15.11.2009
Identité nationale : une invention de Pasqua pour siphonner les voix de l’extrême-droite
En 2007, Nicolas Sarkozy a réussi à amadouer une bonne partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen en lui promettant la création d'un Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.
Cette association de la question de l'immigration au thème de l'identité nationale, propre à flatter les passions nationalistes voire xénophobes d'une partie de l'opinion, fut considérée comme une invention diaboliquement habile du candidat Sarkozy.
Le patron de l'UMP n'a pourtant que réemployé une trouvaille, restée jusque-là inopérante, de son mentor neuilléen, Charles Pasqua.
Ce dernier avait en effet utilisé cette expression dans un but semblable près de vingt ans plus tôt, lorsqu'il préparait avec Jacques Chirac le débat télévisé précédant le second tour de l'élection présidentielle de 1988 (28 avril 1988).
JACQUES CHIRAC :
« S'agissant de l'immigration tout court, il faut la stopper, parce que nous n'avons plus les moyens de donner un travail à des étrangers. [...] S'agissant de l'immigration clandestine, il faut évidemment lutter contre cette immigration avec beaucoup d'énergie et reconduire les intéressés à la frontière ou les expulser. Ils ont pris leurs risques en venant chez nous de façon illégale, ils sont le vivier naturel, non pas en raison de leurs origines, naturellement, mais parce que ce sont des marginaux et qu'ils se cachent, ils sont le vivier naturel des délinquants, voire des criminels, il faut donc les expulser. [...]
Alors, je voudrais simplement poser une question : moi, j'ai fait voter des lois pour la sécurité [...] et contre l'immigration, et notamment l'immigration clandestine. En particulier, une loi très importante, celle du 9 septembre 1986 [1] relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. [...] Ma question est la suivante : les Français y sont sensibles, est-ce que votre intervention est de poursuivre ma politique dans ce domaine et, notamment, de maintenir la loi du 9 septembre 1986 ou, au contraire, votre intention est-elle de changer et, notamment, de la faire abroger dans l'hypothèse où vous seriez élu ?
C'est un problème d'identité nationale et de mode de vie des Français et de cohésion sociale. »
FRANCOIS MITTERRAND :
« Vous n'avez pas fait de clin d'œil, là, à personne ? » [2]
CHIRAC :
« Mais, moi, je n'ai pas changé ; j'applique une politique depuis deux ans, monsieur le Président [...] et là c'est en tant que Premier ministre que je l'ai fait. Maintenant, en tant que candidat, je dis à monsieur Mitterrand : qu'allez-vous faire ? Ma politique ou, au contraire, la vôtre ? »
MITTERRAND :
« Je vais vous répondre. Mais, est-ce la vôtre cette politique que vous venez de définir ? »
CHIRAC :
« Celle que j'applique depuis deux ans ... »
MITTERRAND :
« C'est cela, vous voulez dire celle qui pourrait réunir les 51 % dont parlait M. Pasqua l'autre soir ... »
Notes :
[1] La première « loi Pasqua » donne aux préfets le droit de prononcer la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière et rétablit le régime de l'expulsion tel qu'il existait avant 1981.
[2] Au premier tour de la présidentielle du 24 avril 1988, Jean-Marie Le Pen a réalisé un score important, de près de 15 % des voix. Afin d'additionner ce score à celui du candidat du RPR, Charles Pasqua convainc Jacques Chirac de droitiser davantage sa campagne et, surtout, de négocier directement avec Le Pen. La rencontre, organisée au domicile parisien d'un ami de Pasqua, se passe assez mal. Pourtant, le 1er mai, Le Pen appelle à faire barrage au socialisme en votant « pour le candidat résiduel », c'est-à-dire pour Chirac.
Le lendemain, dans Valeurs actuelles, Charles Pasqua déclare : « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité. »
Après sa défaite au second tour, le 8 mai, Jacques Chirac lance à Pasqua : « Tu vois où tes conneries m'ont mené ... ».
Bibliographie :
Franz-Olivier Giesbert, La Tragédie du président : Scènes de la vie politique, 1986-2006, Flammarion, Paris, 2006, chapitre 5, pp. 36-41.
Face à face - Le débat télévisé au second tour de l'élection présidentielle (1974-1995), Textes rassemblés, Editions du Boucher, Paris, 2002 (téléchargeable en pdf)
01:02 Publié dans Objectif 2012, Régionales 2010, UMP | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : le pen, sarkozy, chirac, pasqua, identité nationale, extrême-droite, ump, rpr, fn
11.11.2009
Pour un MoDem libre et audible aux deux tours des régionales : soutenez cette initiative
Afin de lancer un débat nécessaire sur la stratégie des démocrates au second tour des régionales, je vous propose de vous prononcer en faveur d'une stratégie, clairement annoncée aux citoyens, de maintien et d'indépendance de notre Mouvement lors du second dimanche du scrutin.
Sans cette indépendance, nos futurs élus ne pourront pas appliquer ou défendre nos programmes régionaux, novateurs et porteurs d'espoir et sur lesquels nous travaillons depuis plusieurs mois.
Que deviendront nos idées si elles sont noyées dans des majorités de droite ou de gauche ouvertes à des mouvements qui ne partagent pas du tout nos valeurs ?
Serons-nous encore crédibles si nous nous attelons à un des deux blocs clivagistes (UMP ou NC) ? L'électeur de 2010 comme celui de 2012 ne pourra que répondre négativement à cette question.
Notre indépendance est notre force. Elle est également la condition d'une alternance en 2012.
Si vous partagez cette analyse, et si vous souhaitez voter "MoDem" aux deux tours des régionales :
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- ou, si vous n'êtes pas connecté à Facebook, laissez un message dans les commentaires de cette note.
Joseph
11:42 Publié dans MoDem, Objectif 2012, Régionales 2010 | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, stratégie, régionales, alliances, fusions, facebook
01.11.2009
Les électeurs d'extrême-droite, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ...
Le succès électoral de Nicolas Sarkozy en 2007 est dû, en grande partie, au siphonnage effectué auprès de l'électorat de Jean-Marie Le Pen. Ce n'est un secret pour personne : les cathos traditionalistes de St-Nicolas-du-Chardonnet, les nostalgiques rassis du pétainisme et, surtout, les Dupont Lajoie de bistrot ont massivement délaissé le borgne breton au profit de celui qui promettait de nettoyer la société française à grands jets de Kärcher, d'être intraitable en matière d'immigration, d'aller traquer la "racaille" jusque dans le génome, et d'instaurer un ministère de l'Identité nationale.
Que la polémique enfle au sujet du népotisme anti-républicain pratiqué par "le château", et l'on ressort aussitôt les vieilles marottes puantes, destinées non seulement à détourner l'attention des badauds mais aussi à flatter dans le sens du poil toute la multitude extrémiste que je viens d'évoquer plus haut. On se dépêche donc d'envoyer trois Afghans se faire embrocher sur les pals des Talibans avant d'annoncer à grands cris la tenue d'un grand débat sur l' "identité nationale".
Or, à défaut d'être un véritable homme d'Etat, Sarkozy est un politicien avisé : en tant que tel, il devrait se souvenir que les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Du coup, le dernier sondage montre un Front national en progrès de trois points, à près de 10 % des intentions de vote aux régionales ... tandis que l'UMP perd deux points ainsi que la confiance d'une partie de l'électorat modéré.
Quand on joue avec le feu, on finit souvent par se brûler les doigts.
09:59 Publié dans Gouvernement, Objectif 2012, Régionales 2010, UMP | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : identité nationale, besson, morano, le pen, fn, sarkozy
26.10.2009
Les Sarkozy et l'EPAD : reculer pour mieux sauter
Face à une levée de boucliers politico-médiatique qui commençait à trouver un écho (malgré les cloporteries des godillots de l'UMP) auprès des parents des classes moyennes dont les enfants ne trouvent pas de travail malgré leurs diplômes, Nicolas Sarkozy a fini par demander à son fils Jean (23 ans, aucun diplôme, aucune expérience professionnelle) de retirer sa candidature à la présidence de l'EPAD.
Mais le Dauphin sera tout de même un des administrateurs de cet établissement public stratégique. Le loup est donc bel et bien dans la bergerie : il ne reste plus qu'à trouver un quelconque élu UMP pour servir d'homme de paille afin de s'assurer de l'imbrication docile du quartier d'affaires dans les projets élyséens du "Grand Paris".
François Bayrou voit dans ce recul "un tournant", considérant que le pouvoir a cédé face au mécontentement du peuple.
Je ne partage pas vraiment cette dernière analyse. En réalité, Nicolas Sarkozy ne fait que reculer d'un pas après avoir, une nouvelle fois, "testé" l'opinion pour voir jusqu'où il pouvait aller dans ses tentatives quotidiennes de viol des valeurs républicaines. Quand l'opinion aura les yeux tournés vers un autre spectacle ou d'autres préoccupations, il avancera à nouveau de deux pas, acculant progressivement la République au précipice.
Cette méthode, si l'on en croit l'historien Pierre Milza, était déjà celle du tout premier président, triomphalement élu, qui n'a fait que se servir de la République pour mieux l'assassiner :
"Les malheurs et les échecs avaient depuis l'enfance accoutumé Louis-Napoléon à dissimuler sa pensée, à ne pas dévoiler ses plans, à faire machine arrière lorsqu'il rencontrait une résistance trop forte, bien décidé à reprendre l'initiative une fois le danger écarté."
(Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004, p. 188-189)
11:48 Publié dans Objectif 2012, UMP | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, népotisme, bayrou, ump, epad, défense, louis-napoléon bonaparte, bonapartisme, napoléon iii, milza
20.09.2009
Les citoyens méritent quand même la cohérence
[Illustration : Giovanni Benedetto Castiglione, L'Entrée des animaux dans l'arche, v. 1650-1664]
En écoutant l'émission L'Esprit public du 13 septembre, j'ai été amusé par l'intervention d'un des invités qui a comparé la majorité présidentielle à l'arche de Noé. Rappelons qu'à l'issue de l'épisode biblique, la myriade d'animaux embarquée par le vénérable ivrogne avait été sauvée de la fureur du déluge et, par conséquent, de l'extinction. Dans le cas de la majorité présidentielle, il n'est pas exclu que certaines espèces se fassent dévorer par leurs compagnons de soute avant la décrue.
En effet, quoi de commun entre les laïcs radicaux-valoisiens et les catholiques ultraconservateurs de Mme Boutin ? Quoi de commun entre les ex-centristes pro-européens partis à la soupe et les souverainistes anti-européens de M. de Villiers ? Cela me rappelle un peu l'affiche de Sennep contre le Front populaire, sur laquelle le communiste Cachin fraternisait avec le radical Herriot et le socialiste Blum pour mieux les avaler goulûment. Dans le cas de la Droite de 2009, c'est bel et bien Sarkozy qui compte tenir le rôle de l'ogre. Mais attention aux indigestions ...
Cette étonnante et hétéroclite coalition devrait faire ses preuves dès 2010. Pour les régionales en Lorraine, la liste de l'UMP sera ainsi ouverte "du centre gauche à de Villiers" [Vosges Matin, 13/09]. Objectif ? Réaliser le plus gros score possible dès le premier tour afin de créer une dynamique pour le second tour.

A gauche, le PS rêve de pouvoir réaliser le même grand écart acrobatique : « Qu’on se rassemble autour d’un compromis, jusqu’au MoDem, jusqu’au NPA ! » a récemment déclaré le président sortant de la région Lorraine, Jean-Pierre Masseret [Le Républicain lorrain, 13/09]. Il sait pourtant que les deux partis évoqués sont aussi conciliables que l'eau et l'huile. Le premier est humaniste et libéral, le second est extrémiste et antilibéral. Le premier tient à son indépendance, le second méprise le PS et exclut toute participation à l'exercice des responsabilités. Dans ces conditions, il paraît difficile à M. Masseret de coller, en faisant l'économie de tout choix politique et de toute cohérence, des alibis démocrates aux côtés d'alibis anticapitalistes sur la vitrine de l'unilatéralisme socialiste. Les communistes, eux, suivront (c'est leur seule chance de conserver leurs sièges), tandis que Les Verts, prenant leurs distances avec un Cohn-Bendit moins clivagiste, feront monter les enchères ... mais le MoDem, lui, restera indépendant.
[Illustration : Jean-Pierre Masseret en 2008]
Si nous, démocrates, avons renoncé à être l'armée de réserve "centre-droit" de l'UMP, ce n'est pas pour devenir les supplétifs "centre-gauche" du PS.
Nos électeurs comptent sur nous pour incarner et proposer une véritable alternative aux partis qui ont déjà eu l'occasion de faire leurs preuves. Nous ne devons pas décevoir cette attente, mais rester fidèles à nos valeurs, à notre impartialité, et construire un projet efficace pour nos régions. Un projet à défendre au premier tour ET au second. Une démarche cohérente, au service d'un projet cohérent.
10:18 Publié dans MoDem, Objectif 2012, PS, Régionales 2010, UMP | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ump, ps, masseret, lorraine, modem, npa, de villiers, boutin
06.09.2009
"Parlement de l'alternance" : il ne faut pas oublier la droite non sarkozyste
J'ai écouté avec beaucoup d'intérêt le discours de clôture des Universités de rentrée du MoDem, prononcé cet après-midi par F. Bayrou.
Comme d'habitude, le tableau de la France dressé au début était plutôt pertinent mais un peu convenu. Concernant la présentation de notre famille politique, certains rapprochements m'ont paru abusifs (le triomphe électoral du PDJ japonais, fondé sur un programme très démagogique et intenable, ne doit pas être présenté comme un modèle). Quant au gag de la mouche, il m'a davantage laissé perplexe (clin d'oeil involontaire à Obama ?) qu'amusé.
Ces quelques réserves mises à part, l'ensemble du discours était bien construit : j'ai bien aimé l'annonce prélable du plan, où l'on reconnaît bien le prof derrière l'homme politique. Certaines déclarations, notamment sur l'éducation, m'ont fait chaud au coeur. Outre les douze idées formulées en conclusion, on a pu entendre quelques propositions très concrètes (exemple : prime à la casse pour les chaudières) et, sur certains projets gouvernementaux (taxe carbone, réforme des collectivités locales), Bayrou ne s'est pas comporté en opposant systématique : il y a apporté une réponse constructive et même assez favorable, moyennant certaines réserves sur la méthode de réalisation.
La partie la plus attendue du discours était cependant celle qui devait porter sur la stratégie du MoDem vis-à-vis des autres partis de l'opposition. Tout en réaffirmant que son parti n'avait pas de gage à donner à Martine Aubry et ne connaîtrait d'autre "primaire" que le premier tour des grandes élections (régionales, présidentielle), Bayrou s'est prononcé pour l'ouverture d'un dialogue ou d'un débat public entre tous ceux qui ne souhaitent pas la réélection de Nicolas Sarkozy en 2012. Il a parlé à ce propos d'un "Parlement de l'alternance" (pourquoi pas un "Jeu de Paume" de l'alternance ?), destiné à servir de terrain d'échange entre les différents acteurs du changement.
Concernant ces derniers, je reproche à Bayrou de ne pas s'être montré assez explicite. En affirmant sa volonté de dialogue avec des mouvements politiques "différents", il devrait savoir que la majorité des Français pensera que cela n'implique que des partis "de gauche", dont les communistes ... alors que ces derniers y sont parfaitement hostiles : rappelons que Robert Hue, présent aux côtés de Peillon et Sarnez à Marseille, anime aujourd'hui un club "progressiste" très en marge du PCF.
En réalité, il serait bon de rappeler que Bayrou tend depuis longtemps la main aux formations politiques républicaines non sarkozystes, qu'elles soient effectivement de gauche (sociaux-démocrates du PS, modérés des Verts) ... ou de droite (libéraux, gaullistes). Je trouve dommage que cette dernière famille politique n'ait pas été évoquée cet après-midi. Pour rester indépendant tout en acceptant de rassembler au-delà des vieux clivages (idée forte de la campagne de 2007), il me paraît important de réserver, dans cet hypothétique "Parlement de l'alternance", une place conséquente aux femmes et hommes "de droite" déçus par Sarkozy. Je pense notamment aux partisans de Dupont-Aignan (dont le souverainisme, d'essence gaulliste, est bien plus modéré et intelligent que les éructations d'un De Villiers) et aux villepinistes (au moment où le destin de leur chef est à un tournant intéressant), qui, pour paraphraser la citation empruntée à Mgr Claverie, incarnent une autre de ces vérités qui nous manquent.
Pour être valable, la stratégie de Bayrou doit conserver son équilibre : négliger notre aile droite serait une erreur, car la France n'est pas à gauche. Pour pouvoir incarner en 2012 la "synthèse" des acteurs de l'alternance, Bayrou doit s'assurer du pluralisme de son "Parlement" virtuel ... et rester au-dessus de la mêlée.
18:47 Publié dans Objectif 2012 | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, ps, verts, ump, sarkozy, bayrou, villepin, dupont-aignan, 2012, alternance, aubry
31.08.2009
Sinistre sinistrisme
Dans ma note précédente, j'ai évalué la part de progressistes au sein du Parti socialiste à environ 40 %. Parmi les 60 % restants, on retrouve les scories du vieux socialisme d'Epinay, avec son tic exaspérant du sinistrisme, qui consiste à tenir un discours gauchiste pour ne pas être complexé et distancé par les formations démagogues d'extrême-gauche (le PC autrefois, le NPA aujourd'hui).
L'Université d'été du PS à La Rochelle, pendant laquelle les militants continuaient à chanter l'Internationale, s'est en effet achevée sur une nouvelle démonstration de surenchère verbale "à Gauche" ... à la fois archaïque, intenable et irresponsable.
Morceaux choisis du discours de clôture de Martine Aubry :
"Tout d’abord, un remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages modestes, non imposables, qui n’ont pas bénéficié du remboursement des deuxième et le troisième tiers de l’impôt sur le revenu. Le coût est de 3,2 milliards d’euros, qui se retrouveront ici immédiatement dans la croissance et l’emploi."
"Nous demandons le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans."
"Le Parti socialiste propose une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise [bénéficiaire mais qui délocalise] par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements."
[A propos de l'analyse des origines de la crise] "C’est là que commence la différence entre les libéraux et les autres, entre eux et nous, la gauche".
"Nous entrons dans la construction de la maison commune de la gauche, car la gauche, c’est notre histoire, c’est notre avenir."
Ce discours sinistriste et antilibéral ne peut constituer une alternative crédible au système actuel (lui-même antilibéral car ultralibéral) ou aux dérives du sarkozisme. Il maintient le parti de la rue de Solférino dans de vieux schémas perdants (l'étatisme, la pression fiscale sur les classes moyennes, l'acroissement des dépenses, les aides à la consommation plutôt qu'à l'investissement) auxquels les Français ne croient plus. Cette tendance, aujourd'hui à la tête du PS avec l'archaïque Martine Aubry et le sinistre Benoît Hamon, est celle de la social-démocratie complexée, qui ne s'assume pas, et qui refuse de comprendre que la France n'est pas "de Gauche".
Il y aura certainement un jour où les militants et les élus les plus lucides finiront pas se séparer de ce vieux socialisme, relégué dans la poussière idéologique d'un Mélenchon ou d'un Besancenot, et accepteront de jeter un regard moins sectaire sur leur droite ... En attendant, la machine perdante est lancée, et à toute vitesse, contre le mur de 2012.
10:00 Publié dans Objectif 2012, PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, aubry, socialisme, la rochelle, hamon, social-démocratie, démagogie
19.08.2009
Brève de comptoir : les alliances de l'UMP
L'alliance de l'UMP avec le parti des chasseurs en vue des régionales de 2010 et de la présidentielle de 2012 ?
Normal. Continuité stratégique :
Aux européennes, leur meilleur allié a bien été le parti des pêcheurs ...

19:35 Publié dans Objectif 2012, Régionales 2010, UMP | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cpnt, nihous, ump, abstention, alliances, régionales, 2010
29.07.2009
Les anomalies du redécoupage électoral
Les circonscriptions électorales nécessitaient un redécoupage. Le Conseil constitutionnel l'exigeait depuis une vingtaine d'années en raison des transformations démographiques. Il s'agissait donc de créer de nouvelles circonscriptions dans certaines zones très peuplées mais sous-représentées à l'Assemblée nationale, et, parallèlement, de supprimer certains "bourgs-pourris" dépeuplés.
Sur cette base logique, l'entreprise de redécoupage aurait pu être parfaitement consensuelle.
Or, plusieurs points légitiment la polémique :
1. Le chantier a été confié à des membres de l'actuelle majorité : cette dernière se retrouve ainsi juge et partie. Membre de l'UMP (dont il était "secrétaire national aux élections"), M. Marleix ne pouvait qu'être suspecté de préjugés partisans ... alors qu'une réforme de cette ampleur aurait du être confiée de A à Z à une personnalité neutre ou, à défaut, à une commission parfaitement mixte sur le plan politique.
2. Les électeurs sont libres : ils n'appartiennent à personne et peuvent voter, s'ils le souhaitent, contre leurs intérêts socio-professionnels et contre leurs intérêts de classe (ce qui s'est d'ailleurs largement produit en 2007). Ceci dit, les difficultés rencontrées par M. Marleix pour faire accepter par ses amis politiques la suppression de 15 circonscriptions actuellement détenues par la majorité (contre 18 à l'opposition) démontrent le poids des calculs partisans qui s'effectuent en prenant en considération le profil sociologique et politique propre à chaque zone.
3. On parle d'un critère objectif de 125 000 habitants par circonscription.
Or, pourquoi prendre en compte le nombre d'habitants plutôt que le nombre d'électeurs ? Je ne suis pas sûr que cela revienne absolument au même.
4. Ce critère ne semble pas avoir été appliqué partout. Si l'on regarde la situation des Vosges, département peuplé de moins de 380 000 habitants, on ne peut que s'étonner de la persistance de quatre circonscriptions : 380 000 / 125 000 = 3 (et des poussières). Or, ces quatre circonscriptions sont actuellement détenues par la majorité, dans un département où le poids politique d'un ancien président du Sénat reste très important : dans ces conditions, on peut se poser des questions sur l'impartialité du redécoupage.
5. A nombre de députés constant (577), on va créer 11 sièges pour représenter les "Français de l'étranger". Outre le fait que ces derniers sont plutôt favorables à la Droite, on peut s'interroger sur la légitimité de telles circonscriptions extra-territoriales. En quittant son pays, auquel il ne verse donc plus d'impôt et à l'économie duquel il ne contribue plus, un citoyen expatrié (quelquefois par volonté d'évasion fiscale) a-t-il autant de légitimité dans le débat démocratique qu'un citoyen vivant sur le territoire national ? On pourra objecter à cette remarque le principe suivant : les députés représentent des électeurs et non des territoires. Or, pourquoi ne pas rattacher dès lors ces expatriés à leurs circonscriptions d'origine ?
Tous ces points posent problème et font de cette réforme une usine à gaz contestable et contestée, mettant ainsi en cause la légitimité et la représentativité des députés qui seront élus en 2012.
Il y aurait bien un moyen de sortir de ce débat inextricable tout en renforçant la représentativité de la Chambre basse, mais il irait à l'encontre du monopole concerté de l'UMPS : l'adoption du scrutin de liste avec une part non négligeable (à définir) de proportionnelle. Dans ce cas, il n'y aurait plus de circonscriptions, plus de "bourgs-pourris" partisans, et tous les électeurs auraient le même poids !
Joseph
10:53 Publié dans Objectif 2012, PS, UMP | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : marleix, circonscriptions, redécoupage, charcutage, vosges, français de l'étranger, ump, ps





