08.10.2007

Des quais de la Meurthe aux rives du Rhône : un samedi géographique ... et démocrate

Comme chaque année à l’automne, mais à la faveur, cette fois-ci, d’un début de saison agréablement ensoleillé, Saint-Dié-des-Vosges a revêtu ses plus beaux atours de capitale mondiale de la géographie (c’est dans cette ville que le continent américain fut baptisé il y a tout juste 500 ans), dans le cadre festif d’un FIG (Festival International de Géographie) consacré, cette année, au thème très actuel des énergies.
Outre les conférences, les cafés géographiques et autres événements mêlant avec bonheur une communauté scientifique ouverte et accessible [1] à un public curieux du monde qui l’entoure, un salon du livre était organisé sur les quais de la Meurthe, au Centre Robert-Schuman.

C’est dans ce lieu, où il venait de dédicacer ses célèbres ouvrages, que le président de cette 18e édition du FIG, Azouz Begag, a rencontré les militants démocrates locaux pour une séance de photos spontanément transformée en un forum citoyen informel sur les marches ensoleillées d’un escalier extérieur préservé de la chaleur étouffante du Centre Schuman.249c522c4b9f5cd801626b92ccedc080.jpg
Les élus et les cadres locaux, représentés par Pascal Thomas, Serge Vincent (tous deux conseillers municipaux déodatiens) et Damien Grandjean (candidat aux dernières législatives en tant que suppléant de M. Thomas), y furent bientôt rejoints par plusieurs militants et citoyens de tous âges - des lycéens jusqu’aux retraités - qui s’étaient réunis autour de M. Begag, figure attachante et singulière du Mouvement démocrate, pour échanger et partager leurs inquiétudes sur la situation actuelle de la France ainsi que leurs espoirs pour demain.

Azouz Begag, qui a rappelé avec malice et pertinence que la notion de « centre » est commune à la géographie et à la politique [2], affiche avec courage une certaine résistance au pouvoir en place.
Il n’a pas de mots assez durs pour le chef de l’Etat (celui qu’il appelle « l'Autre »), qu’il considère comme « le président des gens de droite et d’extrême-droite », et dont il dénonce la « politique de bas niveau » et les « esbroufes » passées et à venir : une prédictible chute de sa popularité devrait en effet amener Nicolas Sarkozy à livrer en pâture à l’opinion de nouvelles thématiques difficilement maîtrisables (« des trucs de fou », prévisibles dès le mois de janvier), ainsi qu’une nouvelle « ouverture » - clairement dénoncée par Begag comme une politique de « ralliements » opportuns - en direction de personnalités aux abois de la gauche du PS ou du centre démocrate.
On peut difficilement en vouloir à l’ancien ministre délégué à la promotion de l’égalité des chances pour son opinion très tranchée sur le président, car M. Begag, dont le mentor gouvernemental fut un Dominique de Villepin aujourd’hui considéré – avec François Bayrou - comme un des premiers opposants au sarkozysme, se pose en défenseur et en représentant de cette France plurielle, de cette France des cités à la fois délaissée et stigmatisée par un chef d’Etat qui n’a pas hésité à puiser aux sources les plus irrationnelles de la démagogie d’extrême-droite pour parvenir à ses fins.

Mêlant humour et solennité, le grand écrivain lyonnais a encouragé les démocrates déodatiens à mener leur combat malgré un milieu politique local complexe voire hostile : « Tout d’abord, restez "groupir", restez unis ... et grandissez. Vous en avez le devoir vis-à-vis de vos concitoyens. »
M. Begag a également prédit que le Mouvement démocrate, en tant que seule alternative au système sarkozyste, allait bientôt s’enrichir de l’arrivée d’hommes et de femmes, de gauche comme de droite, déçus par la majorité en place et entrés en résistance face aux dérives de celle-ci.

J’ai profité de cette rencontre pour apprendre à Azouz l’initiative lancée à Lyon (... et sur le Net) par Sébastien Perros [3] et pour l’interroger sur sa position par rapport aux questions de démocratie interne soulevées par celle-ci.
Sans se déclarer explicitement hostile au principe de consultations militantes, il m’a répondu qu’il pense qu’il faudra attendre le congrès de novembre pour que le corps militant puisse être réellement constitué, et que, dans ces conditions, l’organisation de consultations serait trop tardive. Il s’en remet donc, pour sa part et pour l’instant, aux instances nationales et départementales (et, par conséquent, à leur comité d’investiture, présidé par Michel Mercier) afin d’obtenir sa désignation comme tête de la liste démocrate lyonnaise aux prochaines élections municipales.

Pour ma part, j’ai apporté mon soutien et ma signature à ce véritable manifeste de cohérence démocratique, qui ne peut qu’apporter plus de légitimité à nos listes tout en démontrant que la démocratie que nous arborons si fièrement peut déjà s’exercer en interne.
Il n’y a rien à perdre, les divisions ne sont pas à craindre : adultes responsables, et conscients en tant que tels que la voix de la majorité peut diverger de la nôtre sans que cela nous pousse pour autant à nous désolidariser des solutions ainsi arrêtées et dûment légitimées, nous sommes prêts à jouer le jeu de la démocratie jusqu’au bout et à en assumer toutes les conséquences.
Il en va de la crédibilité du message démocratique de notre mouvement et de la légitimité de nos hérauts, légitimité sans laquelle la cohésion dans l’action ou le consensus dans les décisions seront condamnés à rester fragiles et illusoires.

Ledru-Rollin 2007



[1] J’ai pu découvrir, à l’occasion d’un banquet aux couleurs de la Roumanie (pays invité de cette année) animé par un entraînant orchestre de musique tzigane et électrisé par un certain contexte rugbystique, que les géographes ont su conserver, au-delà des hiérarchies universitaires, un esprit réellement convivial et chaleureux.
[2] En géographie, ce sont les « centres » qui commandent les territoires et dictent l’organisation de l’espace, en opposition à des périphéries qui peuvent être « intégrées » - en jouant un rôle subalterne - aux stratégies impulsées par le centre ou, au contraire, « délaissées » par ce dernier et par conséquent vouées à la marginalisation.
[3] Je parle de cette fameuse lettre ouverte à Michel Mercier demandant la mise en place d’un processus démocratique de désignation des candidats du MoDem aux municipales de mars 2008, dans les grandes villes en général et à Lyon en particulier. Deux des candidats lyonnais, Marc Augoyard et Gilles Vesco, ont déjà rejoint les signataires de cet appel à la démocratie interne.

Commentaires

t'es le meilleur ;-D

Ecrit par : Jeune MoDem 31 | 09.10.2007

Bonjour, petit rétrolien manuel vers France démocrate : http://www.francedemocrate.info/spip.php?article168

Ecrit par : FrédéricLN | 11.10.2007

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