30.09.2009

Régionales en Lorraine : panorama des forces en présence ... à l’heure actuelle

Les élections régionales auront lieu dans un peu plus de cinq mois. On peut toutefois déjà dresser un tour d’horizon des forces politiques qui se préparent à présenter leurs propositions aux Lorrains.

Les sortants : PS + PCF

Malgré ses appels à la constitution d’une majorité invraisemblablement hétéroclite allant de l’extrême-gauche jusqu’au centre, il est clair que le sénateur Jean-Pierre Masseret (PS), président sortant, ne pourra compter que sur le PCF pour faire liste commune dès le premier tour. Les communistes ne peuvent en effet risquer une tentative en solo, sous peine d’être immédiatement éliminés : les 4,2 % réalisés dans la région lors des dernières élections ne font que conforter le choix déjà effectué en 2004.
Même s’il pèse moins de 5 %, l’apport du PCF n’est pas négligeable pour un PS affaibli par un score médiocre aux européennes (18,4 %). Certes, la « prime aux sortants » jouera certainement, promettant davantage au tandem que 22 %. Mais l’alliance PS + PCF devrait tout de même avoir du mal à retrouver les 29 % de 2004.
Mon pronostic à l’heure actuelle : environ 25 %.

La droite en Reconquista : UMP + PR + « Ouverture » (MPF et autres)


En campagne depuis plusieurs mois, le député nancéen Laurent Hénart appartient au Parti radical « valoisien », associé à l’UMP. Plus dynamique et moins conservateur qu’un Longuet, il ne peut réitérer la contre-performance historique de ce dernier (7 points d’écart derrière le tandem PS + PCF en 2004).
Même si le divers droite Jean-Louis Masson présente à nouveau une liste dissidente, la liste Hénart devrait pouvoir compter sur un score très proche de celui des sortants. L’inconnue majeure réside néanmoins dans le manque de cohérence d’une liste qui pourrait voir la cohabitation inédite de radicaux de gauche avec des villiéristes ! D’ailleurs, l’objectif de cet assemblage - arriver en première position au premier tour - pourrait bien être manqué si Masson persistait dans sa stratégie de 2004 ("Rien n'est décidé", a récemment assuré l'intéressé, qui semble prendre un malin plaisir à faire monter les enchères).
Mon pronostic : environ 25 %.

Le spectre de l’extrême-droite : FN

Frappée sporadiquement par la désindustrialisation, la décrépitude urbaine et le désarroi rural, la Lorraine est un terreau idéal pour le populisme xénophobe. D’autant plus que les postures empruntées par Sarkozy pour siphonner Le Pen risquent de ne plus faire illusion très longtemps.
Troisième en 2004 (17,6 %), le FN pourrait l’être à nouveau en 2010 ... mais vraisemblablement avec un score amoindri (moins de 8 % aux européennes) pour la liste conduite par Thierry Gourlot.
Mon pronostic : autour de 12 %.

Les Verts dans l’euphorie post-européennes  : Lorraine Écologie

Revigorés par les bons résultats d’Europe Écologie en juin 2009 (13,9 % en Lorraine), les Verts, menés par Daniel Béguin, ont décidé de présenter une liste autonome au premier tour, histoire de négocier favorablement la fusion - annoncée - du second tour avec le tandem de gauche (dont ils pourraient assurer la victoire au second tour). Pour ce faire, ils devront cependant prouver qu’ils tiennent davantage à un projet écologiste pragmatique qu’à certaines des lubies de la vieille gauche que Cohn-Bendit avait astucieusement réussi à mettre en sourdine.
Mon pronostic, à l’heure actuelle : près de 10 %, mais dans une fourchette très large (entre 5 et 14 %).

Les démocrates attendus au tournant : MoDem

Douché par un mauvais score national lors des dernières européennes, le MoDem a toutefois réussi à convaincre plus de 10 % des Lorrains qui se sont exprimés sur l’Europe. Lors des régionales de 2004, l’UDF, qui n’était qu’un parti de centre-droit, avait réuni plus de 8 % des suffrages lorrains.
Pour le MoDem de 2010, fort de ses nouvelles orientations écologiques et sociales, tous les espoirs devraient être permis : les 10 % nécessaires au maintien sans fusion ne paraissent pas inaccessibles. Mais ils le seront à coup sûr si les démocrates choisissent d’avancer dans l’ombre d’un partenaire annoncé en vue du second tour. A mon sens, il faut démontrer notre indépendance et se fixer comme objectif le maintien, afin de se donner les moyens de défendre notre programme jusqu'au bout.
Toute fusion ne serait qu’un jeu de dupe et un suicide politique dans la perspective de 2012. D’ailleurs, un choix de fusion diviserait tant le Mouvement démocrate que les reports de voix se répartiraient entre les deux "premiers" finalistes et l’abstention. Ils ne pourraient par conséquent modifier la donne, ni en faveur de Masseret - qui n’en aura peut-être pas besoin - ni en faveur de Hénart, dont les réserves seront très minces.
Mon pronostic, à l’heure actuelle : près de 10 % (fourchette entre 8 et 11 %).

L’Extrême-gauche

L’Extrême-gauche peut se développer sur les mêmes tristes « atouts » que le FN, l’aspect nationaliste ou identitaire en moins. Comme les Verts, son électorat pourrait être assez utile (même partiellement et sans fusion) au second tour du tandem sortant.
Mon pronostic : autour de 6 %.

Les Radicaux de gauche

Le poids des radicaux de gauche est difficile à évaluer en Lorraine. Ils ont bien remporté un score honorable en 2004 (4,7 %), mais ont été absents des derniers scrutins, ne présentant aucun candidat aux européennes.
Tout comme le MoDem, leur stratégie de second tour reste à définir, même si un dialogue est en cours, localement, depuis plusieurs années, avec les « cousins » du Parti radical valoisien. Il est cependant plus qu’incertain que cette réunification radicale puisse mobiliser l’ensemble de l’électorat radical de gauche de 2004 en faveur d'une liste de droite.
Mon pronostic : près de 5 % (peut-être beaucoup moins).


Pour l’instant, tout cela n’est qu’une arithmétique fort discutable (les régionales de 2004 appartiennent déjà à une autre époque, tandis que les enjeux, le mode de scrutin - à un tour - et les comportements des européennes ne sont pas transposables).
La situation va, bien entendu, évoluer progressivement dans les prochains mois en fonction de quatre paramètres cruciaux :

- la composition des listes ;

- l’analyse du bilan de la majorité socialo-communiste sortante ;

- la probable « pollution » du débat par des enjeux nationaux ;

- la présentation des projets propres à chacune des listes.

C’est surtout sur ce dernier point que le Mouvement démocrate va travailler, sur la base de ses valeurs propres et d’une observation minutieuse des besoins et des atouts de notre région, afin de prouver la cohérence et l’efficacité potentielle d’une démarche qui doit absolument rester indépendante.

 

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Commentaires

As-tu mis ta boule de cristal et tes boucles d'oreilles pour tes prévisions mon petit Joseph ? :-)
C'est beau la politique. On dirait un match de foot. Mais ça ne sert à rien si la balle reste au centre. Ouarf ouarf ouarf.
Quant à l'amalgame douteux et facile entre l'extrême droite et l'extrême gauche, tu oublie la complexité d'un phénomène marqué d'abord parce ce que les gens de droite s'évertuent à nier et que l'on appelle la lutte des classe (je te rappelle que je ne suis pas communiste). Bien sûr il ne s'agit ici que de parti légaliste et, dans ce cas le localest foutrement drôle aussi.
Ne mésestime quand même pas l'activisme d'extrême droite dans la région (et notamment le Toulois et la Déodatie) et sa capacité à rebondir.
Tcho
No Pasaran (c'est parce que l'Espagne est invitée au FIG)
JMD

Ecrit par : jmd | 02.10.2009

@jmd :
Jean-Marc, si tu m'as bien lu, tu as bien vu qu'il ne s'agissait pas de prédictions ou de prévisions, mais simplement d'une estimation approximative. La méthode, basée sur la pondération des chiffres de 2004 (déjà loin) et ceux de 2009 (autre mode de scrutin, autres enjeux) est certes discutable : elle permet cependant de se faire une idée de l'audience de chaque parti dans notre région.

Pour ce qui est des extrêmes, je persiste à dire que la majorité du corps électoral est faiblement politisée mais attirée par un vote protestataire résultant du désarroi social des gens. A l'extrême-gauche comme à l'extrême-gauche. Après, il est vrai qu'on retrouve de chaque côté un noyau dur d'activistes, d'idéologues (à l'extrême-gauche, des bobos ; à l'extrême-droite, des bo-beaufs)... dont les propos ne sont pas de la même nature et ne peuvent être confondus. Mais cette catégorie reste minoritaire dans un électorat, quel qu'il soit.

Je ne sous-estime pas l'extrême-droite lorraine : je pense qu'elle aura malheureusement la 3e place sur le podium ("grâce" aux 12 % que j'évoque), car les voix piquées par Sarko à Le Pen vont commencer à retourner au bercail.

P.S. : Je crois aussi à la lutte des classes. Et pourtant, comme toi, je ne suis pas communiste.
J'ai en effet le sentiment que la minorité bourgeoise développe un populisme destiné à maîtriser et subjuguer un prolétariat grossi par la déchéance - via la fiscalité et les choix effectués en matière de services publics - de l'ensemble des classes moyennes (la société en sablier de Lipietz). Ces dernières (les "nouvelles couches" de Gambetta) sont pourtant la base sociale de la République.

Ecrit par : Joseph | 02.10.2009

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