le Danemark appliquent le même système que l'Allemagne : pas de droit de grève pour les fonctionnaires statutaires en contrepartie de la sécurité de l'emploi.

Le droit de grève en Grande-Bretagne est fortement réglementé depuis les années Thatcher, et ceci, malgré les requêtes des syndicats demandant un assouplissement du droit de grève. L'État peut avoir recours à des réquisitions afin d'assurer à la communauté "ce qui est essentiel à la vie". Aucun service minimum n'est cependant prévu. En fait, le recours à la grève est rare dans le pays.

En Hongrie, un accord collectif fixe un service minimum et une procédure de médiation entre les syndicats et le ministère des Affaires intérieures.

En Lettonie, Lituanie, Estonie et Roumanie, la loi impose une coopération entre les partenaires sociaux.

La Pologne et la Slovaquie ne prévoient pas de service minimum, mais la grève est précédée d'un vote. Et les conflits collectifs ne peuvent porter que sur certaines matières limitativement énumérées.



ollivier.jpgPour rappel, en France, le droit de grève existe depuis le Second Empire (loi Émile Ollivier du 25 mai 1864) et a été inscrit dans le préambule de la Constitution en 1946. Ce droit s'applique au secteur privé comme au secteur public (avec toutefois des exceptions pour les personnels de police, les CRS, les militaires ...) et s'accompagne de règles précises (obligation de se concerter, de déposer un préavis, interdiction de la grève "perlée", de la "grève du zèle", de la grève pour motifs politiques, respect de la liberté des non-grévistes ...).

Un service minimum existe bien entendu dans certains secteurs sensibles voire vitaux (hôpital, navigation aérienne). Dorénavant, il existe également dans les écoles, les communes devant assumer les défaillances et le manque de concertation de la part du gouvernement, ce qui est profondément injuste.
Injuste et antisocial, car en maintenant un accueil de "service minimum" (même si en réalité le "service", c'est-à-dire l'enseignement, n'est pas assuré), on limite la portée d'un mouvement qui reste nécessairement très limité dans le temps en raison des retenues sur salaires opérées. Dès la première heure de grève, c'est en effet un trentième du salaire mensuel qui est retenu.
Présentée par les populistes et les démagogues comme une désertion inconséquente (voire comme une prise d'"otages"), la grève est donc tout d'abord un sacrifice exceptionnel et mûrement réfléchi par un travailleur qui cherche à montrer à son employeur, en prenant les citoyens et/ou usagers pour témoins, qu'il ne peut plus correctement remplir sa mission envers ces derniers. La grève devient par conséquent l'expression de la conscience professionnelle dès lors que le dialogue est rompu.

Outre les revendications propres à chaque profession, c'est ce droit de grève, qui fête cette année ses 145 ans, qu'il s'agit de défendre demain.


[Illustrations : Grève en Allemagne ; Portrait par Gustave Courbet du républicain modéré Émile Ollivier, "père" du droit de grève français en 1864.]

07.11.2008

J - 213 : Bananes de Koenigsberg

Célèbre germaniste et traducteur de Kafka, Alexandre Vialatte fut, à l’époque de l’occupation française de la rive gauche du Rhin (1918-1930), chroniqueur et secrétaire de la rédaction de la Revue rhénane.
Il fut donc un des témoins privilégiés du naufrage de la démocratie d'outre-Rhin et de la montée de cette haine insensée et barbare, de cet expansionnisme dément qui ravagea toute l’Europe. Lui-même meurtri par le conflit, il assista au procès de la barbarie, à Nuremberg, dont il tira des articles qui, joints à ceux d’avant-guerre, composent le recueil intitulé Bananes de Koenigsberg.
Koenigsberg était le nom de cette ville de Prusse orientale qu’Hitler avait voulu relier territorialement à son sinistre Reich par l’expansion de l’ « espace vital » de ce dernier aux dépens des pays d’Europe de l’Est, provoquant à cette fin le second conflit mondial.

Koenigsberg.jpg


Une soixantaine d’années plus tard, tout semblait avoir changé : l’Europe des démocraties unies connaissait une paix sans obstacle majeur, tandis que Koenigsberg la prussienne était devenue Kaliningrad la russe.
Or, suite à l’effondrement de l’URSS en 1991, l’indépendance des pays baltes a fait de l’ancienne Prusse orientale une exclave russe située au coeur de cette « jeune Europe » qui a rejoint l’Union en 2004.
Or, depuis l’été 2008, la Russie a manifesté par la brutalité militaire sa volonté de renouer avec un impérialisme pluriséculaire, en s’autorisant une ingérence d’une violence inouïe dans les affaires territoriales géorgiennes. Elle a ainsi pris la responsabilité de faire renaître la guerre aux portes de l’Europe et de narguer cette dernière avec les arguments des pires moments de la guerre froide, auxquels s’ajoute un moderne chantage énergétique.
Cependant, au-delà des voisins européens ou caucasiens, au-delà des anciens Etats satellites désormais libres et tournés vers l’Occident, c’est un tout autre adversaire que la Russie poutinienne cherche à déstabiliser : les Etats-Unis d’Amérique, rendus responsables, à tort et à raison, de la dissolution de l’empire russe, tsariste puis soviétique.

Poutine.jpg


Dans ce contexte de lutte, qui reprend le visage d’une guerre froide par Etats interposés tout en la prolongeant sur les terrains économique et diplomatique, l’homme de paille de Poutine a accueilli l’élection d’un nouveau président américain d’une manière peu cordiale, en annonçant une riposte russe au bouclier antimissile déployé par l’oncle Sam en Pologne et en République tchèque.
Cette riposte se concrétise par la mise en place, dans cette exclave de Kaliningrad insérée dans l’UE élargie, d’un complexe de missiles Iskander et d’un dispositif de brouillage du système américain.

iskander.jpg


La tête ployée sous ces ogives pointues, l’Europe reste sans voix.
Ou, du moins, sans voix audible et cohérente.
Or, deux réalités géopolitiques extra-européennes condamnent ce silence : il s’agit, d’une part, de la neutralisation de l’ONU au moyen d’un blocage récurrent de son conseil de sécurité par une complicité objective entre la Russie néo-impérialiste et la Chine totalitaire. Il s’agit, d’autre part, de l’hégémonie américaine sur un système d'alliance, l’OTAN, qui implique fortement les pays européens que Washington souhaite s’adjoindre dans une guerre afghane perdue d’avance.

Face à ces menaces, l’Europe ne peut donc compter que sur elle-même et doit devenir un acteur diplomatique international respecté et indivisible, tout en constituant une défense européenne capable d’intimider les deux autres grandes puissances du vieux Nord.

Il est donc urgent de promouvoir une diplomatie commune incontournable et univoque, qui pourrait passer par une coordination plus efficace des diplomaties nationales et des institutions supranationales au sein de la PESC, et, par conséquent, par le renforcement des compétences, de la crédibilité et de la représentativité du Haut-Représentant de cette Politique étrangère et de sécurité commune.
Il est également urgent de surmonter l’échec de la CED (années 1950) et le brouillon préparatoire de l’UEO (années 1990) pour obtenir enfin une fusion plus étroite et cohérente des forces armées européennes chargées de garantir la défense de l’Union.

La paix, la sécurité et l’indépendance des Etats européens n’est donc, en ce début de XXIe siècle, qu’une réalité encore trop fragile que nous devrons renforcer et imposer, sous peine de vivre un jour prochain des drames semblables à ceux dont Vialatte fut le sensible témoin ... et dont Koenigsberg/Kaliningrad fut une des clés.

Koenigsberg 1944.jpg


Joseph

04.11.2008

J - 216 : L'Europe selon Barack Obama

Le résultat sera connu du monde entier demain matin (si on échappe toutefois au jeu honteux des recomptages façon 2000) : le nom du nouveau président des Etats-Unis d’Amérique, chef de la première puissance mondiale, pourra être déduit du nombre de grands électeurs obtenus par chacun des candidats. Selon toute vraisemblance, et sauf coup de théâtre dans les isoloirs, il s’agira du démocrate Barack Obama.

obama-berlin_223.jpgLa candidature de ce dernier a suscité un engouement presque unanime dans une Europe meurtrie et longtemps divisée par les conséquences calamiteuses de la politique étrangère du président républicain sortant, George W. Bush.
Ce dernier, fidèle à l’adage selon lequel il faut diviser pour mieux régner, avait rangé le couple franco-allemand et tous les autres Etats hostiles à l’invasion de l’Irak dans la « vieille Europe », désignant ainsi en négatif une « nouvelle Europe », celle des anciens pays de l’Est alors en voie d’adhésion à l’UE, plus atlantiste qu’europhile.
En somme, Bush s’était ainsi montré fidèle à ligne politique unilatérale née à la fin des années 1980 : une fois le bloc communiste détruit, les Etats-Unis entendaient en effet devenir les maîtres d’un monde où toute sphère d’influence émergente se devait d’être contrecarrée ou vassalisée au profit d’un ex-bloc occidental désormais fondé sur tout l’hémisphère nord et mené par une hégémonie nord-américaine.
Le dialogue USA-UE a longtemps souffert de cette vision égocentrique ... qui a cependant fini par se lézarder sérieusement sous la chaleur des bourbiers irakiens et afghans.

Aujourd’hui, l’UE réconciliée a pris les devants pour entretenir de meilleures relations de partenariat avec le successeur de George Bush junior.
Les ministres européens des affaires étrangères, réunis lundi dans l’Antique Phocée, ont en effet signé l’« appel de Marseille », un document de six pages organisé en cinq chapitres correspondant à autant de thématiques sur lesquelles les deux puissances libérales occidentales semblent avoir tout intérêt à coopérer :
1. Multilatéralisme ;
2. Crises au Moyen-Orient ;
3. Afghanistan et Pakistan ;
4. Relations avec la Russie ;
5. Attitude vis-à-vis de la Chine et d'autres pays émergents comme l'Inde et le Brésil.

Benita Ferrero-Waldner.jpg
Ce texte sera néanmoins sujets à de nombreuses interprétations, entre des gouvernements atlantistes soucieux de renforcer une alliance historique (Blairistes du Royaume-Uni, Sarkozystes de France) et une volonté de dialogue d’égal à égal, exprimée notamment par la commissaire européenne aux Relations extérieures, Mme Ferrero-Waldner : "Notre relation devrait être plus équilibrée". (Info transmise par Julien).

Quelle sera la réponse du futur président américain à cette main tendue européenne ?

Admettons qu’il s’agisse d’Obama et voyons un peu ses idées concernant les rapports USA-Europe, telles qu’elles sont exposées dans un document de trois pages publié sur son site de campagne.
Le ton est donné dès la lecture du titre de ce document : « Un partenariat plus fort avec l’Europe pour une Amérique plus sûre ».
afghanistan_war.jpgLes Européens sont en effet vus sous l’angle d’ « alliés » dans la lutte contre les terroristes islamistes. Dans cette optique, Obama ne rompt pas vraiment avec la vision américaine semi-séculaire selon laquelle l’Europe n’est qu’un tampon, qu’un glacis protégeant l’Amérique.
Obama demandera en effet aux pays européens de contribuer davantage à l’OTAN (système d’alliance qui présente l’inconvénient de bloquer la construction d’une défense européenne), puis de s’investir plus fortement dans le bourbier afghan, auquel le démocrate souhaite re-consacrer la totalité de l’effort de guerre américain après le retrait des troupes en Irak (retrait qui constitue la principale différence programmatique entre le candidat démocrate et son concurrent républicain).
Dans ce domaine, j’espère que ce n’est pas l’optique blairo-sarko-berlusco-kascinsko-atlantiste qui l’emportera et que l’UE aura l’intelligence de convaincre Obama que cette guerre aussi est perdue d’avance.

Dans un domaine plus pacifique, quoique pas nécessairement consensuel, Obama souhaite soutenir l’élargissement de l’Union (il soutiendra d’ailleurs l’aberrante candidature turque !), vue comme « la stratégie de pacification la plus couronnée de succès dans toute l’Histoire », et maintenir de forts liens économiques avec le marché commun européen. Mais là encore, ce sont les exportations américaines, et donc un bénéfice plus unilatéral que mutuel, qui sont invoquées pour justifier cette intention.
Concernant la consolidation de la paix dans les Balkans, l'actuel sénateur de l'Illinois déclare soutenir un autre processus, pourtant hautement discutable voire franchement aberrant, celui de l’indépendance du Kosovo. Sur cette thématique, Obama et son colistier Joe Biden ne semblent avoir rien compris au sens de l’Histoire (connaissent-ils le mot « balkanisation » ?) et ouvrent une boîte de Pandore préjudiciable à l’équilibre mondial : comment condamner l’indépendance, téléguidée par les impérialistes nostalgiques de Moscou, de l’Ossétie du Nord et de l’Abkhazie, tout en soutenant un processus semblable dans une autre région ? A moins qu’il ne s’agisse d’une volonté de relancer la guerre froide par Etats interposés, et de reprendre un petit jeu qui a freiné la construction européenne et ensanglanté le monde pendant une quarantaine d’années ... Ce qu’aucun européen ne peut souhaiter.


Copie de terre.jpgQuelques points réellement positifs sont toutefois à relever dans cette feuille de route diplomatique.
Pour ce qui est du développement durable, Barack Obama déclare qu’il se montrera beaucoup plus volontariste et coopératif que Bush sur la question de la protection de l’environnement et de la lutte contre le réchauffement climatique. Jusqu’à signer le protocole de Kyoto ? Sur ce dernier point, tout est à craindre du passage d’un discours de campagne aux réalités du pouvoir, dans un pays où le lobbying restera d’autant plus puissant que la campagne d’Obama aura bénéficié de la contribution d’importants financements privés. Mais si l’on reste sur cette déclaration, signalons que l’intention est bonne et présente déjà un progrès notable.
Face à la partition de Chypre, le sénateur de l’Illinois propose la mise en place d’une administration paritaire dans une île réunifiée. Malgré le côté plus que discutable des effets attendus (et notamment la facilitation de l’absurde candidature turque à l’entrée dans l’UE), cette volonté de soutenir le processus de paix dans un des Etats de l’Union est plus que louable.

Il y a par conséquent, de la part du candidat démocrate, une réelle volonté de multilatéralisme (et notamment dans la thématique cruciale du développement durable) et un respect de l’unité européenne qui faisaient cruellement défaut à Bush, sans oublier l’abandon du bourbier irakien et le refus de la stratégie strictement belliqueuse prônée par McCain face aux rodomontades iraniennes.
Je reste d’ailleurs convaincu qu’Obama sera un bien meilleur président des Etat-Unis que ne l’aurait été le vieux sénateur républicain de l’Arizona (dont les idées, notamment sur les questions énergétiques, sont dépassées voire dangereuses ; et dont la colistière, Sarah Palin, n’aurait fait qu’élargir le fossé entre l’Amérique libérale-progressiste et l’Amérique fondamentaliste-réactionnaire).

Néanmoins, dans les autres domaines susmentionnés (guerre en Afghanistan, élargissement de l’UE à la Turquie, indépendance du Kosovo ...), j’espère que l’UE, et la France au sein de celle-ci, sauront se montrer fermes et raisonnables. Les Européens devront en effet faire preuve de raison et de fermeté sur ces thématiques, en osant quelquefois répondre au futur président, et ce avec la franchise fraternelle et la bienveillance d’un ami retrouvé : « No ... bama ».

Joseph

P.S. : A lire également, sur un autre blogue : "Républicains et démocrates, visions d'Europe, vision d'un monde".

P.P.S. : Retrouvez ce billet sur le site de la Nuit démocrate, le grand événement festif organisé par les Démocrates français du MoDem autour de la probable élection d'un Démocrate américain à la tête d'une nation amie.

02.11.2008

J - 218 : Connaissez-vous le Nouveau Parti Anticapitaliste et son leader ... François Bayrou ?

Le NPA est bien entendu le nouveau nom de la Ligue communiste révolutionnaire du plus médiatique des trotskistes-guévaristes, Olivier Besancenot. Pour ce dernier, le rejet du capitalisme relève du lieu commun rhétorique comme de l’évidence.

Bien plus surprenante est la position exprimée par François Bayrou lors de la première Conférence nationale du Mouvement démocrate qui s’est tenue la semaine dernière.

Le refus du capitalisme comme modèle sociétal

Bayrou 7.jpgLe président du MoDem a en effet comparé les deux systèmes englobants qu’étaient le socialisme étatique et le capitalisme antiétatique pour mieux constater le sens historique de leurs naufrages respectifs de 1989 et de 2008.

Réagissant à l’ambiance économique apocalyptique de ces dernières semaines, Bayrou a donc manifesté son refus du capitalisme en tant que « modèle de société ». En effet, tout en affirmant ne pas être dupe d’une différenciation illusoire entre un « capitalisme idéal » ou « vertueux » et un « capitalisme réel » (réponse à l’appel de Sarkozy en faveur d’une refondation du capitalisme), il s’est cependant prononcé pour la régulation et la moralisation des pratiques existantes plutôt que pour la révolution ou la rupture avec ces dernières. En ce sens, Bayrou est plus proche de Sarkozy que de Besancenot. Il se montre davantage « alter-capitaliste », hostile aux dérives récentes du capitalisme, que véritablement anticapitaliste.
Jean-Francois Kahn.jpg
Plutôt que « le capitalisme, voilà l’ennemi ! » c’est « le néocapitalisme, voilà l’ennemi ! » que les démocrates bayrouistes, réformistes et pragmatiques avant tout, adoptent par conséquent pour devise.
Dans un récent pamphlet, Jean-François Kahn (JFK), potentielle tête de liste MoDem dans l’Est, s’est ainsi surtout attaqué au « capitalisme nouveau », « financiarisé et déshumanisé », qui a expulsé « de sa sphère de domination les acquis du libéralisme émancipateur de l’individu et les apports du réformisme démocratique porteur d’émancipation collective » (Pourquoi il faut dissoudre le PS, Larousse, 2008, p. 7).

D’accord avec la Droite au pouvoir sur le principe d’une réforme salutaire plutôt que sur un coup de pied de l'âne, les démocrates placent leur divergence avec l’omniprésident sur un autre point : alors que la « refondation » capitaliste souhaitée par Sarkozy entraînerait surtout un renforcement des iniquités actuelles au profit des grands groupes proches du pouvoir, alors que la rupture anticapitaliste agitée par Besancenot n’est qu’une chimère irresponsable, Bayrou a l’audace de subordonner les mécanismes économiques au respect d’une idéologie qui mériterait à son tour d’être englobante : l’humanisme.

« Nous, (...) ce que nous mettons en premier, ce n'est pas l'argent, c'est l'être humain. C'est pourquoi nous n'adhérons pas au capitalisme. Nous adhérons à l'humanisme et nous considérons que, sur bien des points, le capitalisme est en contradiction avec l'humanisme. »


Nous sommes là encore, me direz-vous, dans le champ des valeurs et des grandes déclarations d’intentions ... En réalité, François Bayrou a immédiatement fourni un exemple concret d’application de ce nouvel humanisme en matière de politique économique : le refus du travail du dimanche.

« Si vous considérez la question [du travail du dimanche], non pas sous l'angle capitaliste, mais sous l'angle humaniste, alors vous voyez les choses d'une toute autre manière, et vous considérez comme fondamental, pas traditionnel, pas habituel, mais fondamental, qu'il y ait dans la semaine, un jour pour la plupart des Français durant lequel ils puissent montrer aux enfants qu'il y a autre chose dans la vie que de consommer et d'acheter, un jour où il est bien, où il est heureux, indispensable en tout cas, que tout le monde, en tout cas que le plus grand nombre possible, puisse se reposer, tout comme les vendeuses et les metteurs en rayon qui commencent à 5 heures du matin, qu'il y ait un jour sur sept au moins où la déesse Consommation puisse être ramenée à sa juste place et qui ne doit pas être la première, un jour pour le verbe Être et pas pour le verbe Avoir. »


Assez conforme à la triple identité (humaniste-laïque, radicale-démocrate, libérale-solidariste) que j’avais imaginée ou souhaitée, il y a quelques mois, pour le jeune Mouvement démocrate, ce discours idéaliste mais responsable est en mesure de lutter contre les résurgences populistes, foncièrement anti-européennes, qui tenteront de s’imposer dans la campagne du printemps prochain. En effet, les démocrates ne devront pas laisser le légitime dégoût des classes moyennes et des couches populaires envers les égarements capitalistes se transformer en un repli identitaire et paranoïaque. Ce dernier serait profitable aux mêmes extrémismes qui appellent de leurs vœux l’effondrement de l’UE.
Un autre capitalisme est possible et souhaitable pour l’économie européenne. A condition que ce capitalisme soit à nouveau associé à un authentique libéralisme

Le libéralisme émancipateur contre l’ultralibéralisme adopté par le système capitaliste

Aubry Delanoe.jpgLes socialistes français n’ont rien compris. Tandis que la diafoireuse Martine Aubry juge que la crise financière n’est qu’un « symptôme » de « la maladie » qu’est le libéralisme, le vélibéral Bertrand Delanoë prétend quant à lui dissocier un libéralisme politique sain, qu’il revendique en tant que tel, d’un libéralisme économique nécessairement vénéneux. Or, comme disait Paracelse, tout est poison et rien n’est poison, tout dépend de la dose.
Dans le cas du libéralisme, ce « libéralisme émancipateur de l’individu » évoqué plus haut par JFK, c’est davantage une question d’essence que de dose : l’ultralibéralisme qui a guidé le modèle capitaliste de ces vingt dernières années n’est pas une perversion ou un simple abus du libéralisme, mais bien une négation de ce dernier.
En effet, qui dit libéralisme, dit « libertés » (de circulation, d’expression, d’entreprendre ... c’est un tout). Et qui dit « libertés » dit « limites » : les libertés sans limites ne peuvent exister sans retomber dans un état d’anarchie précurseur de l’arbitraire ou de la loi du plus fort et, partant, de l’abolition des libertés fondamentales. L’anarcho-libéralisme, guide de l’anarcho-capitalisme qui vampirise à présent goulûment les Etats qu’il prétendait repousser, est donc une négation du libéralisme, ce dernier exigeant des limites, des règles.

Des régulations nécessaires et urgentes

Si ces règles sont surtout du ressort du FMI et des institutions économiques mondiales, les organisations internationales de libre-échange établies à l’échelle régionale ne sont pas exemptes de responsabilités. Parmi elles, l’Union européenne est d’autant plus invitée à participer à la médication qu’elle a été directement affectée par le virus.
roubini.jpgInterrogé par Le Point, l’économiste Nouriel Roubini, ancien conseiller de Clinton, nous rappelle en effet que la crise des subprimes, malgré son appellation et son origine américaines, ne s’est pas contentée d’affecter les finances européennes par un de ces effets domino propres aux mécanismes macroéconomiques : « la moitié des obligations émises aux Etats-Unis sur la base d’actifs immobiliers pourris ont été achetées par des étrangers, le plus souvent par des institutions financières européennes ».

M. Roubini estime que « la plupart des gens, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, ne sont pas contre l’économie de marché, mais ils veulent un capitalisme régulé, avec des règles prudentielles et des instruments de supervision. »

Nouriel Roubini met cependant en garde contre l’abus de « l’intervention étatique, néfaste à la créativité et à l’innovation » et plaide en faveur d'un « modèle hybride, dans lequel les marchés seront mieux encadrés et les interventions étatiques dans l’économie plus pragmatiques ».

Pour une régulation européenne efficace

François Bayrou et Marielle de Sarnez en sont persuadés : le seul support d’une politique de régulation efficace, c’est l’Europe.

Le président du MoDem a estimé que la régulation du capitalisme ne peut se concevoir « que dans le cadre européen et, en tout état de cause, dans le cadre de la zone Euro ».

Marielle de Sarnez a quant à elle déclaré que l’UE doit se doter d’une « commission bancaire européenne », d’une « autorité européenne des marchés financiers », d’un « régulateur européen » capable de « discuter avec le régulateur américain », et, surtout, « de nouvelles règles comptables ». Elle a aussi estimé que des agences de notation européennes étaient nécessaires.

La vision d’un capitalisme « humanisé » par un libéralisme limité et régulé avec prudence au niveau de l'Union sera donc au cœur du projet démocrate pour la campagne européenne. Il s’agit à présent, pour mieux la promouvoir, de préciser cette vision en la revêtant davantage de propositions réalisables, concrètes, et en prise avec les préoccupations des citoyens européens.

Europe humanisme.jpg


Joseph

11.08.2008

Europe : un nouveau site à visiter ...

De retour de (mini)vacances, je viens de découvrir que le site "L'Europe, c'est nous ..." (placé depuis peu dans mon blogroll en tant que "MoDem Est" dans la catégorie "Européennes 09") vient d'ouvrir.
Je n'ai pour le moment eu le temps que de le parcourir rapidement, mais il me semble regrouper, au-delà de l'actualité d'une probable future liste Griesbeck dans la région Est, de nombreuses informations intéressantes sur les enjeux européens. Plutôt prometteur pour ce qui est des thèmes abordés, il pourrait bien constituer une référence fort utile dans la perspective des prochaines élections et s'avérer être d'un intérêt supérieur à un site de campagne "classique".

En voici la présentation :

Ce site est le fruit d’un travail collégial et dynamique. Il est d'abord destiné à informer le public sur l'Europe, de manière aussi neutre que possible. Les informations que vous y trouverez sont rigoureusement vérifiées et hiérarchisées.
Ce portail présente aussi les projets européens du MoDem dans le Grand Est. Les adhérents du Mouvement Démocrate le nourrissent, des personnes compétentes l'animent. Et puisque le MoDem est un mouvement ouvert et soucieux du pluralisme, les râleurs pourront toujours nous dire qu’on peut mieux faire.
Bonne lecture et vive l’Europe !


8e6d2551f0f9765f316614cfb78d2243.jpg

31.07.2008

La construction du projet européen 2009 : une formidable opportunité pour les futurs Mouvements départementaux

Affronter, moins d’un an après le lancement du Mouvement démocrate et en pleine phase de construction, des élections aussi complexes (par la multiplicité des configurations locales) et clivantes que les municipales ... l'épreuve s'avéra plutôt calamiteuse au sein de nombreux mouvements départementaux, qui ont souvent souffert de tensions fratricides qu'ils n'étaient pas encore en mesure de pouvoir surmonter.
Tout autre sera le contexte des élections européennes de 2009. Pour deux raisons :
- chaque mouvement départemental, dont l'action pourra désormais s'appuyer sur un règlement intérieur, sera alors doté d’un exécutif et de représentants élus par les adhérents lors du scrutin interne du 27 septembre ;
- fondées sur le soutien à des listes se présentant au sein de « grandes régions » (regroupant plusieurs régions administratives), les élections européennes sont, à l’image de l’élection présidentielle, plus fédératrices et moins susceptibles de brouillages locaux.

Lors du Conseil National du MoDem du 9 juillet dernier, le deuxième point de l’ordre jour concernait les prochaines élections européennes.
L’eurodéputée Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem en charge de la coordination et du projet européen, a prévu la création de quinze « comités de pilotages thématiques » (chargés de questions aussi diverses que les identités et valeurs européennes, le fonctionnement de l’Union, la politique commerciale, l’énergie, la sécurité et la justice, la P.A.C. ...etc.) qui devront, entre autres modes de concertation et d’expertise, « assurer et animer le lien avec les mouvements départementaux par des réunions de travail et la remontée des contributions ».

Les adhérents, au sein des mouvements départementaux (« MoDep »), peuvent donc participer à l’élaboration du projet européen du parti.
Certes, ils ne partiront pas d’une page blanche, le manifeste du Parti démocrate européen offrant par exemple une base conceptuelle solide, tandis que l’efficacité du futur groupe au Parlement européen (l’actuelle ADLE survivra-t-elle aux recompositions politiques récentes ? On peut se poser la question) suppose une plateforme d’action harmonisée (et, par conséquent, un dialogue avec les partis partenaires).

Cependant, la donne a changé depuis les dernières élections de 2004.
La « panne » européenne actuelle, caractérisée par un divorce (ou un "fossé", cf. l'analyse de Nathalie Griesbeck) entre les institutions de l’Union et les citoyens européens, ne pourra être surmontée qu’au moyen d’un travail approfondi d’écoute et de pédagogie.
Pour ce faire, il me paraît important que les Démocrates puissent former des groupes de travail thématiques qui seront chargés de synthétiser et faire remonter les attentes de leurs concitoyens européens tout en y apportant des propositions concrètes de réponses élaborées de manière collaborative : bref, à nous de construire le « plan B » dont l’Europe a tant besoin !

0194fb209a74114d70ed0cdc3726b7ec.jpg


L’UDF, partisane du « Oui » en 2005, était un parti europhile et « europtimiste », caractérisé par une vision à la fois réaliste et ambitieuse de la construction politique de notre continent. Le MoDem, toujours europhile et d’esprit tout aussi constructif, compte cependant parmi ses membres d’anciens partisans du « Non » qui, sans être des souverainistes bornés ou des anti-européens acharnés, avaient au contraire manifesté leur volonté d’une Europe plus solide, plus démocratique et plus lisible. Il me semble aujourd’hui que les deux positions, celle de l'UDF de 2005 et celle du MoDem de 2009, sont bel et bien conciliables à condition que les valeurs et la philosophie qui nous animent soient placées au cœur du projet européen démocrate.

Le premier travail de chaque vice-président départemental, tel que je le conçois, sera donc de rassembler rapidement les adhérents dont il coordonne les efforts autour de groupes de travail thématiques, d’élaborer avec ses « collègues » des synthèses cohérentes tenant compte des conclusions de chaque groupe, puis de les faire remonter (directement, ou via l’Union régionale, si celle-ci existe) à Marielle de Sarnez et aux comités de pilotage.
Ces travaux de réflexion, qui pourront s’accompagner de conférences (sur le modèle des cafés démocrates) et/ou de rencontres avec des parlementaires européens (il sera d’ailleurs peut-être intéressant, dans nos régions frontalières, de rencontrer des parlementaires étrangers, allemands ou belges par exemple), auront l’intérêt de fédérer les adhérents autour de projets politiques concrets et gratifiants dans le sens où ils en seront les acteurs : le travail collaboratif, par groupes de réflexion et de travail, est en effet un bon moyen de ressouder les troupes et de prendre en compte les aspirations et les idées de la base militante.
Nous aurons bien besoin de militants motivés et impliqués dès juin prochain : pas question, par conséquent, de les laisser à l’écart du projet qu’ils seront invités à promouvoir lors de nombreuses actions, qui se devront d'être à la fois pédagogiques et innovantes !

Les élections européennes de juin 2009 offrent donc de belles opportunités aux mouvements départementaux qui seront bientôt structurés par le vote du 27 septembre prochain.

ec6897a5512b8d44a17eff9ba16d7b88.jpg

18.06.2008

Non au traité de Lisbonne - Oui au plan B : oui à une UE démocratique !

Dépité d'avoir vu son auto-revendiqué "mini-traité simplifié" rejeté par le peuple irlandais, Nicolas Sarkozy a qualifié le résultat clair et sans appel de cette consultation démocratique d' "incident". Le mot, pour le moins malheureux, rappelle les menaces de son prédécesseur envers son propre peuple, qualifié de "mouton noir de l'Europe".

a1a8b0d58cafdebe4bdf7c2d65d938a1.png

Or, nous ne pourrons que nous réjouir de ce nouveau désaveu de cette mouture empirée (par l'abandon des symboles de l'identité européenne) du projet de 2005, dont la ratification par le peuple français a été confisquée au profit de représentants nationaux qui n'ont pas été élus dans cette perspective.
Comme nous l'avions suggéré l'an dernier, il pourrait être judicieux d'employer les futures élections européennes pour résoudre cette crise dans la dignité, la transparence et la confiance : élisons en 2009 des parlementaires constituants qui présenteront clairement leur vision de l'Union et leurs projets pour développer celle-ci malgré ses faiblesses internes (atlantisme, populisme europhobe, handicap des élargissements inconséquents de 2004 et 2007 ...) pour en faire une puissance qui compte ainsi qu'un pôle de développement durable et solidaire au sein de la mondialisation.

f72425466159fd4ee62ade3e67f6f30d.jpg


Le plan B : l'élection d'un parlement européen constituant en 2009 !

12.01.2008

Traité de Lisbonne ou Démocratie : il va falloir choisir

Certains parlementaires socialistes (principalement des "nonistes" de 2005) ont annoncé leur intention de boycotter le Congrès (réunion à Versailles de l'Assemblée nationale et du Sénat) prévu le 4 février pour adopter la modification de la Constitution qui est nécessaire à la ratification du Traité modificatif de Lisbonne (en réalité une nouvelle version du texte rejeté par la Nation, pas simplifiée pour un sou mais, pis, amputée des symboles forts de l'Union comme le drapeau étoilé ou l'hymne).
Ils entendent ainsi manifester leur refus d'une ratification parlementaire d'un texte qui devrait au contraire être soumis au suffrage universel.
Dans cette dernière hypothèse, serait-il à nouveau rejeté par les Français ? Pas forcément ...

Il faut se rappeler que la campagne du "Oui", en 2005, était avilissante à souhait pour les citoyens, auxquels on avait déclaré qu'il n'y avait pas d'alternative, de plan B (alors pourquoi voter, s'il n'y a qu'un choix ?), qu'on avait menacé de rendre responsable d'un déclassement de la France dans l'Union (alors que celui-ci est du à la médiocrité et à l'affairisme étriqué de nos "représentants"), et qu'on avait assimilé in fine à des anti-européens primaires ...
Outre les questions plus techniques (illisibilité d'un texte à portée constitutionnelle ...), c'est pour ce déni flagrant de démocratie que j'avais rejeté le projet de traité en 2005.
Aujourd'hui, si ce projet plus ou moins "toiletté" revenait par la voie parlementaire, je pourrais me considérer comme un membre d'une démocratie violée.

c830d7d0355764a8bcc4310aa565165e.jpg

J'ai déjà expliqué sur ce blogue mes conceptions sur ce sujet (voir la catégorie "Europe"), et notamment l'idée (qui m'aurait parue plus saine et démocratique que la réalisation d'un projet de Constitution par un aréopage désigné en toute opacité) d'un Assemblée européenne constituante élue par les citoyens.
Pour l'instant, je suis cureux de voir la décision que prendra Bayrou face à cette possibilité de boycott. Entre un traité modificatif dont certains pensent naïvement qu'il pourrait "relancer" l'Europe et une démocratie que la majorité des "représentants" du Peuple s'apprête à violer, il va falloir choisir.

Toutes les notes