27.09.2009

Régionales : les radicaux de gauche sur la liste de droite ?

prglogo.jpgLu aujourd'hui dans le quotidien Vosges Matin : René Leucart, président régional lorrain du Parti radical de gauche, a annoncé que son mouvement sera "présent aux élections régionales". S'il vise un score de 6 % au premier tour, il évoque également des perspectives d'alliance : " Pour le moment, nous nous sentons plus près du candidat radical valoisien [Laurent Hénart, tête de liste UMP/Parti radical] que du parti communiste, et comme le président sortant socialiste [Jean-Pierre Masseret] se sent plus près du Parti communiste ..."

Les Radicaux de gauche lorrains seraient-ils ainsi prêts à rejoindre la liste de droite après le premier tour ?

Petit rappel historique : Le Parti radical, créé en 1901 dans la mouvance de Clemenceau, est le plus ancien parti politique français. Dominant la scène politique au début du XXe siècle, il voit ensuite son influence décroître face à la montée de partis plus à gauche (SFIO socialiste, PCF communiste). Il se droitise progressivement, ce qui entraîne une scission dans les années 1970 : un certain nombre de radicaux quitte le parti pour créér ce qui deviendra le Parti radical de gauche (PRG), satellite du Parti socialiste, tandis que ceux qui sont restés dans la vieille maison rejoignent le centre-droit giscardien (UDF).

Trois décennies plus tard, les conséquences de cette scission (mais aussi de la sénéscence du plus vieux parti de France) se font sentir.

A droite, le Parti radical "valoisien" (son siège national est à Paris, place de Valois) est devenu une composante de l'UMP, confiée à Jean-Louis Borloo, ami du PRG Bernard Tapie.

A gauche, le PRG ne présente plus de candidats lors des grandes échéances électorales. Ni à l'élection présidentielle de 2007 (il a simplement soutenu la candidate socialiste pour mieux faire oublier que la candidature PRG de 2002 avait largement contribué à l'élimination de Jospin), ni aux européennes de 2009, ce qui pourrait être interprété comme un véritable acte de décès politique. Une coquille vide, donc, que Sarkozy voudrait bien ajouter à son tableau de chasse de "l'ouverture", en confiant par exemple un secrétariat d'Etat à un notable radical de gauche.

Peu audibles au niveau national, les deux demi-partis gardent cependant de solides bastions locaux. A gauche, Jean-Michel Baylet reste influent dans le Sud-Ouest grâce au groupe de presse de La Dépêche du Midi, dont il est le PDG (ce qui est plutôt ... intéressant en matière d'indépendance de la Presse). A droite, on trouve le bastion nancéen, tenu depuis 1983 par André Rossinot. C'est un adjoint de ce dernier, Laurent Hénart, qui a été choisi pour porter les couleurs de la droite lorraine aux prochaines régionales.

Face aux tentatives de séduction élyséennes et à une marginalisation croissante dans un paysage politique où le MoDem trouble le jeu bipolaire traditionnel, les deux demi-partis pourraient être tentés par une réunification. Mais celle-ci ne pourrait se faire qu'autour d'un seul dénominateur commun, la Laïcité, valeur d'ailleurs mise à mal au sein d'une majorité présidentielle dans laquelle les Chouans du villiérisme viennent de faire leur apparition.

Il sera intéressant d'observer, dans quelques mois, le choix qu'effectuera le PRG lorrain, visiblement peu tenté par une perspective d' "Union de la Gauche" assez incohérente.

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Commentaires

Une erreur du transcription dans le journal des Vosges il ne s'agit pas de René Leclerc mais de René LEUCART

Ecrit par : Ché | 27.09.2009

@Ché : Merci pour cette précision. Voilà, c'est corrigé.

Ecrit par : Joseph | 27.09.2009

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