26.09.2007
Candidature antisarkozyste à Lyon, front rouge-vert-rose-orange au Congrès ?
L'intéressé veut faire de Lyon « l’épicentre de la résistance anti-Sarkozy ».
Alors même qu'Anne-Marie Comparini (dont le mentor en politique fut le regretté Raymond Barre, maire de Lyon de 1995 à 2001) a courageusement décidé de se retirer de toute candidature et de redevenir une "militante de base" (si tous les partis politiques avaient des "militants de base" de cette qualité, on n'en serait pas là ...), le bayrouiste - d'origine villepiniste - Azouz Begag annonce, dans un entretien à paraître aujourd'hui dans Le Progrès, qu'il compte mener la liste MoDem lyonnaise aux prochaines élections municipales.
Patient et discipliné, l'ancien ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances a affirmé que « retenu ou non comme tête de liste, [il] serai[t] de toute façon présent aux côtés des Démocrates »
Pour ce qui est des alliances envisageables au second tour, M. Begag ne se tournera pas vers Dominique Perben (UMP) « s'il est l'homme de Sarkozy» mais plutôt vers le difficilement détrônable sénateur-maire socialiste Gérard Collomb. [1]

Les municipales jettent en effet un éclairage nouveau sur la question d'éventuelles stratégies d'opposition [2] communes entre le PS et le MoDem.
A tel point que l'indéboulonnable François Hollande (salué dans cette démarche par M. Moscovici, son plausible successeur à la tête du PS), celui qui refusait tout accord avec le MoDem au profit de stratégies de récupération de l'électorat bayrouiste, a accepté de dialoguer aujourd'hui même avec le leader démocrate pour envisager des positions communes dans le cadre des réformes constitutionnelles annoncées.
Ces dernières, proposées par le comité Balladur puis triées par Nicolas Sarkozy, devront en effet être ratifiées par le Congrès, la réunion de l'Assemblée nationale et du Sénat étant nécessaire à toute transformation de la Constitution.
Or, si la Gauche est minoritaire dans ces deux chambres, l'UMP n'a pas non plus la majorité qualifiée des trois cinquièmes capable de lever toute menace de veto. Dans cette optique, seule une stratégie commune entre les élus de Gauche et les élus démocrates pourrait permettre la constitution, par la réunion des deux cinquièmes des voix, d'un contre-pouvoir modérateur. [3]
Cependant, les sénateurs UDF (dont une bonne partie campe plutôt sur une position conservatrice favorable à Sarkozy) ou un député MoDem plutôt "sarko-compatible" tel que Thierry Benoît suivront-ils ce projet ?
Nos élus les plus "centre-droit" résisteront-ils à la seconde vague prévisible du débauch... euh, je veux dire, de l'"ouverture" sarkozyste ?
Rien n'est moins sûr ...
Quoi qu'il en soit, cette question montre bien que l'on peut continuer à peser malgré tout.
Et, malgré la défaite relative aux législatives (relative si l'on songe aux suffrages récoltés au premier tour sur l'ensemble du territoire et au rôle "anti-vague bleu" de la plupart de nos électeurs au second tour), je suis convaincu que les Français nous accordent une véritable légitimité dans les débats fondamentaux qui nous attendent.
Ledru-Rollin 2007
Edition :
Lu sur Marianne2.fr :
François Bayrou a jugé mercredi qu'Azoug Begag, "a tort" de vouloir faire de cette ville un bastion "anti-Sarkozy".
"Il a tort", a déclaré le président de l'UDF-MoDem sur RMC. "Avec beaucoup d'amité pour lui, je veux lui dire que ce n'est pas la bonne approche".
"On va pas recommencer à faire comme ça du camp contre camp, du tous contre un ou un contre tous", a-t-il ajouté, disant refuser "les attitudes sectaires".
"Pour moi, ce qui compte dans une élection municipale à Lyon, ce n'est pas principalement la politique nationale, c'est principalement la vie des Lyonnais", a dit M. Bayrou. "Les élections municipales, c'est fait pour rendre meilleure la vie des gens dans une ville".
[1] AFP pour Le Figaro, 25 septembre 2007.
[2] Car, même s'il s'agit dans notre état d'esprit d'une position de recul critque mais aussi - en toute responsabilité - de proposition constructive, le point commun de nos situations, différentes quant aux rapports de forces, est bel et bien la minorité politique et la mise à l'écart du pouvoir.
[3] Nathalie Raulin, "Tête-à-tête Hollande - Bayrou autour de la Constitution", Libération, 25 septembre 2007.
09:15 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, Lyon, Begag, Hollande, Bayrou, PS, politique





Commentaires
Tu es "convaincu que les Français nous accordent (au Modem) une véritable légitimité dans les débats fondamentaux"...Ok ! Mais, ils perçoivent autant la cacophonie qui règne dans notre mouvement...Notre base est motivée, volontariste, remuante... mais ce qu'il reste d'un appareil UDF aux mains d'élus tétanisés est en train d’écœurer par sa pusillanimité les meilleurs d’entre nous…Je le vis au jour le jour… et ce soir, localement, nous devrons peut-être renoncer à présenter un candidat désigné par les militants pour une cantonale partielle (la seule élection du département avant les municipales de 2008), investi par notre fédération, mais sans aucun soutien financier pour faire imprimer nos tracts, affiches et profession de foi….Incroyable , non ? Quand on sait que la plupart des militants du département sont volontaires pour faire campagne dans notre commune ! Et bien, on nous conseille d’aller voir notre banquier ou de faire la quête … ça commence bien !
Ecrit par : Leroy-Morin | 26.09.2007
@Leroy-Morin :
J'avoue avoir du mal à comprendre, n'étant pas très au fait des questions d'appareil.
Si la fédération départementale a donné son feu vert, pourquoi les fonds sont-ils bloqués ?
Qui gère la logistique financière : la fédération départementale ou la trésorerie rue de l'Université ?
Si tu veux bien me donner plus de détails pour comprendre cette affaire [ici, ou, si tu le souhaites, par mail (en cliquant sur "A propos" en haut à gauche)], je t'en serai reconnaissant.
Quoi qu'il en soit, je pense que le MoDem aura une cohérence (qui renforcera sa légitimité) à l'issue du congrès fondateur de novembre, même si nous ne ferons pas -hélas- l'économie de quelques portes claquées ...
Ecrit par : Ledru-Rollin 2007 | 26.09.2007
@ Leroy-Morin
Qu'il n'y ait pas de fonds de Paris pour financer la campagne cantonnale, cela ne m'étonne pas. C'est ce qu'ont vécu tous les candidats aux législatives. Personnellement j'ai fait un emprunt sur 12 mois. Ayant passé la barre des 5 % ma campagne sera remboursée par l'Etat.
C'est pas un scoop, c'est comme ça que ça se passe...
Ecrit par : laure leforestier | 26.09.2007
Intéressante analyse
Ecrit par : Jeune MoDem 31 | 27.09.2007
Que doit faire le Modem aux municipales ? L'autonomie ? S'allier à droite ? À gauche ?
Votez :
http://www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=20
Ecrit par : Mike | 02.11.2007
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