31.10.2007
Notre Patrimoine est en danger
La protection du patrimoine, un combat républicain ...
« En Italie, le peuple est habitué à respecter tous les monumens, et même ceux qui les dessinent. Accoutumons les citoyens à se pénétrer des mêmes sentimens.
Que le respect public entoure particulièrement les objets nationaux, qui, n’étant à personne, sont la propriété de tous.
Ces monuments contribuent à la splendeur d’une nation, et ajoutent à sa prépondérance politique.
C’est là ce que les étrangers viennent admirer. Les arênes de Nîmes et le pont du Gard ont peut-être plus rapporté à la France qu’ils n’avoient coûté aux Romains. [...]
Inscrivons donc, s’il est possible, sur tous les monuments, et gravons dans tous les cœurs cette sentence :
"Les barbares et les esclaves détestent les sciences, et détruisent les monumens des arts ; les hommes libres les aiment et les conservent". »
Henri Grégoire, Rapport sur les destructions opérées par le vandalisme, et sur les moyens de le réprimer - Convention nationale, séance du 14 Fructidor l’an second de la République une et indivisible (31 août 1794)
... abandonné en 2007 ?
« Les crédits alloués à la culture dans le projet de budget 2008 ont été adoptés mardi en commission à l'Assemblée nationale par les députés, dont plusieurs ont exprimé leurs "inquiétudes" face aux crédits dévolus aux monuments historiques et au spectacle vivant.
Devant la ministre de la Culture Christine Albanel, interrogée en commission, Nicolas Perruchot (Nouveau Centre) s'est "inquiété du sous-financement structurel de l'entretien des monuments historiques" (315 M EUR), à qui "il manquera 50 millions d'euros en 2008".
[...]
Le projet de budget est un projet "en trompe l'oeil", a ajouté Patrick Bloche (PS), rapporteur pour avis, estimant qu'à "structure constante, le budget baissera de 2%". »
(Dépêche AFP)
Notre patrimoine est aujourd’hui en danger.
Les crédits alloués sont insuffisants, ne serait-ce que pour les nécessaires travaux d’entretien et de restauration. Dans le même temps, l’actuelle pensée dominante est en train de faire du Patrimoine un bien marchandable et aliénable, une source de spéculation et de profit, un produit comme un autre en somme.
Tandis que des œuvres majeures de notre patrimoine sont confisquées au regard et à la connaissance des citoyens pour être louées à l’émirat d’Abou Dabi, ou qu’un projet de loi propose de mettre fin à l’inaliénabilité des collections publiques (en clair, de rendre possible la dispersion et la vente d’une partie des collections de la Nation), notre précédent et notre actuelle ministres de la Culture préfèrent dilapider inutilement des millions pour transformer, s’agissant de la seconde quand elle dirigeait ce musée national, le château de Versailles en un "Marie-Antoinette-land" imaginaire et factice, ou, pour le premier, d’envisager la reconstruction ... du château des Tuileries !
Par conséquent, il est indispensable que les citoyens prennent la défense de leur Patrimoine commun, et qu’ils refusent que ce dernier, empreinte sensible de leur Histoire et outil formidable de pédagogie, soit considéré comme une simple marchandise dont le seul intérêt résiderait dans son potentiel touristique.
Il est urgent de renouer avec l’esprit révolutionnaire de l’Abbé Grégoire : exigeons la protection de notre Patrimoine !
Ledru-Rollin 2007
P.S. : Un excellent site pour se tenir informé sur ces questions : La Tribune de l'Art.
12:45 Publié dans Culture et société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Art, Patrimoine, politique, Albanel, Sarkozy, Culture, Versailles






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