31.05.2009
J - 7 : Citoyens, réveillez-vous !
Hier, j'avais revêtu mon t-shirt orange (dont la couleur rappelle à un journaliste local, qui m'en a fait la remarque malicieuse, le monstre gentil des programmes télévisés de son enfance) pour aller tracter avec d'autres militants déodatiens du Mouvement démocrate.
Après avoir distribué notre programme et notre liste sur un marché, je ne peux que dresser un constat mitigé des réactions des personnes abordées, dont une grande partie ignore tout des enjeux, des modalités et même de la date (!) des élections européennes de la semaine prochaine.
Florilège de réactions de passants :
"Ah non, pas de politique !" Commentaire : Il y a sans doute des gens qui préfèrent ne jamais prendre leurs responsabilités pour mieux se blottir dans un confortable "Tous pourris" qui justifie bien mal leur refus ou leur peur du choix. Quand l'abstentionnisme cherche à se parer d'une idéologie de comptoir ...
"Je ne vote pas ici" Commentaire : Les circonscriptions électorales regroupent plusieurs régions (la circonscription Grand-Est correspond à l'Alsace, la Bourgogne, la Champagne-Ardenne, la Franche-Comté et la Lorraine). Tous les passants qui répondaient ainsi étaient en réalité domiciliés dans la même circonscription ... sans le savoir.
Plutôt que de diffuser des clips orientés assimilant l'Europe à un consensus mou orchestré par les partisans de Sarkozy, le pouvoir en place aurait mieux fait d'informer plus sérieusement les citoyens sur les enjeux et les modalités du scrutin. En réalité, il n'y voyait aucun intérêt, tablant sur un fort taux d'abstention (corrélatif à une démobilisation des oppositions) qui pourrait s'avérer favorable à ses listes.
[A propos de François Bayrou] "On ne peut pas dire qu'on est à gauche quand on est un mec de droite" Commentaire : Bayrou n'a jamais affirmé qu'il était "à gauche" ou de l'autre côté de ce stupide et illusoire clivage. Il est aujourd'hui au centre (et, indubitablement, au centre des craintes du PS et de l'UMP), et, si l'on reprend la formule judicieuse de Jean-François Kahn, il est "en avant". Le Mouvement démocrate (PDE) est en effet à l'avant-garde, devant les conservateurs que sont l'UMP (PPE) et le PS (PSE), dont les votes sont d'ailleurs le plus souvent convergents au Parlement européen.
Heureusement, bien des passants nous ont réservé un accueil plus chaleureux (plus républicain, pourrait-on dire), en nous confiant, pour certains, qu'ils voteraient pour le MoDem, qu'ils étaient conscients de la part prépondérante de l'application des directives européennes dans notre législation nationale (il y a encore des citoyens bien informés !), ou, tout simplement, en nous promettant qu'ils liraient le programme des démocrates avant de faire leur choix.
Se rendre aux urnes dimanche prochain, c'est se prononcer sur le rôle et l'esprit de l'Europe pour les cinq prochaines années à un moment crucial de l'Histoire de l'humanité (crise du capitalisme, crise écologique, crise sociale, crise démocratique, émergences de nouvelles puissances, montée en puissance de nouveaux risques ...). Citoyens, ne laissez pas passer cette opportunité unique : le 7 juin, votez !
09:02 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : abstention, européennes, 7 juin, élections, modem
25.05.2009
J - 13 : Mini-quizz : Lequel de ces partis n'a pas jugé utile de présenter une liste en Outre-Mer ?
1. Le Front de Gauche (Parti de Gauche + Parti communiste français) ? 
2. Le Front national
?
3. Le Nouveau Parti Anticapitaliste (qui a repris à son compte les slogans "anti-pwofitasyon" du LKP) ?
Réponse : 1, 2 et 3 !
15:41 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : européennes, 7juin, élections européennes, npa, besancenot, mélenchon, pg, front de gauche, fn, front national
24.05.2009
J - 14 : Bilan de mandat d'une députée européenne démocrate
Avec un taux de présence dans l'hémicycle de plus de 80 % et plus de 50 interventions lors des débats de la dernière législature européenne, Nathalie Griesbeck est une eurodéputée assidue.
Membre de la commission du budget, elle s'est particulièrement investie dans la mise en oeuvre et le suivi des politiques européennes de développement régional et de cohésion sociale.
Membre de commissions et d'intergroupes concernant des thématiques aussi diverses que les transports ou les liens Europe-Tibet, Nathalie Griesbeck est sans doute un des représentants français au Parlement européen les plus expérimentés.
Cet engagement et cette expérience sont un atout pour la construction d'une Europe humaniste à la fois sociale et performante.
Par volonté de transparence et pour prolonger sur la toile ses actions sur le terrain de l'euro-circonscription du Grand-Est, elle rend régulièrement compte de ses travaux sur son site et son blog. Elle vient ainsi de publier son bilan de mandat, que je vous invite à consulter.
15:01 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nathalie griesbeck, griesbeck, européennes, parlement européen, 7 juin, modem
20.05.2009
J - 18 : Les mensonges de Martine et de ses amis
Martine Aubry et ses amis mentent aux Français.
Ils ne mentent pas par principe ou par vice.
Mais par peur.
Peur que leur incapacité à s'opposer (Martine Aubry a d'ailleurs refusé d'être qualifiée d' "opposante", ce qui en dit long) et à tracer une nouvelle perspective crédible ne les fasse sombrer dans la marginalité.
Peur de la vacuité de leur projet européen.
Peur du nouveau grand parti qui, après avoir entrepris sa campagne européenne avant toutes les autres grandes formations (l'une ne s'occupait alors que des régionales, l'autre était empêtrée dans un congrès de scission), après avoir organisé des "cafés démocrates" souvent très didactiques et toujours très pertinents sur le fonctionnement de l'UE et les réformes que l'on doit y mener (j'ai assisté à l'un d'eux où intervenait l'eurodéputée Nathalie Griesbeck), après rappelé sa filiation idéologique avec les pères fondateurs de la construction européenne ... est aujourd'hui critiqué par ses concurrents de Droite comme de Gauche pour s'être soi-disant éloigné des questions européennes. Quand la mauvaise foi fait oeuvre de rhétorique ...
Mais le plus gros(ssier) mensonge réside dans un racourci intenable : selon Martine Aubry et ses amis, le Parti démocrate européen (PDE), au sein duquel siège les eurodéputés du MoDem, serait un complice sans vergogne des faucons de l'ultra-libéralisme et des dérégulations antisociales.
Pour rétablir la vérité, je vous renvoie à l'excellent article de Libération (feuille que l'on pourrait difficlement qualifier de "Droite" ou "ultra-libérale") rédigé la semaine dernière par Cédric Mathiot :
[...] Le PS a un objectif : dégonfler l’« imposture Bayrou » (dixit Harlem Désir) et mitraille en boucle cet argumentaire : si le leader centriste s’affiche en opposant résolu en France, le Modem penche nettement plus à droite sur les bancs du Parlement européen, notamment sur la question des services publics. Martin Schulz, président des socialistes européens invité à jouer les supplétifs lors de la campagne du PS, a trouvé une jolie formule pour ouvrir la chasse au Bayrou : « A la maison, il parle comme Karl Marx en exil, mais, à Bruxelles, il est avec des sauvages néolibéraux », clamait-il à Toulouse le 24 avril.
Sur France Inter, quelques jours plus tard, Martine Aubry insistait :« Sa voix [de Bayrou, ndlr] a rarement manqué lorsqu’il a fallu casser et libérer les services publics. Aujourd’hui même, il a signé le manifeste de Stockholm qui est le programme des libéraux dont il fait partie pour les prochaines élections européennes. Leur première demande, c’est de rentrer la concurrence dans le service public, casser l’éducation nationale, casser l’hôpital public. Voilà ce que défend, avec ses amis, M. Bayrou, en Europe. »
Preuve d’une réelle inquiétude, le PS est prêt, pour dégonfler la «tentation Bayrou» de l’électorat de gauche, à certains raccourcis, voire contre-vérités.
Contrairement à ce que répète Martine Aubry (la dernière fois en date lors du meeting de Clermont-Ferrand), le Modem n’appartient pas au parti libéral européen (ELDR). Au parlement européen, le Modem se situe dans le groupe parlementaire ADLE (Alliance des démocrates libéraux européens), créé voilà cinq ans. Ce groupe rassemble le Parti démocrate européen (petit parti cofondé par le Modem et les démocrates italiens) et donc l’ELDR d’orientation libérale, voire ultralibérale. Un voisinage assumé par le Modem : « Nous sommes en accord avec les libéraux sur les questions institutionnelles, mais pas sur les questions économiques et sociales. C’est clair depuis le début », revendique Marielle de Sarnez, vice-présidente du Modem.
De fait, si le manifeste de l’ELDR (que le Modem n’a pas du tout signé, n’appartenant pas au parti) milite pour un « renforcement et une extension du marché unique dans le domaine de l’énergie, des chemins de fer et des soins de santé, tout en facilitant davantage la libre circulation des services et des travailleurs », le programme du Parti démocrate européen affiche un discours beaucoup plus soft…
Mais au diable les nuances, le PS veut surtout cogner dur. [...]
Le PS reproche ainsi au Modem de s’être opposé au vote d’un amendement socialiste excluant du champ de la directive Bolkestein les services d’intérêt général et les SSIG (services sociaux d’intérêt général). Une charge qui omet de signaler que le Modem avait préféré voter son propre amendement… au contenu identique.
Gilles Savary, eurodéputé socialiste sortant (mais pas reconduit sur les listes) et spécialiste des services publics, reconnaît que la critique relève de la caricature : « Le Modem n’a pas toujours défendu les positions du PS sur les services publics, mais il n’a pas pour autant voté avec les libéraux. Le Modem a beaucoup évolué sur ces questions en dix ans. Depuis la dernière mandature, ils ont régulièrement aligné leur position sur celle du PSE, qui sont souvent moins radicales que celles des socialistes français. Pour être conséquentes, les critiques portées par Aubry sur le Modem devraient aussi l’être contre une partie du PSE. »
Lors du vote de la directive Bolkestein, le Modem avait ainsi voté nombre d’amendements contre l’ELDR, et aux côtés des socialistes. Et, pour le vote final, les eurodéputés du parti centriste avaient finalement voté pour l’adoption du texte. Contre le PS français. Mais avec le reste du PSE.
On pourrait ajouter à ce dernier constat que, dernière son "Manifesto" et son unanimisme de façade, c'est bien le PSE dont les composantes ibériques et anglaise devraient soutenir la reconduction à la tête de la commission européenne du chantre de l'ultralibéralisme et du bushisme en Europe, à savoir J. M. Barroso.
Le PS de Martine Aubry, qui se décharge de son manque de projet européen sur une alliance hétéroclite, le PSE, dont les votes rejoignent le plus souvent ceux du PPE, est donc fort mal placé pour dénoncer son concurrent en diabolisant ses partenaires ponctuels de groupe parlementaire.
Largement devancé dans les sondages par le parti au pouvoir (du jamais-vu lors d'une élection intermédiaire), le PS tente de relancer sa campagne, avec le soutien rhétorique de ses alliés objectifs de l'UMP et des Verts, en peignant sur la muraille une grande fresque épique de la glorieuse croisade de la "Gauche contre la "Droite", des "Socialistes" contre les "Libéraux".
Or, cette croisade clivagiste est d'autant plus illusoire que les deux "gros" partis semblent s'être parfaitement concertés pour empêcher l'avènement d'une politique nouvelle pour l'Europe.
Aux électeurs bien informés de leur donner tort le 7 juin prochain !
10:51 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ps, européennes, schulz, aubry, adle, pde, modem, bayrou
16.05.2009
J - 22 : De nouvelles images dramatiques de réfugiés échoués sur nos rivages !
20:38 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau centre, hervé morin, européennes, annecy, afp
14.05.2009
Martine Aubry, ou la solitude de la mouche du coche
Aubry n'a pas voulu des royalistes ... mais elle demande des royalties !
Extraits d'une dépêche AP du 12 mai :
Martine Aubry a accusé aujourd'hui François Bayrou d'avoir commis "un petit plagiat" d'un ouvrage du PS dans son pamphlet "Abus de pouvoir" contre Nicolas Sarkozy.
"Nous aimerions avoir quelques royalties, car même si notre livre sur 'La France en libertés surveillées' n'a pas fait le même succès, je sens comme un petit plagiat", a lâché la Première secrétaire du PS devant les parlementaires et grands élus socialistes réunis rue de Solférino pour la campagne des européennes. [...]
Sorti le 30 avril, "Abus de pouvoir" (Plon) figure depuis parmi les livres les mieux vendus. L'offensive lancée en mars par le PS sur le même thème des libertés publiques n'a pas remporté le même succès. Le "Printemps des libertés" organisé le 22 mars au Zénith de Paris n'avait réuni qu'un millier de militants

Après l'UMP qui assimile les démarches d'opposition à un crime de haute trahison contre les "réformes", voilà que le PS, par la voix de sa première secrétaire (forte de la légitimité incontestée conférée par son élection à la Bush 2000), revendique le monopole sur cette même opposition.
Et tant pis si ce parti est aujourd'hui plus incapable que jamais de fédérer le rejet de la politique de la majorité actuelle (un comble, dans le cadre d'élections intrevenant presque à mi-mandat !), et tant pis si Martine ne parvient même pas à rassembler le mouvement politique qui lui a été confié par les caciques ...
Pourtant opposée au libéralisme (ce qui est une idiotie, car il ne faut pas confondre le libéralisme, basé sur la liberté garantie par ses propres limites, et l'ultra-libéralisme, fondé sur la loi du plus fort) et au capitalisme, Martine semble vouloir truster l'opposition, en faire son monopole ou sa marque déposée, accusant de contrefaçon ceux qui réussissent là où elle-même a échoué : elle cherche à oublier sa propre solitude et son inefficacité notoire (voir l'échec du "Printemps des libertés") en stigmatisant ceux qui incarnent aujourd'hui un véritable espoir et une véritable alternative.
Joseph
10:00 Publié dans PS | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : martine aubry, aubry, ps, bayrou, libertés
12.05.2009
Les Très Riches Heurts du conseil municipal de Saint-Dié (II) : de l'eau et du vent

Initialement prévue une semaine plus tôt, puis repoussée dans l'urgence, la réunion du conseil municipal de Saint-Dié a finalement eu lieu le 7 mai.
En début de séance, l'esprit du maréchal Mac Mahon semblait flotter au dessus des orateurs de la “majorité” pierretiste.
En effet, le “Que d'eau ! Que d'eau !” de l'ancien président n'aurait pas juré face à l'assommante platitude et aux lieux-communs de la demi-heure d'intervention des élus de cette "majorité". Cette fastidieuse logorrhée était destinée à prouver le bien-fondé de la remise à plat totale d'un projet pharaonique que l'on nous présentait pourtant comme chose faite depuis bientôt deux ans : le centre aqualudique Nova America.
“Que d'eau ! Que d'eau !”
Car les flottements furent nombreux quand le maire et ses adjoints ont été incapables d'apporter des réponses satisfaisantes aux remarques des élus de l'opposition, Damien Parmentier et Serge Vincent. Ces derniers ont rappelé que, depuis le début, ils avaient mis la municipalité en garde contre une délégation de service public (DSP) intégrale (c'est-à-dire la concession à une entreprise privée, comme c'est le cas, par exemple, pour notre eau) et ils ont souligné le manque de concertation sérieuse et, surtout, le temps et l'argent déjà gaspillés sur ce véritable serpent de mer.
Il est vrai qu'à Saint-Dié, entre les serpents de mer (Nova America, pépinière ...) et les futurs éléphants blancs (boulodrome, Nef des cultures actuelles ...), ce n'est pas une piscine mais plutôt un parc zoologique qu'il faudrait construire pour relancer l'attractivité de la cité de Déodat !
Voyant son projet phare mis en cause, Christian Pierret s'est empourpré, comme à son habitude :
“Vous avez été touchés voire même blessés par ce qui a été réalisé depuis un an par cette excellente équipe !”
Au moment où le maire prononce ces mots, applaudis par ses séides, le grand écran de la salle du conseil affiche des images ... en 3D et “non contractuelles” [sic.] du projet Nova America !
Question “réalisation”, on aurait pu trouver un meilleur exemple ...
Et dire que les photos [!] de ce projet sans montage financier, sans projet de développement abouti et sans emplacement figuraient encore dans le “compte rendu de mandat” de Christian Pierret, distribué sans compter (quand il s'agit de l'argent du contribuable, on ne compte pas) le mois dernier à tous les Déodatiens (voir, ci-dessous, la photo figurant en couverture et en page 21 de ce gros tract pré-électoral).
Dans le même esprit, le mot de la fin revient (à tout seigneur tout honneur) à Christian Pierret, qui, à propos de la “Pépinière d'entreprises”, a salué : “une belle réalisation ... dont les travaux vont commencer bientôt”. [sic.]
L'histoire ne dit pas si cette fascinante déclaration est due à un hommage informel au surréalisme (St-Dié est, rappelons-le, la ville natale du poète surréaliste Yvan Goll) ou à une fâcheuse tendance à confondre le virtuel et le réel, le “concret” et le vent ...
Joseph
09:29 Publié dans Saint-Dié | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : christian pierret, saint-dié, damien parmentier, serge vincent, nova america
10.05.2009
J - 28 : Barnier va-t-il découvrir le multipartisme ?
Les listes UMP vont l'emporter aux européennes grâce à un argument choc : l'opposition c'est l'Anti-France (ou l'Anti-Europe) !
En effet, quelle traîtrise que d'avancer un projet alternatif à celui du pouvoir en place, quelle félonie que d'oser critiquer la mémorable "présidence française" qui, c'est pourtant évident, a fait de Sarkozy et de ses partisans les seuls thuriféraires admissibles de l'idéal européen ! Circulez, y'a rien d'autre à proposer !
J'en veux pour preuve un spot télévisé récent et récurrent, diffusé à l'occasion de la journée de l'Europe et destiné à lutter contre l'abstention :
Sur une musique plutôt entraînante (une version instrumentale du néo-New-Orderien Good Girls (love bad boys) du groupe français A Bigger Splash), c'est toute l'Histoire de l'Europe qui défile sous nos yeux en une sarabande, consensuelle au possible, de la figure tutélaire du père-fondateur Schuman à Rostropovitch jouant sur les ruines du Mur de Berlin, pour s'achever par ces mots : "Présidence française", "G20" (?) et par l'image ... de Sarkozy. Une jeune femme apparaît alors pour nous enjoindre à nous rendre aux urnes.
Un spot électoral de l'UMP ?
Presque ...
Il s'agit en réalité d'une opération gouvernementale, réalisée par Thierry Saussez à la demande de Bruno Le Maire. Officiellement, son but est de présenter une vision consensuelle de l'Europe (l'amitié franco-allemande, le programme Erasmus...) destinée à intéresser les Français au scrutin du mois prochain. Mais pour la forme, la mise en valeur de la "présidence" de l'UE (officiellement assurée par Kouchner, au titre de ministre des Affaires étrangères, et non par Sarko, soit-dit en passant) aboutirait presque à identifier ces élections à un plébiscite sarkozyste ... et à assimiler son parti, l'UMP, au camp des Européens convaincus face à celui des défaitistes et des sans-projets !
C'est en substance les propos tenus hier par Michel Barnier, tête de liste en IDF, qui a employé une comparaison footbalistique digne de la fraction la plus beaufisante de son électorat : "c'est comme si vous aviez l'équipe de France qui joue -on sait que la partie est difficile en ce moment- et que sur les bancs de touche, vous aviez des joueurs dans l'équipe de France qui disent qu'ils souhaitent l'échec de leur équipe". Avant de déclarer : "J'aimerais bien que, dans ce débat, on parle un peu plus des questions européennes, des solutions européennes aux problèmes de la France, et qu'on n'entende pas seulement la gauche ou M. François Bayrou taper, taper toute la journée, comme si c'était leur seul programme que de critiquer Nicolas Sarkozy".
M. Barnier a beau jeu de critiquer le transfert d'enjeux purement nationaux (le vote-sanction anti-Sarko) sur les élections européennes. Il n'a cependant pas empêché son omniprésident de s'afficher sur le matériel de campagne de son parti ...
Ces élections européennes ne doivent pas être un plébiscite pour ou contre Sarkozy, mais bien une opportunité de relancer le processus européen en lui insufflant un esprit plus humaniste et démocrate. Cela dit, si le pouvoir en place pouvait en tirer à l'occasion quelques leçons sur ses propres insuffisances, ce ne serait pas une mauvaise chose !
De même, d'honorables résultats pour les candidats démocrates prouveraient la possibilité d'une alternative future. Pour reprendre la comparaison de Barnier, c'est en 2012 que les Français devront remplacer les essouflés et faire rentrer des compétiteurs plus "frais" et plus habiles sur le terrain français ... mais il y a d'abord un autre match à jouer. Ne nous trompons pas d'enjeu.
Pour l'instant, les élections du 7 juin doivent avant tout servir à porter à Strasbourg l'espoir d'une Europe des citoyens qui puisse tourner le dos au modèle de société commun à MM. Barroso et Sarkozy et proposer des solutions crédibles à la crise actuelle.
Joseph
P.S. : Si quelqu'un a un lien vers le spot en question, merci de l'indiquer dans les commentaires, afin que les lecteurs puissent juger par eux-mêmes.
12:36 Publié dans "J -" ... chronique de l'élection européenne 2009 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : barnier, européennes, idf, bayrou, sarkozy, ump, modem
06.05.2009
Distinction entre sphère privée et sphère publique : une géométrie très variable pour Christian Pierret
Parmi les amis de Sarko qui ont reçu la Légion d'honneur, les mauvaises langues ne retiennent en général que la "bande du Fouquet's" : il est vrai qu'une grande partie de ce "beau monde" (Alain Minc, Christian Clavier, Isabelle Balkany, Nicolas Baverez ...) a obtenu le fameux hochet bonapartiste. Il ne faut cependant pas omettre d'autres "décorés" qui, même en étant moins médiatiques, contribuent à entretenir le mythe de l'"ouverture" sarkozyste sous les clinquantes et fédératrices dorures de la république du bling-bling.
Il en va ainsi de Christian Pierret, ancien ministre (fabiusien, aujourd'hui aubryiste) et maire (en sursis) de Saint-Dié, qui vient tout juste d'être "épinglé" chevalier pour ses "38 ans d´activités professionnelles, de services militaires et de fonctions électives" (décret du 11 juillet 2008).
Pour la cérémonie organisée à cette occasion à l'espace François Mitterrand, Christian Pierret avait invité tous ses "amis". Ce qui excluait naturellement, comme le souligne aujourd'hui le quotidien Vosges Matin, les élus de l'opposition, le député de la circo, le conseiller général du canton ...etc.
La semaine précédente, des membres de la municipalité avaient pourtant pris la parole, en vertu des "pratiques républicaines", au début d'une conférence publique du MoDem, et M. Pierret avait été invité (et s'était fait représenter) à la cérémonie organisée pour la remise de l'ordre des Arts et des Lettres à deux de ses concitoyens, l'un d'entre eux étant Damien Parmentier, leader de l'opposition locale.
Il est vrai que dans ces deux derniers cas la manifestation avait lieu dans une salle prêtée gratuitement par la mairie, contrairement à la cérémonie de remise de la Légion d'honneur, qui était de nature "privée".
Ce ce que l' "entourage" du Cavaliere Pierret a fait savoir au quotidien régional vosgien :
“L’espace Mitterrand a été réservé par Christian Pierret en son nom propre, il a payé la location de la salle alors que M. Parmentier nous a demandés la gratuité du musée.”
Le raisonnement a sa logique et pourrait se tenir. Pourquoi pas.
Sauf que ...
Sauf que la vidéo de cette cérémonie "privée" est fièrement affichée en page d'accueil du site officiel de la commune !
Ce site était pourtant sensé représenter une vitrine officielle de la Cité ainsi qu'un service public offert à tous les Déodatiens.
En bref : l'argent du contribuable, les deniers publics, ont été mis à disposition d'une promotion "privée". Le site officiel de la ville, ainsi transformé en site perso du Cavaliere Pierret, n'est donc qu'un outil de propagande pré-électorale ...
Joseph
En haut: Page d'accueil du site de la ville (http://www.saint-die.eu/)
En bas : Zoom sur l'éditho ... euh ... l' "Edito" !
19:34 Publié dans Saint-Dié | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pierret, christian pierret, saint-dié, vosges, saint-dié-des-vosges, sddv, légion d'honneur
04.05.2009
"Ensemble tout devient possible" ... même critiquer un livre sans l'avoir ouvert
Invité de "Dimanche soir politique" sur France Inter, le concierge du parti présidentiel a estimé que le nouveau livre de François Bayrou, Abus de pouvoir (Plon) n'était pas très gentil envers Nicolas Sarkozy : "C'est un ouvrage vide de propositions mais rempli de haine".
Il est vrai que les opposants politiques pourraient au moins avoir la courtoisie de ne pas dire de mal du pouvoir en place ... et de détailler toutes leurs idées trois ans à l'avance pour permettre au président de les récupérer (en les dénaturant complètement, bien entendu). Non mais !
Précision fournie par l'agence AP : Xavier Bertrand " a dit ne pas avoir lu ce livre mais avoir pris connaissance des extraits parus dans la presse".
Enfin un homme politique bien informé ! Plus besoin d'ouvrir un livre pour juger de l'intégralité de son contenu ...
J'attends avec impatience son analyse de La Princesse de Clèves !
15:38 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : xavier bertrand, bertrand, ump, bayrou, modem












