21.11.2009

Les Très Riches Heurts du conseil municipal de Saint-Dié (IV) : Ubu roi

s0223.jpg« De par ma chandelle verte, me voici roi dans ce pays.

Je me suis déjà flanqué une indigestion et on va m'apporter ma grande capeline. [...] Elle est en peau de mouton avec une agrafe et des brides en peau de chien. »

[Alfred Jarry, Ubu roi, Acte III, scène 1]

* * *

Le conseil municipal d'hier soir s'est ouvert par une suspension de séance destinée à évoquer le vingtième anniversaire de la Convention sur les droits de l'enfant. Louable initiative de la part de M. Christian Pierret, qui a cependant oublié de préciser qu'il accorde aux enfants - et aux petits-enfants - des Déodatiens un "droit" supplémentaire : celui de payer, toute leur vie durant, les conséquences de sa mauvaise gestion.

Cette mauvaise gestion transparaissait de manière évidente dans un point de l'ordre du jour visant à modifier le budget.

Intervenant pour l'opposition, M. Serge Vincent a démontré, chiffres à l'appui, que cette décision ne faisait qu'accroître les dépenses de fonctionnement (+ 500 000 €) et les emprunts (+ 450 000 €), aux dépens de l'investissement (- 50 000 €). Après avoir fait remarquer que ces nouvelles dépenses seront supportées par les contribuables déodatiens (en application des réductions d'abattement décidées lors du dernier conseil), M. Vincent a également signalé que des dispositions règlementaires n'avaient pas été respectées.

Refusant de commenter les chiffres rappelés, Christian Pierret s'est contenté de contourner le sujet en ironisant sur l'opposition.

Il a voulu se moquer de celle-ci en rappelant que Damien Parmentier et Serge Vincent avaient évoqué un « 3 - 0 » à propos des décisions du T.A. et des avis du rapporteur du Conseil d'Etat sur l'annulation du scrutin de 2008 (entaché d'irrégularités et de mensonges) et qu'ils s'étaient ainsi bercés d'illusions, l'arbitrage définitif du Conseil d'Etat étant allé à l'encontre de ces premières décisions.

Reprenant la balle au vol, M. Vincent a alors répondu qu'il n'était pas glorieux de remporter la partie après avoir marqué de la main !

Cette métaphore footballistique sur une certaine erreur d'arbitrage (favorable à une faute) a plongé les édiles de la « majorité » dans l'embarras.

M. Gbedey a bien tenté une réplique ... quelques heures plus tard, mais elle est tombée à plat comme l' « à votre gorge, marchand de Paris ! » de Rousseau (Confessions, I, 3, 1731) ou la mâchoire d'âne de Samson remémorée tardivement par le marquis de Bellegarde dans le Ridicule de Patrice Leconte.

Ridicule, telle était l'attitude de M. Pierret et de ses commensaux, qui ont botté en touche à chacune des questions gênantes posées par les élus de l'opposition sur le bilan annuel des délégations de services publics (DSP).

Ainsi, quand Mme Ramata Ba a interrogé la « majorité » sur les différences étonnantes de tarifs entre les repas vendus par la société Avenance à Saint-Dié et ceux qui sont vendus à moindre prix à d'autres communes, M. Pierret s'est empressé de transférer la patate chaude à son directeur financier. Celui-ci n'a pu que reconnaître la réalité de cette différence de prix, en essayant maladroitement de la justifier par certains frais de remise en état.

Le rapport sur une autre DSP, la concession de la chaufferie de Kellermann à la société Dalkia, a donné à M. Pierret l'occasion de faire quelques plaisanteries douteuses sur la lettre que ses services avaient opportunément envoyée à de nombreux locataires pour leur promettre, à la veille des élections municipales, un juteux remboursement de trop perçu. Cette lettre avait motivé l'annulation des élections par le T.A. avant le coup de théâtre du Conseil d'Etat, coup de théâtre que Pierret & Co. ont pris un malin plaisir à jeter au visage des élus de l'opposition tout au long du conseil ... pour mieux esquiver les sujets embarrassants.

Depuis l'arrêt du Conseil d'Etat, cette politique de l'esquive a pris une nouvelle tournure : elle s'accompagne d'un manque total de vergogne à l'encontre des actes commis.

A voir M. Pierret et ses commensaux plaisanter sur ce sujet, on aurait dit des brigands se remémorant leur bonne fortune après avoir forcé une jeune fille dans un fossé.

Or, si la démocratie est malheureusement souvent violée à Saint-Dié, elle n'a pas l'habitude que ses agresseurs s'amusent ensuite à lui cracher au visage.

HôtelVille-Saint-Dié-des-Vosges.jpgC'est pourtant ce qui s'est passé en fin de conseil, lors de la réponse de M. Pierret à une question de M. Jean-Louis Bourdon, qui a signalé que tous les espaces d'expression du pluralisme politique prévus par le Code des collectivités territoriales n'étaient pas encore disponibles à Saint-Dié. M. Bourdon a notamment rappelé que les élus de l'opposition ne peuvent rien publier sur le site de la commune, qu'ils sont exclus de la présentation du compte-rendu annuel de mandat, et que leur seul espace public d'expression, dans le magazine de la commune, se réduit comme peau de chagrin (un récent courrier de la municipalité a informé les groupes d'opposition que l'espace total qui leur est accordé est désormais réduit à 1800 caractères, espaces et signatures compris).

Après avoir osé répondre à cette dernière remarque que la réduction de l'espace de parole de l'opposition se justifiait par des « contraintes techniques » [sic.], M. Pierret a menacé de censurer la retransmission du conseil municipal sur le site de la commune en caviardant les interventions de l'opposition proportionnellement au nombre des élus.

Accompagnant sa menace d'un sourire narquois, M. Pierret a osé prétendre que sa « gestion de la présidence du conseil municipal est extrêmement libérale ».

On savait M. Pierret libéral sur le plan économique ... mais sur le plan politique, et plus particulièrement en matière de liberté d'expression, on peut en douter !

Minuit approchant, le conseil municipal s'est achevé après les dernières questions diverses.

***

PÈRE UBU : « C'est pourquoi, bonne nuit, et je vous invite à dormir sur les deux oneilles, bien que les rats dansent ici une assez belle sarabande. »

Il sort. Les Larbins viennent verrouiller toutes les portes.

[Alfred Jarry, Ubu roi, Acte III, scène 5]

15.11.2009

Identité nationale : une invention de Pasqua pour siphonner les voix de l’extrême-droite

pasqua et sarko.jpgEn 2007, Nicolas Sarkozy a réussi à amadouer une bonne partie de l'électorat de Jean-Marie Le Pen en lui promettant la création d'un Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.

Cette association de la question de l'immigration au thème de l'identité nationale, propre à flatter les passions nationalistes voire xénophobes d'une partie de l'opinion, fut considérée comme une invention diaboliquement habile du candidat Sarkozy.

Le patron de l'UMP n'a pourtant que réemployé une trouvaille, restée jusque-là inopérante, de son mentor neuilléen, Charles Pasqua.

Ce dernier avait en effet utilisé cette expression dans un but semblable près de vingt ans plus tôt, lorsqu'il préparait avec Jacques Chirac le débat télévisé précédant le second tour de l'élection présidentielle de 1988 (28 avril 1988).

 

debat-chirac-mitterrand.jpgJACQUES CHIRAC :

« S'agissant de l'immigration tout court, il faut la stopper, parce que nous n'avons plus les moyens de donner un travail à des étrangers. [...] S'agissant de l'immigration clandestine, il faut évidemment lutter contre cette immigration avec beaucoup d'énergie et reconduire les intéressés à la frontière ou les expulser. Ils ont pris leurs risques en venant chez nous de façon illégale, ils sont le vivier naturel, non pas en raison de leurs origines, naturellement, mais parce que ce sont des marginaux et qu'ils se cachent, ils sont le vivier naturel des délinquants, voire des criminels, il faut donc les expulser. [...]

Alors, je voudrais simplement poser une question : moi, j'ai fait voter des lois pour la sécurité [...] et contre l'immigration, et notamment l'immigration clandestine. En particulier, une loi très importante, celle du 9 septembre 1986 [1] relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France. [...] Ma question est la suivante : les Français y sont sensibles, est-ce que votre intervention est de poursuivre ma politique dans ce domaine et, notamment, de maintenir la loi du 9 septembre 1986 ou, au contraire, votre intention est-elle de changer et, notamment, de la faire abroger dans l'hypothèse où vous seriez élu ?

C'est un problème d'identité nationale et de mode de vie des Français et de cohésion sociale. »

 

FRANCOIS MITTERRAND :

« Vous n'avez pas fait de clin d'œil, là, à personne ? » [2]

 

CHIRAC :

« Mais, moi, je n'ai pas changé ; j'applique une politique depuis deux ans, monsieur le Président [...] et là c'est en tant que Premier ministre que je l'ai fait. Maintenant, en tant que candidat, je dis à monsieur Mitterrand : qu'allez-vous faire ? Ma politique ou, au contraire, la vôtre ? »

 

MITTERRAND :

« Je vais vous répondre. Mais, est-ce la vôtre cette politique que vous venez de définir ? »

 

CHIRAC :

« Celle que j'applique depuis deux ans ... »

 

MITTERRAND :

« C'est cela, vous voulez dire celle qui pourrait réunir les 51 % dont parlait M. Pasqua l'autre soir ... »

 

Notes :

[1] La première « loi Pasqua » donne aux préfets le droit de prononcer la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière et rétablit le régime de l'expulsion tel qu'il existait avant 1981.

[2] Au premier tour de la présidentielle du 24 avril 1988, Jean-Marie Le Pen a réalisé un score important, de près de 15 % des voix. Afin d'additionner ce score à celui du candidat du RPR, Charles Pasqua convainc Jacques Chirac de droitiser davantage sa campagne et, surtout, de négocier directement avec Le Pen. La rencontre, organisée au domicile parisien d'un ami de Pasqua, se passe assez mal. Pourtant, le 1er mai, Le Pen appelle à faire barrage au socialisme en votant « pour le candidat résiduel », c'est-à-dire pour Chirac.

Pasqua 1987.jpgLe lendemain, dans Valeurs actuelles, Charles Pasqua déclare : « Sur l'essentiel, le Front national se réclame des mêmes préoccupations, des mêmes valeurs que la majorité. »

Après sa défaite au second tour, le 8 mai, Jacques Chirac lance à Pasqua : « Tu vois où tes conneries m'ont mené ... ».

 

Bibliographie :

Franz-Olivier Giesbert, La Tragédie du président : Scènes de la vie politique, 1986-2006, Flammarion, Paris, 2006, chapitre 5, pp. 36-41.

Face à face - Le débat télévisé au second tour de l'élection présidentielle (1974-1995), Textes rassemblés, Editions du Boucher, Paris, 2002 (téléchargeable en pdf)

 

12.11.2009

De quel côté êtes-vous ?

mur de berlin 1961.jpg

Copie de mur de berlin 1961.jpg

chute du mur.jpg



11.11.2009

Pour un MoDem libre et audible aux deux tours des régionales : soutenez cette initiative

Afin de lancer un débat nécessaire sur la stratégie des démocrates au second tour des régionales, je vous propose de vous prononcer en faveur d'une stratégie, clairement annoncée aux citoyens, de maintien et d'indépendance de notre Mouvement lors du second dimanche du scrutin.

Sans cette indépendance, nos futurs élus ne pourront pas appliquer ou défendre nos programmes régionaux, novateurs et porteurs d'espoir et sur lesquels nous travaillons depuis plusieurs mois.

Que deviendront nos idées si elles sont noyées dans des majorités de droite ou de gauche ouvertes à des mouvements qui ne partagent pas du tout nos valeurs ?

Serons-nous encore crédibles si nous nous attelons à un des deux blocs clivagistes (UMP ou NC) ? L'électeur de 2010 comme celui de 2012 ne pourra que répondre négativement à cette question.

Notre indépendance est notre force. Elle est également la condition d'une alternance en 2012.

Si vous partagez cette analyse, et si vous souhaitez voter "MoDem" aux deux tours des régionales :

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Joseph

07.11.2009

Dr Christian et Mr Pierret, ou la schyzophrénie idéologique des caciques "socialistes"

Dans La gauche en France (Perrin, 2006), l'Historien Michel Winock constate la schyzophrénie idéologique du Parti socialiste, fermement anticapitaliste dans le discours (qu'il soit ou non dans l'opposition) mais particulièrement enclin à adopter une gestion libérale quand il tient les rênes du pouvoir. Cette posture contradictoire est surtout due à une volonté d'hégémonie sur la Gauche, volonté menacée par les surenchères de l'extrême-gauche (communiste hier, anticapitaliste aujourd'hui) auxquelles les socialistes se sentent obligés de faire écho. Michel Winock souligne l' "incapacité du socialisme français à faire sa révolution révisionniste bernsteinienne", malgré les orientations déclarées à contre-coeur lors du Congrès de 1991.

Selon Michel Winock, le PS "n'a pas su complètement éradiquer son malaise ancien, ce "surmoi révolutionnaire" qui lui fait honte".

"Que manque-t-il au PS pour devenir un parti réaliste, ferme sur ses principes et conscient des limites et des contraintes de l'action gouvernementale ? Sans doute la réaffirmation, avec éclat, de son caractère réformiste défini depuis un quart de siècle. Prendre le chemin inverse de celui que suivait François Mitterrand dans la filiation guesdiste : s'affirmer un parti de "rupture" et gouverner au fil des nécessités de l'heure. [...] Mais pour retrouver cette cohérence entre le dire et le faire, comme le souhaitait déjà à la fin du XIXe siècle Eduard Bernstein en Allemagne, il faudra sans doute à la tête du Parti socialiste une forte personnalité, respectée et écoutée, portant les espoirs du parti au lieu de la médiocre concurrence actuelle des présidentiables ... [...] On a vu un Laurent Fabius retourner sa veste en vue du référendum du 29 mai, se déclarer pour le non, contrairement à ses positions antérieures, et venir même forger sa nouvelle légitimité de gauche dans l'effervescence d'une fête de L'Humanité, où il fut, du reste, abondamment sifflé par des participants agressifs. Un Dominique Strauss-Kahn, qui assume sans hésiter la ligne social-démocrate, et un François Hollande ne s'interdisent pas de poser pour une photo en compagnie des représentants de l'ultra-gauche (y compris les trotskistes Arlette Laguiller et Alain Krivine), tant l'obsession d'être " ancré à gauche " hante les rangs du PS, tant les ambitions des individus doivent s'y plier".

Trois ans après la publication de ces lignes, cette schyzophrénie semble s'être accrue : Martine Aubry, désormais à la tête du PS en tandem avec Benoît Hamon, tient un discours antilibéral totalement hypocrite et irresponsable. Tournant le dos aux modérés, elle ne cesse de faire des clins d'oeil à l'extrême-gauche, au NPA, qu'elle souhaiterait accueillir dans une "maison commune de la Gauche". Cette attitude est-elle digne d'un parti réformiste ? Serait-elle compatible avec l'exercice du pouvoir ?

Pour répondre à cette dernière question, il faut se tourner vers les collectivités territoriales et locales, dont un grand nombre est aux mains de caciques du PS.

A Saint-Dié (appelée Saint-Dié-des-Vosges par ceux qui n'y habitent pas), on retrouve un partisan de Laurent Fabius, Christian Pierret, dont certains choix politiques (la privatisation d'un service public comme l'eau, par exemple) entrent nettement en conflit avec une phraséologie de "Gauche" dont beaucoup de gens sont dupes ou feignent l'être.

Sur son site et dans la tribune d'expression politique de son groupe, M. Pierret s'est notamment fait le porte-parole de la "votation citoyenne" qui dénonce la perspective d'une privatisation de La Poste. Or, les citoyens les moins amnésiques se sont souvenus que la position de M. Pierret sur le "Service public postal" n'a pas toujours été aussi intraitable.

Un petit retour en 2002, quand Christian Pierret était membre du gouvernement Jospin, s'impose donc pour rafraîchir les mémoires.

Article de la revue Marianne du 13 mai 2002, intitulé "Un artiste nommé Pierret" :

" En quittant le ministère de l'Industrie, Christian Pierret n'a pas oublié de signer le décret (paru au Journal officiel daté du 5 mai) permettant à La Poste de gérer son patrimoine immobilier comme elle l'entend. L'entreprise va donc liquider quelques-uns des 17 100 bureaux de poste répartis en France.

Le ministre a ainsi réussi un tour de force : à quarante-huit heures d'intervalle, il a signé un décret affaiblissant un peu plus le service public et, avec ses amis du PS, un programme proposant de renforcer les services publics. Chapeau, l'artiste ! "

Etonnant cas d'école, qui prouve la distance, chez certains, entre le discours et la pratique du pouvoir.

Au sein du gouvernement Jospin, à une époque où le courant fabiusien apparaissait encore comme l'aile libérale du PS, Christian Pierret souhaitait la libéralisation rapide de La Poste et du marché de l'électricité, l'ouverture du capital de GDF, et l'assouplissement des 35 heures.

Le cas de Christian Pierret n'est pas isolé : nos mairies et nos conseils régionaux regorgent de ces notables du PS qui séduisent leur auditoire par un opportun discours antilibéral et anticapitaliste, discours qu'ils n'appliquent pas et auxquels ils tourneront totalement le dos s'ils sont un jour rappelés au sommet du Pouvoir. Véritable "tromperie sur la marchandise", cette attitude hypocrite est une des causes majeures du divorce croissant entre les citoyens et la politique, divorce qui fait le jeu des extrémismes.

Notre démocratie a besoin d'un discours de vérité, qui ne sacrifie en rien l'ambition réaliste du projet politique aux effets de manche de la posture idéologique. Ceux qui tiendront ce discours seront les seuls à pouvoir présenter une alternative crédible et responsable en 2012.

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A lire sur le site de L'Expansion : Patrick Coquidé, "Christian Pierret, un libéral en Jospinie", 21 décembre 2000.

01.11.2009

Les électeurs d'extrême-droite, c'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ...

dupont_lajoie.jpgLe succès électoral de Nicolas Sarkozy en 2007 est dû, en grande partie, au siphonnage effectué auprès de l'électorat de Jean-Marie Le Pen. Ce n'est un secret pour personne : les cathos traditionalistes de St-Nicolas-du-Chardonnet, les nostalgiques rassis du pétainisme et, surtout, les Dupont Lajoie de bistrot ont massivement délaissé le borgne breton au profit de celui qui promettait de nettoyer la société française à grands jets de Kärcher, d'être intraitable en matière d'immigration, d'aller traquer la "racaille" jusque dans le génome, et d'instaurer un ministère de l'Identité nationale.

Que la polémique enfle au sujet du népotisme anti-républicain pratiqué par "le château", et l'on ressort aussitôt les vieilles marottes puantes, destinées non seulement à détourner l'attention des badauds mais aussi à flatter dans le sens du poil toute la multitude extrémiste que je viens d'évoquer plus haut. On se dépêche donc d'envoyer trois Afghans se faire embrocher sur les pals des Talibans avant d'annoncer à grands cris la tenue d'un grand débat sur l' "identité nationale".

Or, à défaut d'être un véritable homme d'Etat, Sarkozy est un politicien avisé : en tant que tel, il devrait se souvenir que les électeurs préfèrent toujours l'original à la copie. Du coup, le dernier sondage montre un Front national en progrès de trois points, à près de 10 % des intentions de vote aux régionales ... tandis que l'UMP perd deux points ainsi que la confiance d'une partie de l'électorat modéré.

Quand on joue avec le feu, on finit souvent par se brûler les doigts.

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