26.10.2009

Les Sarkozy et l'EPAD : reculer pour mieux sauter

népotisme.jpgFace à une levée de boucliers politico-médiatique qui commençait à trouver un écho (malgré les cloporteries des godillots de l'UMP) auprès des parents des classes moyennes dont les enfants ne trouvent pas de travail malgré leurs diplômes, Nicolas Sarkozy a fini par demander à son fils Jean (23 ans, aucun diplôme, aucune expérience professionnelle) de retirer sa candidature à la présidence de l'EPAD.

Mais le Dauphin sera tout de même un des administrateurs de cet établissement public stratégique. Le loup est donc bel et bien dans la bergerie : il ne reste plus qu'à trouver un quelconque élu UMP pour servir d'homme de paille afin de s'assurer de l'imbrication docile du quartier d'affaires dans les projets élyséens du "Grand Paris".

François Bayrou voit dans ce recul "un tournant", considérant que le pouvoir a cédé face au mécontentement du peuple.

Je ne partage pas vraiment cette dernière analyse. En réalité, Nicolas Sarkozy ne fait que reculer d'un pas après avoir, une nouvelle fois, "testé" l'opinion pour voir jusqu'où il pouvait aller dans ses tentatives quotidiennes de viol des valeurs républicaines. Quand l'opinion aura les yeux tournés vers un autre spectacle ou d'autres préoccupations, il avancera à nouveau de deux pas, acculant progressivement la République au précipice.

Louis-Napoléon 1849.jpgCette méthode, si l'on en croit l'historien Pierre Milza, était déjà celle du tout premier président, triomphalement élu, qui n'a fait que se servir de la République pour mieux l'assassiner :

"Les malheurs et les échecs avaient depuis l'enfance accoutumé Louis-Napoléon à dissimuler sa pensée, à ne pas dévoiler ses plans, à faire machine arrière lorsqu'il rencontrait une résistance trop forte, bien décidé à reprendre l'initiative une fois le danger écarté."

(Pierre Milza, Napoléon III, Perrin, 2004, p. 188-189)

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Commentaires

Entièrement de votre avis. De toute façon il est anormal que ce jeune ambitieux sans qualifications soit dans le cénacle de l'EPAD. Quand aux intentions liberticides de la clique de Sarkozy, elle ne fait plus aucun doute à mes yeux. Certains commencent à appeller l'UMP "la droite antirépublicaine", et il y a de quoi. Crions tant que c'est possible !

Ecrit par : loebell | 26.10.2009

@ loebell : Au début, je trouvais que les accusations d'anti-républicanisme et d'atteintes aux libertés étaient exagérées et contreproductives à l'égard de Sarkozy.
Or, je suis de plus en plus enclin à changer d'avis sur ce point : le projet politique de Nicolas Sarkozy n'est pas républicain.

Ecrit par : Joseph | 26.10.2009

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