02.07.2007

Les Dix Mille expédiés

Dépêche Reuters du 2 juillet : Xavier Darcos estime que le chiffre de 10.000 postes non renouvelés dans l'Education nationale est raisonnable.
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Le ministre de l'Education nationale a affirmé que ces suppressions de postes ne conduiraient à aucune fermeture de classe du premier degré à la rentrée prochaine.

"Les postes dont il est question, il ne s'agit pas de postes qu'on retire à la rentrée prochaine. Personne ne verra la différence. Il s'agit de postes qu'on ne renouvelle pas pour partie, pour une petite partie et pas seulement de professeurs", a-t-il expliqué sur BFM-TV.

"Il n'y aura pas en tout cas dans le premier degré de classe fermée au motif qu'un certain nombre de personnes seraient parties à la retraite", a assuré Xavier Darcos.

"Je voudrais qu'on garde raison dans cette affaire (...) Les arbitrages ne sont pas rendus mais mettons que ce chiffre de 10.000 soit confirmé (...) je l'estime raisonnable par rapport aux efforts qu'il faut que nous fassions", a-t-il ajouté.

De quels efforts parle-t-on ? De ceux, certes nécessaires, que l'Etat doit mener pour réduire son déficit tout en améliorant l'efficacité d'un service public rationalisé ? Ou bien parle-t-on des efforts qui restent à faire, et notamment en terme de moyens matériels et humains -il ne faut pas s'en cacher-, pour remplir pleinement la mission de notre Education nationale ? Dans cette dernière hypothèse, la suppression de ces 10 000 postes est une décision dangereuse pour l'avenir de nos enfants.

"L'autre jour, j'ai donné un ordre de grandeur un chiffre approximatif, je n'ai pas fait d'annonce particulière mais je ne veux pas du tout reculer vis-à-vis de ce chiffre", a-t-il dit.

"Dix mille (suppressions de postes), c'est 0,8% de fonctionnaires (...) Quand vous dites à une entreprise de 100 personnes l'année prochaine (vous serez) 99,2, est-ce que l'entreprise dit 'oh la la c'est une saignée, non", a ajouté Xavier Darcos.


Quel visionnaire, ce M. Darcos ! Il prolonge visiblement la pensée de l'actuelle majorité jusqu'à imaginer des parts d'individus (des sous-hommes en quelque sorte). Ce genre de langage rejoint en tout cas ce que nous dénoncions dans un note précédente, à savoir cette novlangue démagogique et populiste qui, au lieu de vouloir édifier les masses dans un souci de pédagogie et d'honnêteté intellectuelle, conforte au contraire les préjugés les plus primaires.
En effet, pour beaucoup de Français (et le choix de Mme Royal par les socialistes malgré ses idées fumeuses sur la question montre l'ampleur de cette vision), l'enseignant est un parasite du corps social, toujours en vacances et oisif le reste du temps, qu'il convient de faire rentrer dans le rang.


"Je dis simplement que le chiffre que nous indiquons est indicatif, n'est pas arbitré, qu'il ne prend personne en traître (...) et c'est un chiffre qui ne met pas en péril - et c'est ça l'essentiel - l'ambition que la Nation a pour son école", a-t-il insisté.

"Aujourd'hui, il y a dans les lycées et collèges un professeur pour 11,3 élèves et si on en retirait 10.000 on aurait un professeur pour 11,5 élèves. Qu'on ne me dise pas que tout s'arrête!", a-t-il ajouté.


Non, M. le ministre, tout ne s'arrête pas. Au contraire. Tout continue dans le même sens :
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