21.11.2009

Les Très Riches Heurts du conseil municipal de Saint-Dié (IV) : Ubu roi

s0223.jpg« De par ma chandelle verte, me voici roi dans ce pays.

Je me suis déjà flanqué une indigestion et on va m'apporter ma grande capeline. [...] Elle est en peau de mouton avec une agrafe et des brides en peau de chien. »

[Alfred Jarry, Ubu roi, Acte III, scène 1]

* * *

Le conseil municipal d'hier soir s'est ouvert par une suspension de séance destinée à évoquer le vingtième anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant. Louable initiative de la part de M. Christian Pierret, qui a cependant oublié de préciser qu'il accorde aux enfants - et aux petits-enfants - des Déodatiens un "droit" supplémentaire : celui de payer, toute leur vie durant, les conséquences de sa mauvaise gestion.

Cette mauvaise gestion transparaissait de manière évidente dans un point de l'ordre du jour visant à modifier le budget.

Intervenant pour l'opposition, M. Serge Vincent a démontré, chiffres à l'appui, que cette décision ne faisait qu'accroître les dépenses de fonctionnement (+ 500 000 €) et les emprunts (+ 450 000 €), aux dépens de l'investissement (- 50 000 €). Après avoir fait remarquer que ces nouvelles dépenses seront supportées par les contribuables déodatiens (en application des réductions d'abattement décidées lors du dernier conseil), M. Vincent a également signalé que des dispositions règlementaires n'avaient pas été respectées.

Refusant de commenter les chiffres rappelés, Christian Pierret s'est contenté de contourner le sujet en ironisant sur l'opposition.

Il a voulu se moquer de celle-ci en rappelant que Damien Parmentier et Serge Vincent avaient évoqué un « 3 - 0 » à propos des décisions du T.A. et des avis du rapporteur du Conseil d'Etat sur l'annulation du scrutin de 2008 (entaché d'irrégularités et de mensonges) et qu'ils s'étaient ainsi bercés d'illusions, l'arbitrage définitif du Conseil d'Etat étant allé à l'encontre de ces premières décisions.

Reprenant la balle au vol, M. Vincent a alors répondu qu'il n'était pas glorieux de remporter la partie après avoir marqué de la main !

Cette métaphore footballistique sur une certaine erreur d'arbitrage (favorable à une faute) a plongé les édiles de la « majorité » dans l'embarras.

M. Gbedey a bien tenté une réplique ... quelques heures plus tard, mais elle est tombée à plat comme l' « à votre gorge, marchand de Paris ! » de Rousseau (Confessions, I, 3, 1731) ou la mâchoire d'âne de Samson remémorée tardivement par le marquis de Bellegarde dans le Ridicule de Patrice Leconte.

Ridicule, telle était l'attitude de M. Pierret et de ses commensaux, qui ont botté en touche à chacune des questions gênantes posées par les élus de l'opposition sur le bilan annuel des délégations de services publics (DSP).

Ainsi, quand Mme Ramata Ba a interrogé la « majorité » sur les différences étonnantes de tarifs entre les repas vendus par la société Avenance à Saint-Dié et ceux qui sont vendus à moindre prix à d'autres communes, M. Pierret s'est empressé de transférer la patate chaude à son directeur financier. Celui-ci n'a pu que reconnaître la réalité de cette différence de prix, en essayant maladroitement de la justifier par certains frais de remise en état.

Le rapport sur une autre DSP, la concession de la chaufferie de Kellermann à la société Dalkia, a donné à M. Pierret l'occasion de faire quelques plaisanteries douteuses sur la lettre que ses services avaient opportunément envoyée à de nombreux locataires pour leur promettre, à la veille des élections municipales, un juteux remboursement de trop perçu. Cette lettre avait motivé l'annulation des élections par le T.A. avant le coup de théâtre du Conseil d'Etat, coup de théâtre que Pierret & Co. ont pris un malin plaisir à jeter au visage des élus de l'opposition tout au long du conseil ... pour mieux esquiver les sujets embarrassants.

Depuis l'arrêt du Conseil d'Etat, cette politique de l'esquive a pris une nouvelle tournure : elle s'accompagne d'un manque total de vergogne à l'encontre des actes commis.

A voir M. Pierret et ses commensaux plaisanter sur ce sujet, on aurait dit des brigands se remémorant leur bonne fortune après avoir forcé une jeune fille dans un fossé.

Or, si la démocratie est malheureusement souvent violée à Saint-Dié, elle n'a pas l'habitude que ses agresseurs s'amusent ensuite à lui cracher au visage.

HôtelVille-Saint-Dié-des-Vosges.jpgC'est pourtant ce qui s'est passé en fin de conseil, lors de la réponse de M. Pierret à une question de M. Jean-Louis Bourdon, qui a signalé que tous les espaces d'expression du pluralisme politique prévus par le Code des collectivités territoriales n'étaient pas encore disponibles à Saint-Dié. M. Bourdon a notamment rappelé que les élus de l'opposition ne peuvent rien publier sur le site de la commune, qu'ils sont exclus de la présentation du compte-rendu annuel de mandat, et que leur seul espace public d'expression, dans le magazine de la commune, se réduit comme peau de chagrin (un récent courrier de la municipalité a informé les groupes d'opposition que l'espace total qui leur est accordé est désormais réduit à 1800 caractères, espaces et signatures compris).

Après avoir osé répondre à cette dernière remarque que la réduction de l'espace de parole de l'opposition se justifiait par des « contraintes techniques » [sic.], M. Pierret a menacé de censurer la retransmission du conseil municipal sur le site de la commune en caviardant les interventions de l'opposition proportionnellement au nombre des élus.

Accompagnant sa menace d'un sourire narquois, M. Pierret a osé prétendre que sa « gestion de la présidence du conseil municipal est extrêmement libérale ».

On savait M. Pierret libéral sur le plan économique ... mais sur le plan politique, et plus particulièrement en matière de liberté d'expression, on peut en douter !

Minuit approchant, le conseil municipal s'est achevé après les dernières questions diverses.

***

PÈRE UBU : « C'est pourquoi, bonne nuit, et je vous invite à dormir sur les deux oneilles, bien que les rats dansent ici une assez belle sarabande. »

Il sort. Les Larbins viennent verrouiller toutes les portes.

[Alfred Jarry, Ubu roi, Acte III, scène 5]

07.11.2009

Dr Christian et Mr Pierret, ou la schyzophrénie idéologique des caciques "socialistes"

Dans La gauche en France (Perrin, 2006), l'Historien Michel Winock constate la schyzophrénie idéologique du Parti socialiste, fermement anticapitaliste dans le discours (qu'il soit ou non dans l'opposition) mais particulièrement enclin à adopter une gestion libérale quand il tient les rênes du pouvoir. Cette posture contradictoire est surtout due à une volonté d'hégémonie sur la Gauche, volonté menacée par les surenchères de l'extrême-gauche (communiste hier, anticapitaliste aujourd'hui) auxquelles les socialistes se sentent obligés de faire écho. Michel Winock souligne l' "incapacité du socialisme français à faire sa révolution révisionniste bernsteinienne", malgré les orientations déclarées à contre-coeur lors du Congrès de 1991.

Selon Michel Winock, le PS "n'a pas su complètement éradiquer son malaise ancien, ce "surmoi révolutionnaire" qui lui fait honte".

"Que manque-t-il au PS pour devenir un parti réaliste, ferme sur ses principes et conscient des limites et des contraintes de l'action gouvernementale ? Sans doute la réaffirmation, avec éclat, de son caractère réformiste défini depuis un quart de siècle. Prendre le chemin inverse de celui que suivait François Mitterrand dans la filiation guesdiste : s'affirmer un parti de "rupture" et gouverner au fil des nécessités de l'heure. [...] Mais pour retrouver cette cohérence entre le dire et le faire, comme le souhaitait déjà à la fin du XIXe siècle Eduard Bernstein en Allemagne, il faudra sans doute à la tête du Parti socialiste une forte personnalité, respectée et écoutée, portant les espoirs du parti au lieu de la médiocre concurrence actuelle des présidentiables ... [...] On a vu un Laurent Fabius retourner sa veste en vue du référendum du 29 mai, se déclarer pour le non, contrairement à ses positions antérieures, et venir même forger sa nouvelle légitimité de gauche dans l'effervescence d'une fête de L'Humanité, où il fut, du reste, abondamment sifflé par des participants agressifs. Un Dominique Strauss-Kahn, qui assume sans hésiter la ligne social-démocrate, et un François Hollande ne s'interdisent pas de poser pour une photo en compagnie des représentants de l'ultra-gauche (y compris les trotskistes Arlette Laguiller et Alain Krivine), tant l'obsession d'être " ancré à gauche " hante les rangs du PS, tant les ambitions des individus doivent s'y plier".

Trois ans après la publication de ces lignes, cette schyzophrénie semble s'être accrue : Martine Aubry, désormais à la tête du PS en tandem avec Benoît Hamon, tient un discours antilibéral totalement hypocrite et irresponsable. Tournant le dos aux modérés, elle ne cesse de faire des clins d'oeil à l'extrême-gauche, au NPA, qu'elle souhaiterait accueillir dans une "maison commune de la Gauche". Cette attitude est-elle digne d'un parti réformiste ? Serait-elle compatible avec l'exercice du pouvoir ?

Pour répondre à cette dernière question, il faut se tourner vers les collectivités territoriales et locales, dont un grand nombre est aux mains de caciques du PS.

A Saint-Dié (appelée Saint-Dié-des-Vosges par ceux qui n'y habitent pas), on retrouve un partisan de Laurent Fabius, Christian Pierret, dont certains choix politiques (la privatisation d'un service public comme l'eau, par exemple) entrent nettement en conflit avec une phraséologie de "Gauche" dont beaucoup de gens sont dupes ou feignent l'être.

Sur son site et dans la tribune d'expression politique de son groupe, M. Pierret s'est notamment fait le porte-parole de la "votation citoyenne" qui dénonce la perspective d'une privatisation de La Poste. Or, les citoyens les moins amnésiques se sont souvenus que la position de M. Pierret sur le "Service public postal" n'a pas toujours été aussi intraitable.

Un petit retour en 2002, quand Christian Pierret était membre du gouvernement Jospin, s'impose donc pour rafraîchir les mémoires.

Article de la revue Marianne du 13 mai 2002, intitulé "Un artiste nommé Pierret" :

" En quittant le ministère de l'Industrie, Christian Pierret n'a pas oublié de signer le décret (paru au Journal officiel daté du 5 mai) permettant à La Poste de gérer son patrimoine immobilier comme elle l'entend. L'entreprise va donc liquider quelques-uns des 17 100 bureaux de poste répartis en France.

Le ministre a ainsi réussi un tour de force : à quarante-huit heures d'intervalle, il a signé un décret affaiblissant un peu plus le service public et, avec ses amis du PS, un programme proposant de renforcer les services publics. Chapeau, l'artiste ! "

Etonnant cas d'école, qui prouve la distance, chez certains, entre le discours et la pratique du pouvoir.

Au sein du gouvernement Jospin, à une époque où le courant fabiusien apparaissait encore comme l'aile libérale du PS, Christian Pierret souhaitait la libéralisation rapide de La Poste et du marché de l'électricité, l'ouverture du capital de GDF, et l'assouplissement des 35 heures.

Le cas de Christian Pierret n'est pas isolé : nos mairies et nos conseils régionaux regorgent de ces notables du PS qui séduisent leur auditoire par un opportun discours antilibéral et anticapitaliste, discours qu'ils n'appliquent pas et auxquels ils tourneront totalement le dos s'ils sont un jour rappelés au sommet du Pouvoir. Véritable "tromperie sur la marchandise", cette attitude hypocrite est une des causes majeures du divorce croissant entre les citoyens et la politique, divorce qui fait le jeu des extrémismes.

Notre démocratie a besoin d'un discours de vérité, qui ne sacrifie en rien l'ambition réaliste du projet politique aux effets de manche de la posture idéologique. Ceux qui tiendront ce discours seront les seuls à pouvoir présenter une alternative crédible et responsable en 2012.

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A lire sur le site de L'Expansion : Patrick Coquidé, "Christian Pierret, un libéral en Jospinie", 21 décembre 2000.

25.10.2009

"Détail de l'Histoire" à Saint-Dié : l'extrême-droite révisionniste s'offre le bureau de Pétain

Montoire.jpgQuelques compléments d'information sur un article de Vosges Matin (édition du 19 octobre), qui nous apprenait que le bureau du Maréchal Pétain avait été vendu aux enchères, la veille, pour 23 000 euros, "sous les applaudissements de la salle", à l'Association de défense du Maréchal Pétain, présidée par un certain Hubert Massol, qui avait fait le déplacement à Saint-Dié depuis la région parisienne.

Cette association travaille, selon ses dires, "à la réhabilitation du Maréchal Pétain en tant que chef d'Etat et militaire condamné injustement". Rappelons que Philippe Pétain a mené une politique de collaboration active avec les Nazis qui devançait largement les attentes de ces derniers. Sur les 76 000 juifs (dont 11 000 enfants) déportés depuis la France vers les camps de la mort, 80 % ont été arrêtés par les agents du régime de Vichy. Antisémite convaincu, Pétain a encouragé ces atteintes irréparables aux droits de l'Homme : c'est la honte de notre pays qui était signée quotidiennement sur le bureau vendu à Saint-Dié la semaine dernière.

Hubert Massol.jpgLes propos de cette association relèvent donc d'un révisionnisme odieux, qui tend à réhabiliter le Pétainisme pour mieux pouvoir récupérer certaines idées de ce sinistre régime d'extrême-droite.

Pour ceux qui douteraient encore des finalités politiques extrémistes de cette association, il suffit de se rendre sur le site du MNR, qui consacre une page de son trombinoscope à Hubert Massol, ancien FN et conseiller national du parti de Bruno Mégret. Rappelons que ce dernier s'était dissocié de Jean-Marie Le Pen pour mieux dépasser le Front national sur son extrême-droite.

Plutôt que d'insister sur l' "émotion" de M. Massol, qui va maintenant placer ledit bureau dans son musée révisionniste, ce sont ces quelques informations indispensables que le journaliste de Vosges Matin n'aurait pas du oublier de mentionner.

Plus d'informations : lire l'article du Monde.fr.

04.10.2009

Rencontres démocrates au FIG de Saint-Dié

A lire sur le blog du MoDem de la 2e circonscription des Vosges.

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05.09.2009

Saint-Nicolas à Saint-Dié : le monde associatif dans la ligne de Myre de la municipalité

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L'affaire était en cours depuis plusieurs mois. Aujourd'hui, dans les colonnes de Vosges Matin, un article de Damien Bessot nous apprend que la municipalité de Saint-Dié vient de prendre le contrôle du traditionnel défilé de Saint-Nicolas, grand événement populaire et familial organisé depuis de nombreuses années par l'association Déod'anim. La municipalité présidée par Christian Pierret entend ainsi poursuivre son oeuvre de mise sous tutelle des activités associatives et de récupération de l'ensemble des initiatives déodatiennes.

Objectif ? Marginaliser une association dont quelques membres ont le tort - immense, il est vrai, dans la "démocratie" pierretiste - d'appartenir, à titre individuel, à l'opposition municipale. En réalité, l'association est apolitique et ne fait que contribuer, de manière consensuelle, à l'animation festive et culturelle de Saint-Dié. Mais tous les procédés sont bons pour couper les têtes qui dépassent ...

En juin, l'adjointe à la culture, Mme Fève-Chobaut, avait déjà ordonné aux associations partenaires de l'événement de ne pas se rendre à une réunion organisée par Déod'anim. Belle conception de la liberté associative et du droit de réunion !

Explications de Mme Fève-Chobaut : "C'est la ville qui organise puisque c'est la ville qui paye".

Ces propos, réduisant l'événement à un montage purement financier, démontrent bien le peu de considération accordé au travail des bénévoles qui se dévouent, sans compter les heures, pour permettre la réussite de telles manifestations. C'est le même esprit réducteur qui avait présidé, il y a quelques mois, à l'organisation hâtive de la "Vélodatienne", dont le succès mitigé (en comparaison aux anciennes "24 heures cyclistes") est directement lié à ce déficit de reconnaissance.

D'autres justifications semblent plus étranges. Il en va ainsi des arguments du directeur de cabinet du maire, Frédéric Lajoux : "Deux heures dans le froid avec des enfants, ce n'était pas raisonnable".

Quelle idée, il est vrai, de faire ça en décembre !

Plus sérieusement, ce sont bien des motifs politiques qui expliquent la manoeuvre, comme le reconnaît l'adjointe à la culture, dont l'entourage accuse Déod'anim d'avoir fait de la manifestation une "tribune politique".

Tribune politique ? Il est vrai qu'un vieil évêque distribuant des cadeaux aux enfants, c'est hautement subversif ! La barbe fleurie et l'habit rouge contiendraient-elles une propagande crypto-marxiste ? La mise en scène d'un ecclésiastique implique-t-elle un complot clérical ou anticlérical ? Tant qu'il y aura de petits autocrates, la paranoïa délirante a de beaux jours devant elle ...

Il sera intéressant d'observer comment la Mairie va organiser, en moins de trois mois, cette manifestation "apolitique". En tout cas, les travaux ont déjà bien commencé. Les dernières lignes de l'article de Vosges Matin nous apprennent que Déod'anim vient de se faire expulser de son local ...

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14.06.2009

Les Très Riches Heurts du conseil municipal de Saint-Dié (III) : " Drôle de démocratie ! "

HôtelVille-Saint-Dié-des-Vosges.jpgLe ton avait été donné dès lundi soir.

Dès l'annonce, par le Conseil d'Etat, de la validation du scrutin de 2008 et de l'invalidation de l'élection de Damien Parmentier, les bouchons de champagne étaient venus heurter les lambris de l'hôtel-de-ville, célébrant le soulagement de ceux qui craignaient devoir affronter, dans des conditions incertaines, la sanction du suffrage universel. A ce sentiment de soulagement avait rapidement succédé la tentation du triomphalisme. En effet, sitôt la bacchanale terminée, plusieurs affidés de Christian Pierret avaient bondi au volant de leur véhicule pour faire le tour de la ville en klaxonnant, histoire de marquer leur territoire à grand renfort de combustion d'énergies fossiles. Ce qui n'avait pas manqué de me rappeler cette expression imagée : "aller droit dans le mur ... en klaxonnant" (expression qui bien pourrait s'appliquer à la gestion de la ville par la "majorité").

D'autres blogueurs (pro-Pierret et anti-Pierret) ont déjà raconté, à leur manière, ce grotesque spectacle.

Le message était clair : l'ange gardien du Pierretisme étendait à nouveau son ombre sur la cité de Déodat. En faisant ainsi bruyamment crisser ses sombres élytres, il intimait aux opposants l'ordre de se taire à jamais.

Dans ces conditions, le conseil municipal de ce matin ne pouvait que pâtir d'une ambiance délétère. Et il en fut - malheureusement - ainsi.

Vice de forme

Arrivés en nombre par une entrée de service, les supporters de Christian Pierret occupaient les premiers rangs. En prenant le micro, M. Pierret avait peut-être en tête les lumineux discours d'un Blum et les glorieuses tribunes d'un Jaurès. Or, quand ses supporters se levèrent à son entrée en frappant frénétiquement des mains et en criant "Christian ! Christian !", on se serait davantage cru à un spectacle de Bigard ou de Patrick Sébastien. Le show pouvait commencer.

Le point principal de l'ordre du jour concernait le remplacement, à la table de l'opposition, de Damien Parmentier par son colistier Michel Boulet. Or, le conseil municipal ayant été convoqué et réuni avant la notification préfectorale de ce remplacement aux principaux intéressés, c'est la légalité de la séance toute entière qui est remise en cause par les membres de l'opposition.

Par respect des règles républicaines, Michel Boulet a par conséquent refusé de s'asseoir à la table du conseil.

Pendant ce temps, Christian Pierret lut et commenta le communiqué du Conseil d'Etat, se réjouissant de la décision de la plus haute juridiction administrative de l'Etat. Or, quelques minutes plus tard, évoquant une prétendue collusion entre l'opposition et le préfet, il affirma l'existence d' "une dérive dans l'impartialité de l'Etat". Je vous laisse, lecteur, le soin de démêler ce nouveau noeud d'incohérence ...

Triomphe de la "majorité"

Ce conseil à la légalité contestée fut l'occasion, une fois n'est pas coutume, d'un nouvel exercice d'auto-célébration.

Christian Pierret a en effet félicité son équipe pour le travail accompli depuis mars 2008, soulignant que cette équipe "serre bien la ville, et serre bien les Déodatiens" (l'exactitude orthographique de ma retranscription n'est pas garantie, je tiens à le préciser).

Plus tard, l'adjointe Lovely Chrétien a également affirmé qu'en un an "tous [leurs] projets sont sortis de terre". A ces mots, une partie de l'auditoire n'a pu s'empêcher d'avoir une pensée émue pour l'hôtel de la Banque de France ou, surtout, pour le complexe Nova America, qui a tout de même goûté une bonne pelletée d'humus lors du dernier conseil.

Sérénité démocratique ou diffamation ?

Protestant au début de la séance pour avoir la parole, les membres de l'opposition s'attirèrent les élégantes remontrances de M. Pierret : "M. Benoît, vous pouvez rejoindre la région d'Amiens ! Et M. Parmentier celle d'Epinal ...". Le parterre des spectateurs pierretistes manifesta alors bruyamment son contentement.

Afin de rappeler l'assemblée à davantage de dignité, Serge Vincent obtint enfin la parole pour demander au président de ce conseil de faire respecter une ambiance plus propice à un débat démocratique serein. Cette demande fut accueillie par des quolibets.

C'est alors que Christian Pierret voulut se montrer magnanime envers celui qui a été éloigné de la table, M. Parmentier, et menaçant envers l'autre leader de l'opposition, M. Vincent. Il déclara en effet "respecter" le premier, affirmant que les documents de campagne de la liste Pierret étaient conformes à ce "respect" républicain. Sur ce point, je me permets de reproduire ci-dessous la profession de foi de ladite liste, afin de vous laisser apprécier le "respect" témoigné par M. Pierret à ses adversaires.

profession de foi Pierret.jpg

Dans un second temps, M. Pierret annonça publiquement qu'il venait de "déposer plainte au pénal pour diffamations et injures" et que des "mises en examen" auraient lieu.

D'où viennent ces accusations de diffamation ? Les documents de campagne des groupes de l'opposition, encore accessibles sur leurs blogs respectifs, ne peuvent être mis en cause.

A propos de diffamation, Jean-Louis Bourdon rappela que c'est bien Christian Pierret qui avait annoncé publiquement (le 11 mars 2008, sur les ondes de radio France) la présence de deux membres du Front national sur la liste de M. Vincent ... or, à la lecture des conclusions du Conseil d'Etat à propos de cette accusation mensongère, on apprend que M. Pierret et ses amis "admettent qu’elle était dénuée de fondement".

Définition du verbe "diffamer" selon le Larousse : "Porter atteinte à la réputation d'une personne ou d'un corps constitué, par des paroles ou des écrits non fondés, mensongers" ...

Placé devant ses propres contradictions par la remarque pertinente de M. Bourdon, et ne sachant que répondre, Christian Pierret fit appel à sa stratégie préférée : l'esquive. Il se garda ainsi de répondre à l'élu de l'opposition et préféra affirmer, sans qu'aucun document ne puisse étayer ses propos, que les partisans de M. Vincent ou ceux de M. Parmentier avaient fait circuler une rumeur selon laquelle M. Pierret aurait acheté des voix en échange de téléphones portables. Or, cette accusation grotesque n'a jamais été diffusée par l'opposition, et je mets au défi quiconque de me prouver le contraire.

"Drôle de démocratie !"

Comme Damien Parmentier était membre de plusieurs commissions municipales, un point de l'ordre du jour portait sur la nomination de nouveaux commissaires municipaux. A la consternation de l'opposition et d'une partie de l'auditoire, M. Pierret et ses adjoints se mirent alors à jouer un étrange sketch, nommant arbitrairement des membres de l'opposition à ces postes avant de faire voter la "majorité" en faveur de ces propositions ... Et tout cela malgré les dignes protestations des intéressés, qui avaient beau signaler qu'ils n'étaient pas candidats. "Vous pourrez toujours démissioner !" leur répondit M. Pierret.

Peu entendu en raison de son micro coupé, M. Bourdon émit à cette occasion une remarque qui résume assez bien l'ensemble de la séance : "Drôle de démocratie !"

 

Joseph

09.06.2009

Saint-Dié : après l'esquive, l'intox' ?

capturesiteville.jpgChristian Pierret l'affirme : "La décision du Conseil d'Etat de ne pas annuler les élections à Saint-Dié-des-Vosges n'est pas un événement". Ce non-événement se devait donc de faire l'objet, à l'instar de tous les non-événements de la mandature Pierret, d'une vidéo publiée sur le site personnel de M. Pierret et sur le site de la ville.

Dans cette vidéo, M. Pierret déclare ce qui suit :

"L'opposition en est quitte pour avoir perdu son temps, pour avoir fait perdre beaucoup d'argent aux uns et aux autres, et notamment notre ville ..."

C'est bien entendu la partie que j'ai mise en gras qui pose problème.

Pourquoi ?

Le 12 mai, un article de Vosges Matin avait suggéré que les honoraires de l'avocat de Christian Pierret auraient été payés par les contribuables déodatiens. L'avocat en question avait alors répliqué en faisant publier un droit de réponse :

"Cet article insinue que mes honoraires dans le contentieux électoral devant le Tribunal administratif de Nancy pour le compte de M. Christian Pierret auraient été payés par la Ville de Saint-Dié-des-Vosges et donc par les Déodatiens.
Ceci est faux, mensonger et diffamatoire, ces prestations ayant fait l'objet d'une facturation directe à Christian Pierret. Il s'agit, par ailleurs, d'une accusation de détournement de fonds publics et de recel, dont toute réitération fera l'objet d'une procédure en justice afin de préserver ma réputation et mes intérêts professionnels
." ("Droit de réponse de Maître Rosenstiehl", Vosges Matin, 15 mai 2009).

Si, comme l'affirme énergiquement Maître Rosenstiehl, c'est bien Christian Pierret qui a payé ces fameux honoraires sur ses deniers personnels, comment M. Pierret peut-il affirmer aujourd'hui que les procédures ont fait "perdre beaucoup d'argent" à "notre ville" ?

Maître Rosenstiehl va-t-il mettre sa menace à éxecution et, face à cette "réitération" d'une accusation de "détournemenets de fonds publics", va-t-il poursuivre son ancien client ? Il est vrai qu'à Saint-Dié, inconcevable ne veut pas dire impossible ...

Plus sérieusement, on ne peut que s'interroger sur le sens et la finalité des insinuations aussi graves qu'infondées contenues dans cette vidéo. L'arrêt du Conseil d'Etat, aussi laconique soit-il, ne doit pas être considéré par M. Pierret et son "équipe" comme un blanc-seing au déchaînement de rumeurs et de contre-vérités.

L'opposition, dont je suis plus que jamais solidaire, restera toujours très vigilante sur ce dernier point, afin d'offrir aux Déodatiens les conditions d'un débat véritablement transparent.

 

Joseph

08.06.2009

L'ordre règne à Saint-Dié

Comment expliquer ce mystérieux coup de théâtre ?

Réfutant le jugement du tribunal administratif de Nancy et les conclusions de son propre rapporteur, le Conseil d'Etat vient de valider les élections de mars 2008 à Saint-Dié-des-Vosges. Comme si cela ne suffisait pas, Damien Parmentier, un des leader de l'opposition, a été, par la même occasion, déclaré inéligible. Christian Pierret n'aura donc plus à écouter les constats accablants dressés par M. Parmentier lors des conseils municipaux. C'est la stratégie de l'esquive.

Dispensé de se justifier devant les citoyens, Christian Pierret aura été sauvé in extremis de ses propres administrés.

Il est vrai que ces derniers lui faisaient de plus en plus peur.

ordre à Saint-Dié.JPGHier, dans la grande salle dédiée à l'annonce des résultats des élections européennes, il s'était en effet protégé d'eux en faisant élever un rempart de barrières métalliques entre son estrade et le Peuple en contrebas, entre la plèbe debout et les sièges de l'avant-scène. Ces sièges étaient réservés à un parterre de "notables" composé des membres de la "majorité" et d'autres militants pierretistes.

Tout un symbole du système auquel notre ville est condamnée pour plusieurs années encore. L'esquive, à nouveau ... et le mépris du patricien envers la plèbe réduite au silence.

Autre symbole fort : le pluralisme.

En faisant applaudir par ses séides les résultats de la liste socialiste, Christian Pierret fit également siffler et huer par ce même cénacle la liste de l'UMP et, surtout, celle du MoDem, présentée comme "le centre". Un grand moment de tolérance politique et d'ouverture d'esprit, tout à l'honneur des "élus socialistes, républicains et centriste de la majorité municipale" (Pravda de juin, p. 18). L'élu concerné par le dernier adjectif (dont vous noterez le singulier) était pourtant fièrement assis parmi les auteurs de ce charivari pas très démocrate. Voilà qui lève les derniers doutes qui pouvaient encore subsister à la faveur des ses étiquettes, usurpées, de "démocrate" ou de "centriste".

Les vrais démocrates, les défenseurs du pluralisme et de la liberté de débat, sont donc bien au sein de l'opposition plurielle.

Cette dernière a toujours, et plus que jamais, un devoir envers les 49 % (selon les chiffres de l'an dernier validés par le Conseil d'Etat, mais nous les savons aujourd'hui bien plus nombreux) de citoyens qui lui ont fait confiance : elle doit rester vigilante, lutter contre les manoeuvres et défendre la démocratie, la transparence et le pluralisme à Saint-Dié.

Sa mission reste entière.

Joseph

03.06.2009

Saint-Dié : la politique de l'esquive

Je viens de recevoir le magazine mensuel de Saint-Dié-des-Vosges. Comme d'habitude, ses 32 pages tout en couleurs dressent un chatoyant panégyrique de l'action de la "majorité" de Christian Pierret, à grand renfort d'effets d'annonce, d'autocélébration, de récupération d'initiatives ... Il en va ainsi chaque mois, grâce à une coûteuse campagne de communication interne.

Malgré son caractère officiel et institutionnel, ce magazine sait également se montrer délicieusement indiscret, à la limite du "people" : en effet, en l'ouvrant en page 4, vous verrez plusieurs photos d'une fête privée organisée sur les deniers personnels d'un célèbre cavaliere déodatien, uniquement entouré, pour l'occasion, d'amis et de proches. Mieux que Gala ou Closer ! Et, en plus, c'est gratuit ! (Enfin, si vous ne payez pas d'impôts à Saint-Dié ...)

ferry loge.JPGCe mois-ci, c'est un enfant du pays qui est à l'honneur de la couverture du magazine : il s'agit de Jules Ferry, né à Saint-Dié en 1832 et inhumé dans cette même cité en 1893. Une série d'animations (colloque, conférence, concours ...) devrait en effet être organisée autour de ce grand personnage de la IIIe République dont notre ville a immortalisé par le bronze les célèbres favoris.

Bien sûr, on restera dans le consensuel, en célébrant le Ferry républicain, père de l'école laïque, gratuite et obligatoire. Dans son éditorial, Christian Pierret met d'ailleurs en garde ceux qui voudraient rappeler avec trop d'insistance la politique colonialiste de Ferry-Tonkin : "Cet aspect de l'homme mérite mieux que des lieux communs et un avis tranché sur quelques lignes. Notons simplement - histoire de lancer le débat sans sombrer dans les si faciles procès posthumes - que sa politique d'expansion coloniale recevait l'aval de nombreux intellectuels et Républicains de l'époque ...". En tant qu'historien, je ne peux que saluer cette volonté de ne pas céder aux interprétations anachroniques ou aux raccourcis faciles, mais, en contre-partie, je me garderais tout autant de verser dans l'hagiographie sans nuances. Redonnons-donc la parole au principal intéressé, Jules Ferry lui-même, qui, dans un célèbre discours de 1885 à l'Assemblée nationale, affirmait :

"Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit sur les races inférieures. [...]
Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures."

Voilà qui devrait réchauffer le coeur de nombreux Déodatiens descendants de ces nations dites "inférieures" que la France voulait "civiliser" ! On rendra cependant justice au célèbre ministre en rappelant qu'il n'avait évidemment pas la même connaissance que nous, enfants du terrible XXe siècle, des conséquences ultimes de tels discours.

 

Mais ce n'est pas encore ce qu'il y a de plus intéressant dans cette revue mensuelle qui présente, en page 18, les tribunes politiques de l'opposition et de la majorité.

HôtelVille-Saint-Dié-des-Vosges.jpgLa tribune des groupes d'opposition (coalisés et unis, ce qui est rare dans les autres grandes communes) rappelle ses propositions (baisser d'au moins 5 % la taxe d'habitation), souligne les réalisations hasardeuses (le boulodrôme à près d'un million d'euros) ou avortées (Nova America : 60 000 € d'études pour un projet à revoir entièrement) et met en lumière les contre-vérités et les zones d'ombre du "bilan" municipal distribué à grands frais (parmi un budget de communication d'un million d'euros) aux Déodatiens.

Donc, du côté des oppositions : des propositions et des contre-propositions pour la ville, ainsi que des critiques fondées sur des réalités municipales concrètes et chiffrables.

Sur l'autre colonne, celle de la tribune du groupe de la "majorité", c'est le nom de ... Sarkozy qui ouvre la première phrase. Le ton est donné : ne parlons surtout pas des Déodatiens et détournons le débat sur des sujets de politique politicienne nationale ! On pourrait également se défausser sur la crise, non ? Bingo ! Le mot apparaît dès la deuxième phrase !

Comment relier tout ça à la situation politique locale ? Mais oui, mais c'est bien sûr ... en affirmant que la politique de l'Elysée est "applaudie par MM. Parmentier et Vincent" ! Plus loin, on parle de la "complicité silencieuse des conseillers municipaux de l'opposition" ...

Des applaudissements ... silencieux ! Cette satanée opposition ne fait décidément rien comme les honnêtes gens !

L'auteur (anonyme) de la tribune enfonce le clou en reparlant de cette effroyable "opposition UMP de MM Parmentier et Vincent". Il doit sans doute être fort mal informé (mais l'ignorance n'est-elle pas le meilleur ciment d'une foi aveugle ?), car M. Vincent est au Mouvement démocrate. Mais bon ... plus c'est gros, mieux ça passe. Et il vaut mieux faire oublier que l'opposition est plurielle (droite républicaine, centre démocrate, gauche alter', divers gauche et citoyens indépendants) face à une "majorité" pierretiste sectaire qui se réclame du socialisme. Ce qui est un comble quand tous les services publics, tels que l'eau, les ordures ménagères, l'éclairage, le chauffage, la restauration collective ... sont concédés à des sociétés privées.

Face à des oppositions qui vont au coeur du sujet en se basant sur des faits et en se penchant sur le cadre de vie concret de nos concitoyens, la "majorité" préfère démunicipaliser le débat, en évitant soigneusement les questions portant sur son bilan.

C'est la sempiternelle politique de l'esquive, assaisonnée de folles rumeurs et autres "bonnes manières".

Jules Ferry, quant à lui, respectait le principe de responsabilité vis-à-vis des citoyens : il expliquait et assumait courageusement ses choix (même, nous l'avons vu, les plus discutables) et ne tournait pas autour du pot face à ses opposants (tel Clemenceau, qui était, à l'époque, un porte-parole de la gauche radicale).

Mais bon ... autres temps, autres moeurs.

 

Joseph

12.05.2009

Les Très Riches Heurts du conseil municipal de Saint-Dié (II) : de l'eau et du vent

HôtelVille-Saint-Dié-des-Vosges.jpg

Initialement prévue une semaine plus tôt, puis repoussée dans l'urgence, la réunion du conseil municipal de Saint-Dié a finalement eu lieu le 7 mai.

MacMahon.jpgEn début de séance, l'esprit du maréchal Mac Mahon semblait flotter au dessus des orateurs de la “majorité” pierretiste.

En effet, le “Que d'eau ! Que d'eau !” de l'ancien président n'aurait pas juré face à l'assommante platitude et aux lieux-communs de la demi-heure d'intervention des élus de cette "majorité". Cette fastidieuse logorrhée était destinée à prouver le bien-fondé de la remise à plat totale d'un projet pharaonique que l'on nous présentait pourtant comme chose faite depuis bientôt deux ans : le centre aqualudique Nova America.

Que d'eau ! Que d'eau !

Car les flottements furent nombreux quand le maire et ses adjoints ont été incapables d'apporter des réponses satisfaisantes aux remarques des élus de l'opposition, Damien Parmentier et Serge Vincent. Ces derniers ont rappelé que, depuis le début, ils avaient mis la municipalité en garde contre une délégation de service public (DSP) intégrale (c'est-à-dire la concession à une entreprise privée, comme c'est le cas, par exemple, pour notre eau) et ils ont souligné le manque de concertation sérieuse et, surtout, le temps et l'argent déjà gaspillés sur ce véritable serpent de mer.

Il est vrai qu'à Saint-Dié, entre les serpents de mer (Nova America, pépinière ...) et les futurs éléphants blancs (boulodrome, Nef des cultures actuelles ...), ce n'est pas une piscine mais plutôt un parc zoologique qu'il faudrait construire pour relancer l'attractivité de la cité de Déodat !

Voyant son projet phare mis en cause, Christian Pierret s'est empourpré, comme à son habitude :

Vous avez été touchés voire même blessés par ce qui a été réalisé depuis un an par cette excellente équipe !”

Au moment où le maire prononce ces mots, applaudis par ses séides, le grand écran de la salle du conseil affiche des images ... en 3D et “non contractuelles” [sic.] du projet Nova America !

Question “réalisation”, on aurait pu trouver un meilleur exemple ...

Et dire que les photos [!] de ce projet sans montage financier, sans projet de développement abouti et sans emplacement figuraient encore dans le “compte rendu de mandat” de Christian Pierret, distribué sans compter (quand il s'agit de l'argent du contribuable, on ne compte pas) le mois dernier à tous les Déodatiens (voir, ci-dessous, la photo figurant en couverture et en page 21 de ce gros tract pré-électoral).

 

Nova_America.jpg

Dans le même esprit, le mot de la fin revient (à tout seigneur tout honneur) à Christian Pierret, qui, à propos de la “Pépinière d'entreprises”, a salué : “une belle réalisation ... dont les travaux vont commencer bientôt”. [sic.]

L'histoire ne dit pas si cette fascinante déclaration est due à un hommage informel au surréalisme (St-Dié est, rappelons-le, la ville natale du poète surréaliste Yvan Goll) ou à une fâcheuse tendance à confondre le virtuel et le réel, le “concret” et le vent ...

 

Joseph

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