05.12.2009

Identité nationale : le débat n'a pas dérapé

Non, le débat sur l'identité nationale n'a pas dérapé, n'en déplaise à ceux qui commentent la sortie un peu "dupont-lajoyeuse" du maire UMP de Gussainville sur TF1 : le débat lancé par Eric Besson est resté bien droit dans ses rails, qui sont ceux de la tentative de récupération par l'UMP sarkozyste de l'électorat populiste et xénophobe.

Je l'ai déjà rappelé dans une précédente note : l'utilisation politique de l'expression "identité nationale" a été inventée par Charles Pasqua en 1988, quand le mentor neuilléen de Sarkozy conseillait Jacques Chirac. Souhaitant récupérer les voix de Le Pen, Pasqua organisa une rencontre stratégique entre le candidat du RPR et le président du Front national et, surtout, il conseilla au candidat Chirac de jouer la dialectique de l'identité nationale contre l'immigration, liée aux affres du chômage et de l'insécurité, lors du débat télévisé du second tour. Mitterrand, qui releva avec amusement le "clin d'oeil" du candidat de droite à l'électorat d'extrème-droite, remporta finalement le scrutin grâce aux voix de l'électorat modéré.

Cela fait donc plus de vingt ans que la droite essaie d'amadouer l'électorat frontiste avec l'appât de l'identité nationale. En vain ... jusqu'en 2007, quand Nicolas Sarkozy remporta la présidentielle après avoir annoncé la création d'un ministre de l'Immigration et de l'identité nationale.

Le débat orchestré par Eric Besson n'est que le prolongement logique et l'approfondissement de cette tactique. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant d'entendre ou de lire quelques propos franchement xénophobes. Ils ne sont que l'écume d'un plan soigneusement établi et destiné à faire ses preuves aux régionales (notamment en région PACA, où le rapporteur du projet de loi fichant génétiquement les immigrés défendra les couleurs de l'UMP sur des terres assez favorables à Le Pen) et à encourager de nouveaux ralliements en vue de la présidentielle de 2012.

15.11.2009

Identité nationale : une invention de Pasqua pour siphonner les voix de l’extrême-droite

pasqua et sarko.jpgEn 2007, Nicolas Sarkozy a réussi à amadouer une bonne partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen en lui promettant la création d'un Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.

Cette association de la question de l'immigration au thème de l'identité nationale, propre à flatter les passions nationalistes voire xénophobes d'une partie de l'opinion, fut considérée comme une invention diaboliquement habile du candidat Sarkozy.

Le patron de l'UMP n'a pourtant que réemployé une trouvaille, restée jusque-là inopérante, de son mentor neuilléen, Charles Pasqua.

Ce dernier avait en effet utilisé cette expression dans un but semblable près de vingt ans plus tôt, lorsqu'il préparait avec Jacques Chirac le débat télévisé précédant le second tour de l'élection présidentielle de 1988 (28 avril 1988).

 

debat-chirac-mitterrand.jpgJACQUES CHIRAC :

« S'agissant de l'immigration tout court, il faut la stopper, parce que nous n'avons plus les moyens de donner un travail à des étrangers. [...] S'agissant de l'immigration clandestine, il faut évidemment lutter contre cette immigration avec beaucoup d'énergie et reconduire les intéressés à la frontière ou les expulser. Ils ont pris leurs risques en venant chez nous de façon illégale, ils sont le vivier naturel, non pas en raison de leurs origines, naturellement, mais parce que ce sont des marginaux et qu'ils se cachent, ils sont le vivier naturel des délinquants, voire des criminels, il faut donc les expulser. [...]

Alors, je voudrais simplement poser une question : moi, j'ai fait voter des lois pour la sécurité [...] et contre l'immigration, et notamment l'immigration clandestine. En particulier, une loi très importante, celle du 9 septembre 1986 [1] relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. [...] Ma question est la suivante : les Français y sont sensibles, est-ce que votre intervention est de poursuivre ma politique dans ce domaine et, notamment, de maintenir la loi du 9 septembre 1986 ou, au contraire, votre intention est-elle de changer et, notamment, de la faire abroger dans l'hypothèse où vous seriez élu ?

C'est un problème d'identité nationale et de mode de vie des Français et de cohésion sociale. »

 

FRANCOIS MITTERRAND :

« Vous n'avez pas fait de clin d'œil, là, à personne ? » [2]

 

CHIRAC :

« Mais, moi, je n'ai pas changé ; j'applique une politique depuis deux ans, monsieur le Président [...] et là c'est en tant que Premier ministre que je l'ai fait. Maintenant, en tant que candidat, je dis à monsieur Mitterrand : qu'allez-vous faire ? Ma politique ou, au contraire, la vôtre ? »

 

MITTERRAND :

« Je vais vous répondre. Mais, est-ce la vôtre cette politique que vous venez de définir ? »

 

CHIRAC :

« Celle que j'applique depuis deux ans ... »

 

MITTERRAND :

« C'est cela, vous voulez dire celle qui pourrait réunir les 51 % dont parlait M. Pasqua l'autre soir ... »

 

Notes :

[1] La première « loi Pasqua » donne aux préfets le droit de prononcer la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière et rétablit le régime de l'expulsion tel qu'il existait avant 1981.

[2] Au premier tour de la présidentielle du 24 avril 1988, Jean-Marie Le Pen a réalisé un score important, de près de 15 % des voix. Afin d'additionner ce score à celui du candidat du RPR, Charles Pasqua convainc Jacques Chirac de droitiser davantage sa campagne et, surtout, de négocier directement avec Le Pen. La rencontre, organisée au domicile parisien d'un ami de Pasqua, se passe assez mal. Pourtant, le 1er mai, Le Pen appelle à faire barrage au socialisme en votant « pour le candidat résiduel », c'est-à-dire pour Chirac.

Pasqua 1987.jpgLe lendemain, dans Valeurs actuelles, Charles Pasqua déclare : « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité. »

Après sa défaite au second tour, le 8 mai, Jacques Chirac lance à Pasqua : « Tu vois où tes conneries m'ont mené ... ».

 

Bibliographie :

Franz-Olivier Giesbert, La Tragédie du président : Scènes de la vie politique, 1986-2006, Flammarion, Paris, 2006, chapitre 5, pp. 36-41.

Face à face - Le débat télévisé au second tour de l'élection présidentielle (1974-1995), Textes rassemblés, Editions du Boucher, Paris, 2002 (téléchargeable en pdf)

 

01.11.2009

Les électeurs d'extrême-droite, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ...

dupont_lajoie.jpgLe succès électoral de Nicolas Sarkozy en 2007 est dû, en grande partie, au siphonnage effectué auprès de l'électorat de Jean-Marie Le Pen. Ce n'est un secret pour personne : les cathos traditionalistes de St-Nicolas-du-Chardonnet, les nostalgiques rassis du pétainisme et, surtout, les Dupont Lajoie de bistrot ont massivement délaissé le borgne breton au profit de celui qui promettait de nettoyer la société française à grands jets de Kärcher, d'être intraitable en matière d'immigration, d'aller traquer la "racaille" jusque dans le génome, et d'instaurer un ministère de l'Identité nationale.

Que la polémique enfle au sujet du népotisme anti-républicain pratiqué par "le château", et l'on ressort aussitôt les vieilles marottes puantes, destinées non seulement à détourner l'attention des badauds mais aussi à flatter dans le sens du poil toute la multitude extrémiste que je viens d'évoquer plus haut. On se dépêche donc d'envoyer trois Afghans se faire embrocher sur les pals des Talibans avant d'annoncer à grands cris la tenue d'un grand débat sur l' "identité nationale".

Or, à défaut d'être un véritable homme d'Etat, Sarkozy est un politicien avisé : en tant que tel, il devrait se souvenir que les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Du coup, le dernier sondage montre un Front national en progrès de trois points, à près de 10 % des intentions de vote aux régionales ... tandis que l'UMP perd deux points ainsi que la confiance d'une partie de l'électorat modéré.

Quand on joue avec le feu, on finit souvent par se brûler les doigts.

26.10.2009

Les Sarkozy et l'EPAD : reculer pour mieux sauter

népotisme.jpgFace à une levée de boucliers politico-médiatique qui commençait à trouver un écho (malgré les cloporteries des godillots de l'UMP) auprès des parents des classes moyennes dont les enfants ne trouvent pas de travail malgré leurs diplômes, Nicolas Sarkozy a fini par demander à son fils Jean (23 ans, aucun diplôme, aucune expérience professionnelle) de retirer sa candidature à la présidence de l'EPAD.

Mais le Dauphin sera tout de même un des administrateurs de cet établissement public stratégique. Le loup est donc bel et bien dans la bergerie : il ne reste plus qu'à trouver un quelconque élu UMP pour servir d'homme de paille afin de s'assurer de l'imbrication docile du quartier d'affaires dans les projets élyséens du "Grand Paris".

François Bayrou voit dans ce recul "un tournant", considérant que le pouvoir a cédé face au mécontentement du peuple.

Je ne partage pas vraiment cette dernière analyse. En réalité, Nicolas Sarkozy ne fait que reculer d'un pas après avoir, une nouvelle fois, "testé" l'opinion pour voir jusqu'où il pouvait aller dans ses tentatives quotidiennes de viol des valeurs républicaines. Quand l'opinion aura les yeux tournés vers un autre spectacle ou d'autres préoccupations, il avancera à nouveau de deux pas, acculant progressivement la République au précipice.

Louis-Napoléon 1849.jpgCette méthode, si l'on en croit l'historien Pierre Milza, était déjà celle du tout premier président, triomphalement élu, qui n'a fait que se servir de la République pour mieux l'assassiner :

"Les malheurs et les échecs avaient depuis l'enfance accoutumé Louis-Napoléon à dissimuler sa pensée, à ne pas dévoiler ses plans, à faire machine arrière lorsqu'il rencontrait une résistance trop forte, bien décidé à reprendre l'initiative une fois le danger écarté."

(Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004, p. 188-189)

27.09.2009

Régionales : les radicaux de gauche sur la liste de droite ?

prglogo.jpgLu aujourd'hui dans le quotidien Vosges Matin : René Leucart, président régional lorrain du Parti radical de gauche, a annoncé que son mouvement sera "présent aux élections régionales". S'il vise un score de 6 % au premier tour, il évoque également des perspectives d'alliance : " Pour le moment, nous nous sentons plus près du candidat radical valoisien [Laurent Hénart, tête de liste UMP/Parti radical] que du parti communiste, et comme le président sortant socialiste [Jean-Pierre Masseret] se sent plus près du Parti communiste ..."

Les Radicaux de gauche lorrains seraient-ils ainsi prêts à rejoindre la liste de droite après le premier tour ?

Petit rappel historique : Le Parti radical, créé en 1901 dans la mouvance de Clemenceau, est le plus ancien parti politique français. Dominant la scène politique au début du XXe siècle, il voit ensuite son influence décroître face à la montée de partis plus à gauche (SFIO socialiste, PCF communiste). Il se droitise progressivement, ce qui entraîne une scission dans les années 1970 : un certain nombre de radicaux quitte le parti pour créér ce qui deviendra le Parti radical de gauche (PRG), satellite du Parti socialiste, tandis que ceux qui sont restés dans la vieille maison rejoignent le centre-droit giscardien (UDF).

Trois décennies plus tard, les conséquences de cette scission (mais aussi de la sénéscence du plus vieux parti de France) se font sentir.

A droite, le Parti radical "valoisien" (son siège national est à Paris, place de Valois) est devenu une composante de l'UMP, confiée à Jean-Louis Borloo, ami du PRG Bernard Tapie.

A gauche, le PRG ne présente plus de candidats lors des grandes échéances électorales. Ni à l'élection présidentielle de 2007 (il a simplement soutenu la candidate socialiste pour mieux faire oublier que la candidature PRG de 2002 avait largement contribué à l'élimination de Jospin), ni aux européennes de 2009, ce qui pourrait être interprété comme un véritable acte de décès politique. Une coquille vide, donc, que Sarkozy voudrait bien ajouter à son tableau de chasse de "l'ouverture", en confiant par exemple un secrétariat d'Etat à un notable radical de gauche.

Peu audibles au niveau national, les deux demi-partis gardent cependant de solides bastions locaux. A gauche, Jean-Michel Baylet reste influent dans le Sud-Ouest grâce au groupe de presse de La Dépêche du Midi, dont il est le PDG (ce qui est plutôt ... intéressant en matière d'indépendance de la Presse). A droite, on trouve le bastion nancéen, tenu depuis 1983 par André Rossinot. C'est un adjoint de ce dernier, Laurent Hénart, qui a été choisi pour porter les couleurs de la droite lorraine aux prochaines régionales.

Face aux tentatives de séduction élyséennes et à une marginalisation croissante dans un paysage politique où le MoDem trouble le jeu bipolaire traditionnel, les deux demi-partis pourraient être tentés par une réunification. Mais celle-ci ne pourrait se faire qu'autour d'un seul dénominateur commun, la Laïcité, valeur d'ailleurs mise à mal au sein d'une majorité présidentielle dans laquelle les Chouans du villiérisme viennent de faire leur apparition.

Il sera intéressant d'observer, dans quelques mois, le choix qu'effectuera le PRG lorrain, visiblement peu tenté par une perspective d' "Union de la Gauche" assez incohérente.

06.09.2009

"Parlement de l'alternance" : il ne faut pas oublier la droite non sarkozyste

J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le discours de clôture des Universités de rentrée du MoDem, prononcé cet après-midi par F. Bayrou.

Comme d'habitude, le tableau de la France dressé au début était plutôt pertinent mais un peu convenu. Concernant la présentation de notre famille politique, certains rapprochements m'ont paru abusifs (le triomphe électoral du PDJ japonais, fondé sur un programme très démagogique et intenable, ne doit pas être présenté comme un modèle). Quant au gag de la mouche, il m'a davantage laissé perplexe (clin d'oeil involontaire à Obama ?) qu'amusé.

Ces quelques réserves mises à part, l'ensemble du discours était bien construit : j'ai bien aimé l'annonce prélable du plan, où l'on reconnaît bien le prof derrière l'homme politique. Certaines déclarations, notamment sur l'éducation, m'ont fait chaud au coeur. Outre les douze idées formulées en conclusion, on a pu entendre quelques propositions très concrètes (exemple : prime à la casse pour les chaudières) et, sur certains projets gouvernementaux (taxe carbone, réforme des collectivités locales), Bayrou ne s'est pas comporté en opposant systématique : il y a apporté une réponse constructive et même assez favorable, moyennant certaines réserves sur la méthode de réalisation.

La partie la plus attendue du discours était cependant celle qui devait porter sur la stratégie du MoDem vis-à-vis des autres partis de l'opposition. Tout en réaffirmant que son parti n'avait pas de gage à donner à Martine Aubry et ne connaîtrait d'autre "primaire" que le premier tour des grandes élections (régionales, présidentielle), Bayrou s'est prononcé pour l'ouverture d'un dialogue ou d'un débat public entre tous ceux qui ne souhaitent pas la réélection de Nicolas Sarkozy en 2012. Il a parlé à ce propos d'un "Parlement de l'alternance" (pourquoi pas un "Jeu de Paume" de l'alternance ?), destiné à servir de terrain d'échange entre les différents acteurs du changement.

paume.jpgConcernant ces derniers, je reproche à Bayrou de ne pas s'être montré assez explicite. En affirmant sa volonté de dialogue avec des mouvements politiques "différents", il devrait savoir que la majorité des Français pensera que cela n'implique que des partis "de gauche", dont les communistes ... alors que ces derniers y sont parfaitement hostiles : rappelons que Robert Hue, présent aux côtés de Peillon et Sarnez à Marseille, anime aujourd'hui un club "progressiste" très en marge du PCF.

En réalité, il serait bon de rappeler que Bayrou tend depuis longtemps la main aux formations politiques républicaines non sarkozystes, qu'elles soient effectivement de gauche (sociaux-démocrates du PS, modérés des Verts) ... ou de droite (libéraux, gaullistes). Je trouve dommage que cette dernière famille politique n'ait pas été évoquée cet après-midi. Pour rester indépendant tout en acceptant de rassembler au-delà des vieux clivages (idée forte de la campagne de 2007), il me paraît important de réserver, dans cet hypothétique "Parlement de l'alternance", une place conséquente aux femmes et hommes "de droite" déçus par Sarkozy. Je pense notamment aux partisans de Dupont-Aignan (dont le souverainisme, d'essence gaulliste, est bien plus modéré et intelligent que les éructations d'un De Villiers) et aux villepinistes (au moment où le destin de leur chef est à un tournant intéressant), qui, pour paraphraser la citation empruntée à Mgr Claverie, incarnent une autre de ces vérités qui nous manquent.

Pour être valable, la stratégie de Bayrou doit conserver son équilibre : négliger notre aile droite serait une erreur, car la France n'est pas à gauche. Pour pouvoir incarner en 2012 la "synthèse" des acteurs de l'alternance, Bayrou doit s'assurer du pluralisme de son "Parlement" virtuel ... et rester au-dessus de la mêlée.

23.06.2009

Sinistres signaux : "MAM Tarnac" à la Justice, un bushiste aux Affaires européennes

Au lendemain de son « discours du trône », prononcé dans les ors de la monarchie absolue, Nicolas 1er a modifié la composition de son gouvernement Fillon (Attention : ne pas confondre « gouvernement Fillon » et « Parlement croupion »).

Ne nous leurrons pas : sous Sarkozy, la politique exécutée par le gouvernement sera toujours décidée à l'Elysée, en petit comité, et les ministres, fussent-ils aussi médiatiques et brillants qu'un Frédéric Mitterrand, n'auront jamais aucune marge de manoeuvre dans l'exercice de leurs fonctions. Cela sera toujours (ou, du moins, jusqu'en 2012) un « ministère des commis ».

 

Cela dit, il y a certainement quelques remarques à faire sur certains choix opérés lors de ce remaniement :

 

MAM.jpg- Michèle Alliot-Marie à la Justice : au vu des commentaires péremptoires que MAM avait livrés à l'opinion dans le cadre de l'arrestation et de la détention arbitraires du faux terroriste Julien Coupat, c'est l'aspect le plus noir de l'ordre sarkozyste, avec ses intimidations policières et son explosion des gardes à vue et autres mises en examen, qui est ainsi confirmé et élevé sur un piédestal.

 

MERCIER2.jpg- Michel Mercier à la Ruralité : ce débauchage étant prévu depuis longtemps, il n'est donc pas de nature à nous étonner, et encore moins à nous déstabiliser. C’est même une chance : le MoDem va enfin commencer à sortir de son ambiguïté sénatoriale, en choisissant parmi ses élus du palais du Luxembourg un nouveau trésorier un peu plus en phase avec la ligne du Mouvement.

 

YADE.jpg- Rama Yade aux Sports : il y a là deux motifs de satisfaction. 1er motif : la porte pour Laporte, roi des casinos et des profits étranges. 2e motif : la fin d’une insoutenable hypocrisie, les Droits de l’Homme n’ayant jamais été à l’ordre du jour d’un gouvernement plus soucieux de faire des affaires avec tous les dictateurs de la planète.

 

lellouche.jpg- Lellouche aux Affaires européennes : cet atlantiste bushiste, ami de Condi Rice et fervent thuriféraire du retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, exprimera, beaucoup mieux que le villepiniste germanophile Bruno Le Maire, la vision sarkozyste d’une Europe se contentant de jouer la partition américaine.

10.05.2009

J - 28 : Barnier va-t-il découvrir le multipartisme ?

Les listes UMP vont l'emporter aux européennes grâce à un argument choc : l'opposition c'est l'Anti-France (ou l'Anti-Europe) !

En effet, quelle traîtrise que d'avancer un projet alternatif à celui du pouvoir en place, quelle félonie que d'oser critiquer la mémorable "présidence française" qui, c'est pourtant évident, a fait de Sarkozy et de ses partisans les seuls thuriféraires admissibles de l'idéal européen ! Circulez, y'a rien d'autre à proposer !

J'en veux pour preuve un spot télévisé récent et récurrent, diffusé à l'occasion de la journée de l'Europe et destiné à lutter contre l'abstention :

Sur une musique plutôt entraînante (une version instrumentale du néo-New-Orderien Good Girls (love bad boys) du groupe français A Bigger Splash), c'est toute l'Histoire de l'Europe qui défile sous nos yeux en une sarabande, consensuelle au possible, de la figure tutélaire du père-fondateur Schuman à Rostropovitch jouant sur les ruines du Mur de Berlin, pour s'achever par ces mots : "Présidence française", "G20" (?) et par l'image ... de Sarkozy. Une jeune femme apparaît alors pour nous enjoindre à nous rendre aux urnes.

Un spot électoral de l'UMP ?

Presque ...

Il s'agit en réalité d'une opération gouvernementale, réalisée par Thierry Saussez à la demande de Bruno Le Maire. Officiellement, son but est de présenter une vision consensuelle de l'Europe (l'amitié franco-allemande, le programme Erasmus...) destinée à intéresser les Français au scrutin du mois prochain. Mais pour la forme, la mise en valeur de la "présidence" de l'UE (officiellement assurée par Kouchner, au titre de ministre des Affaires étrangères, et non par Sarko, soit-dit en passant) aboutirait presque à identifier ces élections à un plébiscite sarkozyste ... et à assimiler son parti, l'UMP, au camp des Européens convaincus face à celui des défaitistes et des sans-projets !

C'est en substance les propos tenus hier par Michel Barnier, tête de liste en IDF, qui a employé une comparaison footbalistique digne de la fraction la plus beaufisante de son électorat : "c'est comme si vous aviez l'équipe de France qui joue -on sait que la partie est difficile en ce moment- et que sur les bancs de touche, vous aviez des joueurs dans l'équipe de France qui disent qu'ils souhaitent l'échec de leur équipe". Avant de déclarer : "J'aimerais bien que, dans ce débat, on parle un peu plus des questions européennes, des solutions européennes aux problèmes de la France, et qu'on n'entende pas seulement la gauche ou M. François Bayrou taper, taper toute la journée, comme si c'était leur seul programme que de critiquer Nicolas Sarkozy".

M. Barnier a beau jeu de critiquer le transfert d'enjeux purement nationaux (le vote-sanction anti-Sarko) sur les élections européennes. Il n'a cependant pas empêché son omniprésident de s'afficher sur le matériel de campagne de son parti ...

barnieraffiche.jpg

Ces élections européennes ne doivent pas être un plébiscite pour ou contre Sarkozy, mais bien une opportunité de relancer le processus européen en lui insufflant un esprit plus humaniste et démocrate. Cela dit, si le pouvoir en place pouvait en tirer à l'occasion quelques leçons sur ses propres insuffisances, ce ne serait pas une mauvaise chose !

De même, d'honorables résultats pour les candidats démocrates prouveraient la possibilité d'une alternative future. Pour reprendre la comparaison de Barnier, c'est en 2012 que les Français devront remplacer les essouflés et faire rentrer des compétiteurs plus "frais" et plus habiles sur le terrain français ... mais il y a d'abord un autre match à jouer. Ne nous trompons pas d'enjeu.

Pour l'instant, les élections du 7 juin doivent avant tout servir à porter à Strasbourg l'espoir d'une Europe des citoyens qui puisse tourner le dos au modèle de société commun à MM. Barroso et Sarkozy et proposer des solutions crédibles à la crise actuelle.

Joseph

 

P.S. : Si quelqu'un a un lien vers le spot en question, merci de l'indiquer dans les commentaires, afin que les lecteurs puissent juger par eux-mêmes.

08.02.2009

J - 120 : NPAUMP (Nouveau Parti Anticapitaliste Uni pour un Mouvement Populaire)

Lu sur le JDD.fr :

Européennes: Le NPA reste ferme (Benjamin BONNEAU)

Lors de son congrès fondateur, samedi, le Nouveau Parti anticapitaliste d'Olivier Besancenot a évoqué la question d'une alliance avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et le PCF de Marie-George Buffet en vue des élections européennes. Le facteur de Neuilly est resté sur sa position et ne veut pas entendre parler d'un "front de gauche" au nom de son indépendance vis-à-vis du PS.

[...]

Jean-Luc Mélenchon a pourtant tenté de rassurer son jeune "camarade" en évoquant une alliance pérenne et une indépendance totale vis-à-vis du PS. Mais c'est du côté du PCF que risque de venir la contestation. Affaiblis depuis de nombreuses années, les communistes ne survivent électoralement que grâce aux accords passés avec le parti de la rue de Solferino, en particulier lors des élections régionales. S'éloigner du PS est donc un risque, ce que confirme Alain Krivine, figure du mouvement anticapitaliste: "Les régionales, c'est le sujet qui fâche, il sera sans doute difficile de parvenir à un accord", a-t-il ainsi affirmé, vite rejoint par Olivier Besancenot. A moins d'un improbable retournement de situation, le NPA devrait donc présenter ses propres candidats aux élections européennes.


megaphone.jpg


Si les démagogues anti-européens de Gauche partent divisés aux européennes, cela ne peut que renforcer les chances des démocrates.
Cela dit, le refus du nouveau NPA était prévisible, étant donné l'incapacité des fameux (fumeux ?) "collectifs" issus du "Non" de Gauche à s'entendre sur une candidature unique à la présidentielle de 2007.
Mais j'ai tendance à croire que Besancenot (ou Krivine, ou un autre ...) n'a pas le dernier mot dans ce type de choix stratégique.

Qualifiez-moi, si vous le voulez, de parano ou d'adepte de la théorie du complot (en réalité, je ne fais qu'enfoncer des portes ouvertes), je ne peux m'empêcher de penser que le NPA est une création plus ou moins directe de l'UMP et de Nicolas Sarkozy. Je serais d'ailleurs assez curieux de connaître le nombre d'adhérents du NPA "envoyés" par le parti présidentiel.
Ce n'est un scoop pour personne : Sarkozy rêve de contrôler l'ensemble de la vie politique, en remodelant notamment une opposition officielle qui puisse lui servir de faire-valoir/repoussoir à la fois prévisible et spectaculaire. Dans ce jeu élyséen, le NPA aura à jouer un rôle semblable à celui que la "Gauche" mitterrandienne avait confié au FN dans les années 1980-90.
Or, pour que cette "arme" nouvelle de la Droite garde toute son efficacité et puisse servir au moment voulu (lors des présidentielles, par exemple), il convient de l'économiser et de ne pas la "compromettre" avec d'anciennes figures de la Gauche plurielle de gouvernement.
Méfions-nous donc de ce NPAUMP ... Combattons son discours démagogique dès les prochaines élections, mais restons vigilant quant aux futurs mouvements de cette nouvelle boule sur le billard politique français.


Joseph

11.11.2008

Et pendant ce temps-là ...

... la chasse aux contestataires continue.

das-leben-der-anderen.jpg


Il est heureux de voir que le gouvernement ne connaît pas la crise, mais continue au contraire à investir pour mener à bien la traque des horribles opposants susceptibles de porter atteinte à l'ordre public.
Dormez tranquillement, chers concitoyens, le gouvernement veille sur vous ...


[Merci à J.Charles pour l'info.]

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