01.11.2007
La Liberté au fond Dupuy : histoire d’une tentative de censure
Je me permets de revenir sur une scandaleuse affaire d’abus de pouvoir, déjà traitée il y a quelques jours par une note d’un autre démocrate vosgien, Jérôme.
Dans le cadre de la phase de « consultation des publics », étape intermédiaire entre la première phase d’ « élaboration de propositions d’action » et la phase finale consacrée aux « plan d’action et programmes » du fameux Grenelle de l’environnement (phase finale que beaucoup jugent déjà décevante et qui attend à présent une ébauche de concrétisation), plusieurs réunions ont eu lieu dans les régions pour permettre des « débats publics » sur les propositions avancées par les groupes de travail.
Or, d’aucuns ont critiqué le faible degré d’interactivité de ces réunions, osant ainsi égratigner le vernis consensuel que Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo voulaient appliquer à cette entreprise.
Couvrant la réunion organisée le 19 octobre à Epinal (Vosges), les journalistes du quotidien régional La Liberté de l’Est n’ont pas hésité à porter un regard critique sur une manifestation dont ils ont pointé les défauts d’organisation, la superficialité du fond, la trop faible participation des citoyens, ainsi que l’aspect plébiscitaire et « pré-mâché » des échanges, contraire à l’esprit d’un débat ouvert.
Ils se sont aussitôt attiré le courroux du nouveau préfet du 88, M. Dupuy, ancien dir’cab de Jean-Louis Borloo, qui a imaginé une astucieuse mesure de représailles pour châtier les journalistes insolents.
Il ordonna en effet aux pompiers, gendarmes et autres services de police du département de ne plus communiquer avec les journalistes de La Liberté de l’Est (et, notamment, en ne les informant plus en matière de faits divers locaux).
Cet embargo médiatique, signalé depuis dans les colonnes du Nouvel Obs’ ainsi que sur le vigilant site d’ "Arrêt sur Images", n’a pas manqué d’être dénoncé par le Syndicat national des journalistes (SNJ), qui a condamné de telles « mesures de rétorsion, indignes d’un représentant de l’Etat », et qui en a profité pour rappeler « que l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, tout comme l’article 10 de la Convention européenne de ces mêmes Droits de l’homme, se réfère explicitement au droit du public à recevoir l’information [et que] le droit d’informer est également rappelé dans les articles 10 et 11 de la Déclaration des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, reprise en préambule de la Constitution française du 4 octobre 1958 ».
Face à l’indignation légitimement suscitée par cet abus de pouvoir et par cette tentative de censure indirecte, le préfet a finalement cédé, levant l’embargo au soir du 25 octobre.
Il a ainsi démontré, bien malgré lui, que, malgré les pressions, les intimidations et autres coups bas, les médias et les citoyens peuvent encore faire valoir leurs libertés fondamentales, et qu’il ne faut jamais se résigner à se taire et à accepter l’inacceptable.
"La liberté d'expression ne s'use que si l'on ne s'en sert pas" ...
Chers lecteurs, je m'engage à ce que ce blogue, dont vous consultez la 50ème note, suive toujours ce fameux adage.
17:03 Publié dans Libertés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, Liberté, Presse, médias, Vosges, politique, Grenelle
17.10.2007
« Je préfère l'excès de caricature à l'excès de censure » (N.S.)
« Je préfère l'excès de caricature à l'excès de censure. »
Nicolas Sarkozy, jeudi 2 février 2006.
Et l'excès de zèle des fonctionnaires de police ?
(Extrait du JT de la RTBF du 13/10/2007)
P.S. : Voir à ce sujet l'article de Libé.fr (par F. Vignal, lundi 15 octobre 2007) et la caricature proposée par Nicolas Vinci.
08:55 Publié dans Libertés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, politique, UMP, UNEF, caricature, liberté d'expression




