« Psychodrame centriste du moment : L'appel de Cornillet, ou Faut-il sauver le soldat MoDem ? | Page d'accueil | "Grande clarification" et "contre-attaque" : nous devons être prêts ! »

09.04.2008

Flamme de la honte à l'Est ...

Il y a quelques mois, ce blogue prenait déjà parti contre la tenue des Jeux Olympiques dans la capitale du régime dictatorial chinois : http://orangedemocratique.blogspirit.com/archive/2007/08/...

Huit mois plus tard, la question est plus que jamais d’actualité, suite aux manifestations qui ont émaillé le parcours de la flamme olympique, depuis sa naissance à Olympie jusqu’à son étape californienne, sans oublier le pathétique épisode parisien (où la délégation chinoise, après avoir éteint la flamme par réflexe sécuritaire, n’a pas hésité à « boycotter » une personnalité officielle telle que le maire de Paris ; où certains policiers français ont poussé le zèle jusqu’à dérober les drapeaux brandis par les manifestants ...), ces derniers incidents témoignant parfaitement du malaise suscité par les questions chinoises dans les opinions et les sphères politiques occidentales.

c5bad195a5bfd4648c121e863c6fce5d.jpg


Si le détonateur a été l’indignation provoquée par la barbare répression du mouvement d’émancipation tibétain, il ne faut pas oublier non plus [comme le rappelle KAG] les autres violations graves des droits de l’homme commises par le régime de Pékin.
Celles-ci se manifestent notamment par la traque des opposants politiques, des internautes trop curieux et des journalistes (voir les emprisonnements récents d’Yang Chunlin ou d’Hu Jia, condamnés arbitrairement à cinq et trois ans de réclusion pour « subversion »), ou encore par les continuelles entraves à la liberté de conscience (qu’il s’agisse des catholiques ou des bouddhistes, brimés ou ostracisés par le pouvoir en place).
Sans parler de la violation permanente des valeurs démocratiques (nées, notons-le en passant, dans le même pays et à la même période que l’Olympisme) que constituent un régime dominé par un Parti unique ou encore l’absence de tout espace de débat ...

345f18d64bfda64b48b1227977c62156.jpg
3dccdd19fd8e55fb12ce3ee9cf9d432e.jpg


Est-ce faire preuve de racisme « anti-Chinois » (ou « anti-Han ») que de rappeler ces quelques faits ? Certainement pas, dans la mesure où les opposants à cette dictature inique, née du mariage monstrueux entre le totalitarisme communiste et le cynisme capitaliste ultra-libéral, ne sont pas seulement des Tibétains ou des membres d’autres minorités culturelles, mais également des Hans qui subissent quotidiennement les méfaits du gouvernement et de ses complices.

Contrairement à François Bayrou (le premier, ne l’oublions pas, à avoir évoqué l’éventualité d’un boycott, lors de sa campagne présidentielle), qui a récemment estimé sur les ondes d’RTL que la Chine était « extraordinairement sensible à ce qui se dit et ce qui se fait », je pense que les dirigeants chinois ne sont pas si sensibles que cela aux valeurs ou aux symboles qui les véhiculent, tant l’image de puissante respectabilité qu’ils s’efforcent de se donner est avant tout à but commercial.
Un exemple de cette absence de scrupules et de cette insensibilité aux principes fondamentaux : Pékin soutient sans vergogne le régime soudanais dont les exactions au Darfour ont soulevé l’opinion publique occidentale.
Dans cette optique, les barouds d’honneur symboliques n’ont que peu de poids, qu’il s’agisse des menaces d’absence de chefs d’Etats lors de la cérémonie d’ouverture (absence de toute façon inefficace pour un petit pays comme la France si elle n’émane pas d’une résolution de l’ensemble des Etats de l’Union européenne) ou, de façon encore plus anecdotique et timorée, le « pour un monde meilleur » [ou « douillet », cf. Grozbulles] arboré sur les badges des athlètes français. Ces actions symboliques sont d’autant plus inutiles – les récents événements nous l’ont rappelé – que la censure et la propagande chinoises contrôlent, bloquent ou déforment toutes ces initiatives avant que leur principal destinataire, le peuple chinois lui-même, en soit informé.

4d1dca4580642fab6d4ef65d5feb17f7.jpg


Il faut donc frapper le régime de Pékin et ses complices là où cela leur fera vraiment mal : au porte-monnaie.
Pour ce faire, outre un boycott pur et simple des événements olympiques de l’été prochain, il faudrait également ostraciser ponctuellement, le temps des Jeux, les produits chinois (ce qui n’est pas facile, j’en conviens) ainsi que tous les sponsors (asiatiques ou occidentaux) de ces Jeux de la Honte et, enfin, ne regarder aucune des cérémonies ou épreuves diffusées à la télévision. A défaut de toucher directement Pékin, on s’en prendrait à la stratégie actuelle de ceux qui, par appétit mercantile, font qu’un tel régime puisse encore exister et prospérer au XXIe siècle : les grandes firmes multinationales qui, en acceptant de collaborer avec cette puissance implacable, font passer leurs profits mondialisés avant le respect de la dignité humaine.

Commentaires

Je ne suis pas contre le boycott en est une mais il est difficile à mettre en place et presque dérisoire face à la puissance de la Chine, reste le côté symbolique ; non en fait la seule arme efficace qui serait prêt à entendre les Chinois, c'est l'arme politique, comme par exemple l'absence de délégations officielles à la cérémonie d'ouverture et un geste pus conséquent de ma part des athlètes que le port d'un badge avec un message on ne peut plus consensuel, un action des consommateurs vis-à-vis des sponsors me semblerait être un levier intéressant à exploiter pour que ces derniers véhiculent des messages forts.
Pour qu’un boycott soit réellement efficace, il faut qu’il y ait aussi une intention politique, or il faut regarder la situation pour comprendre pourquoi un boycott des produits chinois aura une faible portée.
Pour information , la chine ne représente que 5% du PIB mondial et la dessus elle exporte près de 40% de se PIB, son premier client c'est les Etats Unis (125 milliards de dollars ), alors eux pourraient avoir un impact, mais le fait est que les Chinois détiennent une grosse part de la dette extérieure américaine cela représente 60 % du stock de réserves de la banque centrale chinoise soit plus de 650 milliards de dollars donc ces deux mastodontes se tiennent par la barbichette, la Chine accumulent des réserves en dollars très importantes ce qui lui permet de conserver un taux de change très bas entre sa monnaie et le dollar ( 8,28 yuan pour 1 dollar), et donc de conserver son niveau de compétitivité et de financer ainsi ses exportations vers les Etats-Unis. En contrepartie, les consommateurs américains reçoivent des produits bon marché évitant les risques d’inflations, du coup le gouvernement américain en profite pour faire financer le déficit de sa balance commerciale et sa dette comme elle l'a toujours fait , les deux pays sont donc interdépendant, alors le boycott c'est pas pour demain...
Et si tenter que celui-ci se mette en place, le boycott des produits chinois rendrait presque service à l'économie chinoise, car celle n'est pas loin de surchauffer, et elle n'a aucun moyen économique de la réguler, alors un peu de boycott pourquoi pas...

J.Charles

Ecrit par : J.Charles | 10.04.2008

Ecrire un commentaire