04.06.2009
J - 3 : Le programme du MoDem pour l'Europe
Pour conclure ce compte à rebours entamé au mois de novembre, voici les points du programme des démocrates qui me paraissent les plus intéressants et les plus dignes de recueillir, dimanche, le suffrage des électeurs :
1. Créer un plan de relance européen orienté vers une croissance verte et financé par un emprunt européen
Mettre en oeuvre un plan de relance européen, qui doit comporter trois volets complémentaires : des dépenses d'avenir pour aider les PME (investissement dans la structure industrielle existante), des mesures de solidarité envers les plus démunis et les classes moyennes (politique d'urgence sociale), et des investissements à plus long terme vers une croissance verte, grâce notamment à la mise aux normes durables des bâtiments et au développement des transports propres. Le budget de le recherche sera quant à lui doublé et les projets jugés "stratégiques" pour l'avenir seront financés par un fonds spécial.
Ce plan de relance sera financé par un emprunt européen qui pourra atteindre jusqu'à 3 % du PIB.
2. Faire de l'Europe, et au premier plan la zone euro, un acteur de la régularisation de la mondialisation
Renforcer le budget européen grâce à une taxe carbone et une taxe sur les mouvements spéculatifs.
Supprimer les stock-options et les paradis fiscaux, afin d'harmoniser les règles du jeu économique.
Peser sur la réforme de l'OMC pour y intégrer les exigences sociales et environnementales nécessaires à un développement responsable.
N'autoriser l'importation de produits que lorsqu'ils respectent nos normes (sanitaires, éthiques et écologiques).
3. Harmoniser les politiques sociales vers le haut, pour empêcher les dumping et ré-affirmer le droit aux services publics
Garantir à tous les européens des services publics (santé, éducation, formation tout au long de la vie ...) de qualité, qui feront l'objet d'une directive-cadre.
Instaurer "la clause de l'Européenne la plus favorisée" afin d'étendre à toute l'Europe la version la plus progressiste des droits des femmes.
Développer la notation sociale (et environnementale) des entreprises.
4. Préserver notre environnement et notre santé
Orienter la recherche européenne vers un grand programme destiné à développer les énergies du futur.
Instaurer un moratoire sur les OGM tant que des recherches indépendantes n'auront pas évalué tous leurs effets.
Orienter les financements des fonds sociaux vers la formation aux nouveaux métiers du développement durable.
Promouvoir une agriculture européenne de qualité, durable car respectueuse de l'environnement, basée sur un tissu d'exploitations à taille humaine.
5. Promouvoir une démocratie européenne transparente et intégrant davantage les citoyens
Organiser des débats publics consultatifs trois mois avant les prises de décision.
Instaurer un référendum d'initiative européen, afin de permettre aux citoyens d'interpeller leurs élus et de prendre leur part d'initiative législative.
Garantir les droits fondamentaux de tous les européens, ainsi que la protection des données personnelles sur Internet.
Assurer, partout, l'indépendance de la justice.
6. Faire de l'Europe une puissance mondiale influente et au discours cohérent
Coordonner les diplomaties nationales et "jouer collectif" dans les grands organismes mondiaux (FMI, Banque mondiale, OIT ...).
Instaurer une défense européenne indépendante qui proposerait une alternative à l'OTAN, cette dernière alliance étant sous influence américaine.
Voilà donc quelques points forts de ce programme.
Il est parfaitement réalisable.
Il est indispensable.
Or, pour pouvoir le mettre en oeuvre, il ne manque plus qu'une seule chose : l'appui des citoyens, appelés aux urnes ce dimanche 7 juin.
Ce grand rendez-vous démocratique continental, unique au monde, sera déterminant pour notre avenir, car il porte sur une législature (2009-2014) qui correspond à une période charnière de l'Humanité : des décisions cruciales seront prises, et elles nous engageront tous.
Ne laissons pas passer cette chance !
19:07 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, jean-françois kahn, nathalie griesbeck, européennes, 7 juin
01.06.2009
J - 6 : Les mensonges de Martine Aubry et de ses amis (suite)
Un journaliste de Libération (quotidien de gauche, d'après ce que je crois savoir) avait pourtant dénoncé les "contre-vérités" du PS de Martine Aubry à l'égard du MoDem.
Suffisant pour la ramener, elle et ses amis, à la raison ?
Non.
Surtout pas au moment où le PS fait piêtre figure dans les sondages et où le MoDem de François Bayrou convainc davantage de Français pour mener l'opposition au système Sarko-Barrosien. Il faut donc lancer des "boules puantes" et faire des croc-en-jambes au gêneur : raconter que Bayrou et ses partisans sont d'horribles "sauvages" ultralibéraux, qu'ils n'ont pas de programme ...
L'UMP, ravie de sa place dans les sondages et des chances de succès que lui confèrent les abstentionnistes, est néanmoins inquiète de voir ses concurrents les plus inoffensifs perdre trop de terrain au profit d'adversaires plus résolus : elle se joint par conséquent à la manoeuvre. L'union sacrée anti-Bayrou est relancée : vous l'avez aimée en 2007 ? On vous la réchauffe pour 2009 ! Le duo a d'ailleurs trouvé une idée assez astucieuse : laisser monter médiatiquement Cohn-Bendit pour donner un semblant de rival au MoDem ...
Pour en revenir aux mensonges des socialistes, je vous invite à lire l'excellente réfutation, point par point, publiée sur le blog Orange pressée et dont je me permets de reprendre, en les complétant, les axes principaux.
1. Ils disent que le MoDem n'a pas de programme ?
Il est vrai qu'à l'automne dernier, alors que près de 5000 démocrates bossaient sur le projet européen dans des commissions thématiques et d'autres groupes de travail, le PS était trop occupé à s'écharper à Reims et l'UMP trop absorbé par la préparation des régionales pour se rendre compte qu'un parti s'occupait réellement des enjeux européens.
Le résultat ? Un programme complet du MoDem pour la législature 2009-2014 ... alors que l'UMP en est à rejouer les campagnes présidentielles de 2002 (sécurité) et de 2007 (Sarko l'homme providentiel) ... alors que le PS se retranche derrière le programme hypocrite d'une alliance hétéroclite (le PSE, qui va des amis de Benoît Hamon à ceux de Gordon Brown) qui vote la plupart du temps de concert avec la droite et qui soutiendra la reconduction de l'utralibéral Barroso à la tête de la Commission.
2. Ils disent que le MoDem est libéral et, par conséquent, dangereux pour les services publics ?
Première remarque : Martine Aubry feint tout le temps d'ignorer la distinction entre libéralisme et ultralibéralisme (ou anarcho-libéralisme).
Le libéralisme, outre ses aspects politiques (libertés individuelles telles que la liberté d'expression, liberté de la Presse, multipartisme, élections libres ... soit le libéralisme politique né en 1789) et ses aspects sociaux ou sociétaux (garantie des libertés individuelles face aux oppressions religieuses ou étatiques ... soit le libéralisme synonyme de "Gauche" chez les Anglo-saxons), ne doit pas être rejeté en matière économique car, en revendiquant des libertés (liberté de circuler, liberté d'entreprendre et d'innover ...), il implique immédiatement que ces libertés sont, à l'instar de toutes les autres, protégées par leurs propres limites. Pour les démocrates, ces limites se résument en une préoccupation : faire de l'Humain le centre du système, et non pas un outil asservi au système. Tout le contraire de l'ultralibéralisme qui, sous couvert de "réformes" (terme consensuel cachant en réalité une volonté de dérégulation et de destruction des gardes-fous sociaux), met en place une loi de la jungle d'une brutalité extrême dans laquelle l'Humain est irrémédiablement broyé.
Deuxième remarque : En admettant que Martine Aubry pensait bien aux ultralibéraux ... ces derniers sont-ils les alliés du MoDem au Parlement européen ?
Ils appartiennent en effet à un grand groupe parlementaire, l'ADLE (Alliance des Démocrates et Libéraux pour l'Europe). Au sein de cette alliance simplement destinée à équilibrer les rapports de forces (entre les groupes du PPE et du PSE), le Parti démocrate européen (PDE), qui regroupe essentiellement le MoDem et le centre-gauche italien, vote systématiquement contre les propositions de dérégulation avancées par les composantes les plus ultralibérales de l'ADLE, qu'il retrouve plutôt sur ses conceptions libérales - au sens politique du terme - de l'Europe. C'est d'ailleurs un eurodéputé MoDem, Bernard Lehideux, qui avait proposé d'exclure de la tristement célèbre "directive Bolkestein" tous les services publics ou sociaux, afin d'éviter tout effet de "dumping social".
Le MoDem défend donc les services publics au niveau européen, n'en déplaise aux fabulistes du PSE !
3. Ils disent que Bayrou détourne le scrutin et ne pense qu'à 2012 ?
Présenté par ceux qui ne l'ont pas lu - ou qui font semblant de ne pas l'avoir lu - comme un "pamphlet anti-Sarkozy" (alors que l'auteur ne s'intéresse pas à l'homme-Sarkozy, mais au système-Sarkozy), Abus de pouvoir est sorti à l'occasion du second anniversaire de l'élection présidentielle de Nicolas Sarkozy. Leader d'une des principales formations politiques françaises, Bayrou était tout à fait dans son rôle en dressant un inventaire, un constat, un examen critique de la politique menée depuis deux ans par ses adversaires. Il accomplissait ainsi son devoir d'opposant, fidèle aux citoyens qui lui en ont donné le mandat.
Bayrou a dressé ce constat dans un ouvrage pourvu de qualités littéraires et de formules percutantes. Le PS a fait la même chose, à sa façon, mais avec une revue distribuée en interne (hebdo des socialistes du 6 mai). Juste une question de style, donc.
Bayrou prépare-t-il 2012 ? Indubitablement ... et heureusement, car le grand projet alternatif que nous proposerons aux Français se construit jour après jour, et non pas, au dernier moment, dans une de ces grandes bouffées de démagogie aux mille "priorités" et aux mille promesses intenables propres aux deux grands partis clivagistes.
Bayrou néglige-t-il les enjeux européens au profit d'enjeux franco-français ? Au contraire, il les lie intimement dans une vision d'ensemble, en réaffirmant sa volonté d'intégrer davantage la France dans une UE capable d'harmoniser vers le haut et de proposer des solutions concertées aux crises et aux autres défis planétaires. La question de la place de la France dans le monde passe en efet par son rôle au sein de l'Union. En reliant les débats strasbourgeois (ceux que les démagogues désignent comme le fait d'une lointaine "Bruxelles") à leurs conséquences sur le plan national (et, surtout, par leur poids dans notre législation), Bayrou et les candidats du MoDem tentent de démontrer aux citoyens français que l'UE est omniprésente dans leur vie. Il est par conséquent indispensable d'envoyer à Strasbourg des parlementaires européens compétents, porteurs d'une vision humaniste de l'intégration et du développement de l'Europe politique.
4. Ils disent que le MoDem est contre un emprunt européen ?
C'est Harlem Désir, à court d'arguments face à Marielle de Sarnez, qui a balancé cette énormité. Orange pressée démonte ce mensonge en rappelant l'amendement, adopté sur la proposition d'un eurodéputé MoDem, dans lequel le Parlement européen établit le principe d'un emprunt européen.
Lors de sa venue à Saint-Dié, Jean-François Kahn avait quant à lui exposé un projet d'emprunt européen, qu'il comparait aux grands "emprunts nationaux" de notre Histoire, et dont les taux d'intérêt différenciés favoriseraient les classes moyennes. Dans le programme du MoDem (p. 2), il est question de "financer le plan de relance européen par un emprunt européen, qui pourra atteindre selon l'évolution de la crise jusqu'à 3 % du PIB". L'emprunt européen est donc bien un projet du MoDem !
Forte d'un programme ambitieux et crédible, qui remet l'Humain et ses libertés individuelles, collectives et civiques au coeur du système, la stratégie du MoDem est à la fois fondée sur l'opposition (opposition au règne de l'argent et du profit souhaité par Sarkozy en France et par Barroso dans toute l'Europe) et sur la proposition (le programme du MoDem).
Face à la frilosité et à l'égoïsme des conservateurs des deux partis clivagistes, qui savent si bien s'entendre pour bloquer le changement, il est temps de briser les mensonges et de créer, enfin, une Europe démocrate et humaniste.
Joseph
11:15 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aubry, martine aubry, ps, pse, modem, libéral, européennes, élections, programme du modem
31.05.2009
J - 7 : Citoyens, réveillez-vous !
Hier, j'avais revêtu mon t-shirt orange (dont la couleur rappelle à un journaliste local, qui m'en a fait la remarque malicieuse, le monstre gentil des programmes télévisés de son enfance) pour aller tracter avec d'autres militants déodatiens du Mouvement démocrate.
Après avoir distribué notre programme et notre liste sur un marché, je ne peux que dresser un constat mitigé des réactions des personnes abordées, dont une grande partie ignore tout des enjeux, des modalités et même de la date (!) des élections européennes de la semaine prochaine.
Florilège de réactions de passants :
"Ah non, pas de politique !" Commentaire : Il y a sans doute des gens qui préfèrent ne jamais prendre leurs responsabilités pour mieux se blottir dans un confortable "Tous pourris" qui justifie bien mal leur refus ou leur peur du choix. Quand l'abstentionnisme cherche à se parer d'une idéologie de comptoir ...
"Je ne vote pas ici" Commentaire : Les circonscriptions électorales regroupent plusieurs régions (la circonscription Grand-Est correspond à l'Alsace, la Bourgogne, la Champagne-Ardenne, la Franche-Comté et la Lorraine). Tous les passants qui répondaient ainsi étaient en réalité domiciliés dans la même circonscription ... sans le savoir.
Plutôt que de diffuser des clips orientés assimilant l'Europe à un consensus mou orchestré par les partisans de Sarkozy, le pouvoir en place aurait mieux fait d'informer plus sérieusement les citoyens sur les enjeux et les modalités du scrutin. En réalité, il n'y voyait aucun intérêt, tablant sur un fort taux d'abstention (corrélatif à une démobilisation des oppositions) qui pourrait s'avérer favorable à ses listes.
[A propos de François Bayrou] "On ne peut pas dire qu'on est à gauche quand on est un mec de droite" Commentaire : Bayrou n'a jamais affirmé qu'il était "à gauche" ou de l'autre côté de ce stupide et illusoire clivage. Il est aujourd'hui au centre (et, indubitablement, au centre des craintes du PS et de l'UMP), et, si l'on reprend la formule judicieuse de Jean-François Kahn, il est "en avant". Le Mouvement démocrate (PDE) est en effet à l'avant-garde, devant les conservateurs que sont l'UMP (PPE) et le PS (PSE), dont les votes sont d'ailleurs le plus souvent convergents au Parlement européen.
Heureusement, bien des passants nous ont réservé un accueil plus chaleureux (plus républicain, pourrait-on dire), en nous confiant, pour certains, qu'ils voteraient pour le MoDem, qu'ils étaient conscients de la part prépondérante de l'application des directives européennes dans notre législation nationale (il y a encore des citoyens bien informés !), ou, tout simplement, en nous promettant qu'ils liraient le programme des démocrates avant de faire leur choix.
Se rendre aux urnes dimanche prochain, c'est se prononcer sur le rôle et l'esprit de l'Europe pour les cinq prochaines années à un moment crucial de l'Histoire de l'humanité (crise du capitalisme, crise écologique, crise sociale, crise démocratique, émergences de nouvelles puissances, montée en puissance de nouveaux risques ...). Citoyens, ne laissez pas passer cette opportunité unique : le 7 juin, votez !
09:02 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abstention, européennes, 7 juin, élections, modem
25.05.2009
J - 13 : Mini-quizz : Lequel de ces partis n'a pas jugé utile de présenter une liste en Outre-Mer ?
1. Le Front de Gauche (Parti de Gauche + Parti communiste français) ? 
2. Le Front national
?
3. Le Nouveau Parti Anticapitaliste (qui a repris à son compte les slogans "anti-pwofitasyon" du LKP) ?
Réponse : 1, 2 et 3 !
15:41 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, 7juin, élections européennes, npa, besancenot, mélenchon, pg, front de gauche, fn, front national
24.05.2009
J - 14 : Bilan de mandat d'une députée européenne démocrate
Avec un taux de présence dans l'hémicycle de plus de 80 % et plus de 50 interventions lors des débats de la dernière législature européenne, Nathalie Griesbeck est une eurodéputée assidue.
Membre de la commission du budget, elle s'est particulièrement investie dans la mise en oeuvre et le suivi des politiques européennes de développement régional et de cohésion sociale.
Membre de commissions et d'intergroupes concernant des thématiques aussi diverses que les transports ou les liens Europe-Tibet, Nathalie Griesbeck est sans doute un des représentants français au Parlement européen les plus expérimentés.
Cet engagement et cette expérience sont un atout pour la construction d'une Europe humaniste à la fois sociale et performante.
Par volonté de transparence et pour prolonger sur la toile ses actions sur le terrain de l'euro-circonscription du Grand-Est, elle rend régulièrement compte de ses travaux sur son site et son blog. Elle vient ainsi de publier son bilan de mandat, que je vous invite à consulter.
15:01 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nathalie griesbeck, griesbeck, européennes, parlement européen, 7 juin, modem
20.05.2009
J - 18 : Les mensonges de Martine et de ses amis
Martine Aubry et ses amis mentent aux Français.
Ils ne mentent pas par principe ou par vice.
Mais par peur.
Peur que leur incapacité à s'opposer (Martine Aubry a d'ailleurs refusé d'être qualifiée d' "opposante", ce qui en dit long) et à tracer une nouvelle perspective crédible ne les fasse sombrer dans la marginalité.
Peur de la vacuité de leur projet européen.
Peur du nouveau grand parti qui, après avoir entrepris sa campagne européenne avant toutes les autres grandes formations (l'une ne s'occupait alors que des régionales, l'autre était empêtrée dans un congrès de scission), après avoir organisé des "cafés démocrates" souvent très didactiques et toujours très pertinents sur le fonctionnement de l'UE et les réformes que l'on doit y mener (j'ai assisté à l'un d'eux où intervenait l'eurodéputée Nathalie Griesbeck), après rappelé sa filiation idéologique avec les pères fondateurs de la construction européenne ... est aujourd'hui critiqué par ses concurrents de Droite comme de Gauche pour s'être soi-disant éloigné des questions européennes. Quand la mauvaise foi fait oeuvre de rhétorique ...
Mais le plus gros(ssier) mensonge réside dans un racourci intenable : selon Martine Aubry et ses amis, le Parti démocrate européen (PDE), au sein duquel siège les eurodéputés du MoDem, serait un complice sans vergogne des faucons de l'ultra-libéralisme et des dérégulations antisociales.
Pour rétablir la vérité, je vous renvoie à l'excellent article de Libération (feuille que l'on pourrait difficlement qualifier de "Droite" ou "ultra-libérale") rédigé la semaine dernière par Cédric Mathiot :
[...] Le PS a un objectif : dégonfler l’« imposture Bayrou » (dixit Harlem Désir) et mitraille en boucle cet argumentaire : si le leader centriste s’affiche en opposant résolu en France, le Modem penche nettement plus à droite sur les bancs du Parlement européen, notamment sur la question des services publics. Martin Schulz, président des socialistes européens invité à jouer les supplétifs lors de la campagne du PS, a trouvé une jolie formule pour ouvrir la chasse au Bayrou : « A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais, à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux », clamait-il à Toulouse le 24 avril.
Sur France Inter, quelques jours plus tard, Martine Aubry insistait :« Sa voix [de Bayrou, ndlr] a rarement manqué lorsqu’il a fallu casser et libérer les services publics. Aujourd’hui même, il a signé le manifeste de Stockholm qui est le programme des libéraux dont il fait partie pour les prochaines élections européennes. Leur première demande, c’est de rentrer la concurrence dans le service public, casser l’éducation nationale, casser l’hôpital public. Voilà ce que défend, avec ses amis, M. Bayrou, en Europe. »
Preuve d’une réelle inquiétude, le PS est prêt, pour dégonfler la «tentation Bayrou» de l’électorat de gauche, à certains raccourcis, voire contre-vérités.
Contrairement à ce que répète Martine Aubry (la dernière fois en date lors du meeting de Clermont-Ferrand), le Modem n’appartient pas au parti libéral européen (ELDR). Au parlement européen, le Modem se situe dans le groupe parlementaire ADLE (Alliance des démocrates libéraux européens), créé voilà cinq ans. Ce groupe rassemble le Parti démocrate européen (petit parti cofondé par le Modem et les démocrates italiens) et donc l’ELDR d’orientation libérale, voire ultralibérale. Un voisinage assumé par le Modem : « Nous sommes en accord avec les libéraux sur les questions institutionnelles, mais pas sur les questions économiques et sociales. C’est clair depuis le début », revendique Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem.
De fait, si le manifeste de l’ELDR (que le Modem n’a pas du tout signé, n’appartenant pas au parti) milite pour un « renforcement et une extension du marché unique dans le domaine de l’énergie, des chemins de fer et des soins de santé, tout en facilitant davantage la libre circulation des services et des travailleurs », le programme du Parti démocrate européen affiche un discours beaucoup plus soft…
Mais au diable les nuances, le PS veut surtout cogner dur. [...]
Le PS reproche ainsi au Modem de s’être opposé au vote d’un amendement socialiste excluant du champ de la directive Bolkestein les services d’intérêt général et les SSIG (services sociaux d’intérêt général). Une charge qui omet de signaler que le Modem avait préféré voter son propre amendement… au contenu identique.
Gilles Savary, eurodéputé socialiste sortant (mais pas reconduit sur les listes) et spécialiste des services publics, reconnaît que la critique relève de la caricature : « Le Modem n’a pas toujours défendu les positions du PS sur les services publics, mais il n’a pas pour autant voté avec les libéraux. Le Modem a beaucoup évolué sur ces questions en dix ans. Depuis la dernière mandature, ils ont régulièrement aligné leur position sur celle du PSE, qui sont souvent moins radicales que celles des socialistes français. Pour être conséquentes, les critiques portées par Aubry sur le Modem devraient aussi l’être contre une partie du PSE. »
Lors du vote de la directive Bolkestein, le Modem avait ainsi voté nombre d’amendements contre l’ELDR, et aux côtés des socialistes. Et, pour le vote final, les eurodéputés du parti centriste avaient finalement voté pour l’adoption du texte. Contre le PS français. Mais avec le reste du PSE.
On pourrait ajouter à ce dernier constat que, dernière son "Manifesto" et son unanimisme de façade, c'est bien le PSE dont les composantes ibériques et anglaise devraient soutenir la reconduction à la tête de la commission européenne du chantre de l'ultralibéralisme et du bushisme en Europe, à savoir J. M. Barroso.
Le PS de Martine Aubry, qui se décharge de son manque de projet européen sur une alliance hétéroclite, le PSE, dont les votes rejoignent le plus souvent ceux du PPE, est donc fort mal placé pour dénoncer son concurrent en diabolisant ses partenaires ponctuels de groupe parlementaire.
Largement devancé dans les sondages par le parti au pouvoir (du jamais-vu lors d'une élection intermédiaire), le PS tente de relancer sa campagne, avec le soutien rhétorique de ses alliés objectifs de l'UMP et des Verts, en peignant sur la muraille une grande fresque épique de la glorieuse croisade de la "Gauche contre la "Droite", des "Socialistes" contre les "Libéraux".
Or, cette croisade clivagiste est d'autant plus illusoire que les deux "gros" partis semblent s'être parfaitement concertés pour empêcher l'avènement d'une politique nouvelle pour l'Europe.
Aux électeurs bien informés de leur donner tort le 7 juin prochain !
10:51 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, européennes, schulz, aubry, adle, pde, modem, bayrou
16.05.2009
J - 22 : De nouvelles images dramatiques de réfugiés échoués sur nos rivages !
20:38 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, hervé morin, européennes, annecy, afp
10.05.2009
J - 28 : Barnier va-t-il découvrir le multipartisme ?
Les listes UMP vont l'emporter aux européennes grâce à un argument choc : l'opposition c'est l'Anti-France (ou l'Anti-Europe) !
En effet, quelle traîtrise que d'avancer un projet alternatif à celui du pouvoir en place, quelle félonie que d'oser critiquer la mémorable "présidence française" qui, c'est pourtant évident, a fait de Sarkozy et de ses partisans les seuls thuriféraires admissibles de l'idéal européen ! Circulez, y'a rien d'autre à proposer !
J'en veux pour preuve un spot télévisé récent et récurrent, diffusé à l'occasion de la journée de l'Europe et destiné à lutter contre l'abstention :
Sur une musique plutôt entraînante (une version instrumentale du néo-New-Orderien Good Girls (love bad boys) du groupe français A Bigger Splash), c'est toute l'Histoire de l'Europe qui défile sous nos yeux en une sarabande, consensuelle au possible, de la figure tutélaire du père-fondateur Schuman à Rostropovitch jouant sur les ruines du Mur de Berlin, pour s'achever par ces mots : "Présidence française", "G20" (?) et par l'image ... de Sarkozy. Une jeune femme apparaît alors pour nous enjoindre à nous rendre aux urnes.
Un spot électoral de l'UMP ?
Presque ...
Il s'agit en réalité d'une opération gouvernementale, réalisée par Thierry Saussez à la demande de Bruno Le Maire. Officiellement, son but est de présenter une vision consensuelle de l'Europe (l'amitié franco-allemande, le programme Erasmus...) destinée à intéresser les Français au scrutin du mois prochain. Mais pour la forme, la mise en valeur de la "présidence" de l'UE (officiellement assurée par Kouchner, au titre de ministre des Affaires étrangères, et non par Sarko, soit-dit en passant) aboutirait presque à identifier ces élections à un plébiscite sarkozyste ... et à assimiler son parti, l'UMP, au camp des Européens convaincus face à celui des défaitistes et des sans-projets !
C'est en substance les propos tenus hier par Michel Barnier, tête de liste en IDF, qui a employé une comparaison footbalistique digne de la fraction la plus beaufisante de son électorat : "c'est comme si vous aviez l'équipe de France qui joue -on sait que la partie est difficile en ce moment- et que sur les bancs de touche, vous aviez des joueurs dans l'équipe de France qui disent qu'ils souhaitent l'échec de leur équipe". Avant de déclarer : "J'aimerais bien que, dans ce débat, on parle un peu plus des questions européennes, des solutions européennes aux problèmes de la France, et qu'on n'entende pas seulement la gauche ou M. François Bayrou taper, taper toute la journée, comme si c'était leur seul programme que de critiquer Nicolas Sarkozy".
M. Barnier a beau jeu de critiquer le transfert d'enjeux purement nationaux (le vote-sanction anti-Sarko) sur les élections européennes. Il n'a cependant pas empêché son omniprésident de s'afficher sur le matériel de campagne de son parti ...
Ces élections européennes ne doivent pas être un plébiscite pour ou contre Sarkozy, mais bien une opportunité de relancer le processus européen en lui insufflant un esprit plus humaniste et démocrate. Cela dit, si le pouvoir en place pouvait en tirer à l'occasion quelques leçons sur ses propres insuffisances, ce ne serait pas une mauvaise chose !
De même, d'honorables résultats pour les candidats démocrates prouveraient la possibilité d'une alternative future. Pour reprendre la comparaison de Barnier, c'est en 2012 que les Français devront remplacer les essouflés et faire rentrer des compétiteurs plus "frais" et plus habiles sur le terrain français ... mais il y a d'abord un autre match à jouer. Ne nous trompons pas d'enjeu.
Pour l'instant, les élections du 7 juin doivent avant tout servir à porter à Strasbourg l'espoir d'une Europe des citoyens qui puisse tourner le dos au modèle de société commun à MM. Barroso et Sarkozy et proposer des solutions crédibles à la crise actuelle.
Joseph
P.S. : Si quelqu'un a un lien vers le spot en question, merci de l'indiquer dans les commentaires, afin que les lecteurs puissent juger par eux-mêmes.
12:36 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barnier, européennes, idf, bayrou, sarkozy, ump, modem
01.05.2009
J - 37 : Une pastèque au goût amer pour les écologistes indépendants
Décidément, la liste "Europe Ecologie" n'aura pas le monopole de l'écologie politique et des préoccupations environnementalistes lors de la campagne des européennes.
Alors même que les listes du MoDem intègrent déjà de grandes personnalités de ce mouvement (Corinne Lepage en n°1 dans l'Ouest, Jean-luc Benhamias dans le Sud, Yann Wehrling en n°3 dans l'Est), les disparates amis de Cohn-Bendit et de José Bové devront également affronter une autre concurrence, celle d'Antoine Waechter et de Francis Lalanne, qui lancent leur "Alliance écologiste indépendante" (AEI) dans la bataille.
Le leader écologiste alsacien avait pourtant commencé à travailler avec Cohn-Bendit dans la perspective de listes communes, avant de publier, en janvier dernier, un communiqué cinglant et désabusé :
" Dès le lancement d’Europe Ecologie, le MEI s’est engagé avec loyauté et avec passion. Avec passion, car le MEI croit à la nécessité d’un rassemblement de tous les écologistes. La crise écologique est trop grave pour continuer les querelles byzantines entre chapelles écologistes. [...]
Quelle ne fut pas notre surprise de constater que le comité de campagne d’Europe Ecologie n’était pas le lieu de décisions, mais que celles-ci étaient prises ailleurs par quelques personnes autoproclamées. A Europe Ecologie, pas de démocratie, pas de votes. A Europe Ecologie, pas de démocratie participative, mais des désignations.
[...]
Le 8 Janvier 2009, lors de la dernière réunion entre le Mouvement des Ecologistes Indépendants [MEI, parti d'A. Waechter] et Les Verts, il a été proposé au président du MEI d’être candidat dans la région Grand Est…devinez à quelle place ? La dernière !
De qui se moque t- on ?
Les Ecologistes indépendants dénoncent le leurre qu’est Europe Ecologie ; ce n’est que l’amalgame de quelques ambitions à une liste des Verts. "
Enfonçant le clou, Francis Lalanne a récemment déclaré : "Les Verts dévoient l'idéal écologiste" et a estimé qu'Europe Ecologie n'est que l' "union entre les Verts, les Verts et les Verts et certains membres d'associations sympathisants des Verts".
Autre personnalité présentée par Waechter, l'ancien monsieur météo Patrice Devret dénonce le gauchisme d'Europe Ecologie, comparant ce dernier mouvement à "une pastèque : vert à l'extérieur et rouge à l'intérieur".
Devant de telles déclarations, le mythe de l'union des écologistes - toutes tendances réunies - vole en éclat : les listes Cohn-Bendit/Bové sont donc bel et bien dans le sillage (perdant et contre-productif) de l'écologie politique exclusivement "de Gauche".
Face à cette nécessité de choisir entre trois listes représentant trois approches différentes d'un même mouvement, on ne pourra donc que conseiller aux écologistes sincères d'opter pour la seule des trois qui soit en capacité d'apporter une alternative politique crédible, indépendante de la "Gauche" et de la "Droite", intégrant à ses propositions l'ensemble des exigences du développement durable : celle du Mouvement démocrate.
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28.04.2009
J - 40 : Jean-François Kahn à la rencontre des Déodatiens
Pour sa seconde étape vosgienne après sa visite à Epinal en février dernier, Jean-François Kahn a choisi Saint-Dié, où il a été accueilli par le vice-président responsable de la seconde circonscription, Daniel Fierobe, ainsi que par toute l'équipe du MoDem déodatien (Serge Vincent, Pascal Thomas, Damien Grandjean, Dominique Arnaud ...).
Tête de liste du MoDem aux européennes dans l'Est, M. Kahn était accompagné de sa colistière Nathalie Mercier, présidente du MoDem vosgien.
Devant un public de plus d'une centaine de personnes, Jean-François Kahn a expliqué quelles étaient les pistes à suivre pour sortir l'Europe de la crise.
Lire l'intégralité du compte-rendu sur le blog du MoDem des Vosges.
02:46 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jean-françois kahn, jfk, européennes, serge vincent, nathalie mercier, pascal thomas, saint-dié, lorraine








