10.08.2007

Convergences socialo-démocrates : précédents et pistes de réflexion pour 2008

Les élections municipales de 2008 semblent encore loin et notre Mouvement démocrate n’a pas encore fixé ses objectifs et ses stratégies en la matière.
Cela ne nous doit cependant nullement nous empêcher d’anticiper les choix que nous devrons faire et, en particulier, de réfléchir à l’idée d’alliances – selon les configurations locales du terrain politique – avec la « Gauche » réformiste.

Incontestablement, le site de l’INA, « Archives pour tous », est vraiment un fascinant coffre à trésor pour les « fans » d’images politiques. Ces dernières ont beau être exhumées du passé, elles peuvent souvent nourrir avec intérêt nos réflexions sur le présent et nos conjectures sur l’avenir.
Exemple intéressant, un extrait du 13 h d’Antenne 2, alors présenté par Daniel Bilalian, nous replonge dans les lendemains du premier tour des municipales de juin 1995.
Pour contrer la percée (30 % au premier tour) de l’extrême-droite à Mulhouse, le maire sortant socialiste et l’ancien maire UDF de cette ville avaient décidé, malgré l’absence de consignes nationales, de présenter une liste commune fortement symbolique, le second s’étant placé en position inéligible sur cette liste de « Front républicain » pour témoigner de son opposition aux thèses du Front national (dont le candidat de l’époque, M. Freulet, émarge aujourd’hui chez Philippe de Villiers).

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Mais il est vrai qu’il s’agit d’un cas bien particulier en terme de transgression des barrières partisanes : l’ancien édile centriste, M. Joseph Klifa, avait commencé sa carrière politique à gauche, tandis que le socialiste n’était autre qu’un certain ... Jean-Marie Bockel, aujourd’hui secrétaire d’Etat dans le gouvernement Fillon.
Le jeu reste d’ailleurs très ouvert dans cette ville [1], car M. Bockel, désavoué par les Verts et les MJS locaux, voué aux gémonies par la tonitruante députée de droite Arlette Grosskost, sera sans doute tenté de se tourner vers les démocrates mulhousiens.
Ces derniers feront-ils alors liste commune avec le maire sortant au nom du « Rassemblement » prôné par François Bayrou (et vaguement contrefait dans l’ « Ouverture » pratiquée par Nicolas Sarkozy) ?
Voudront-ils au contraire se lancer pleinement dans la bataille électorale en espérant ainsi imposer leurs règles du jeu au second tour ?

Voici un autre exemple de rassemblement trans-clivagiste, plus récent, déniché quant à lui sur la toile et la blogosphère démocrate.
Conseillers municipaux de Saint-Dié-des-Vosges insatisfaits des carences démocratiques présentées par le stérile clivage entre une majorité aux ordres et une opposition systématique, le centriste Pascal Thomas et l’ancien adjoint de gauche Serge Vincent se sont alliés au sein d’un nouveau groupe, l’« Union pour Saint-Dié ».
Il est remarquable de noter que cette démarche transpartisane en faveur du Bien commun, effectuée en octobre 2006, appliquait déjà à l’échelle locale le programme présidentiel de François Bayrou et anticipait l’esprit ayant présidé au lancement du MoDem.
Là encore, on peut s’interroger sur la logique qui sera finalement adoptée : union élargie associant toutes les bonnes volontés ou bien, si ces dernières ne se manifestent pas, transcendance totale afin d’éviter toute récupération et toute altération d’une sincère volonté d’indépendance ?

Nul doute que les débats et les restructurations politiques des prochains mois auront un rôle décisif sur le renouvellement d’un dialogue social-démocrate progressiste et constructif.

Ledru-Rollin 2007

[1] Lire à ce propos les articles recueillis par Naranj sur son blogue.

Commentaires

Salut !
La différence majeure entre l'ancienne UDF et le MoDem, c'est qu'avec le MoDem, il n'y aura pas d'allié officiel, et d'allégeance nationale à la gauche ou à la droite.
Comme tu le dis, les éventuelles alliances auront lieu au niveau local, en fonction des convergences de programmes gauche/centre ou droite/centre.

On peut anticiper que dans des villes comme Paris ou Lyon, la convergence entre les programmes de gauche et de centre ne paraît pas absurde. Même si je m'avance sans doute un peu.
Dans le Var et les Alpes Maritimes, il faudra sans doute plus s'attendre à des rapprochements vers l'UMP et le Nouveau Centre.

Ecrit par : Thibault | 10.08.2007

Moi, je ne serais pas contre une liste MoDem-Bockeliste à Mulhouse. Il y a plein de points de convergences possibles.

Ecrit par : L'Hérétique | 11.08.2007

Quelle lisibilité pour le corps électoral et qu'en retiendra t'il si le Modem effectue des alliances tantôt à droitez tantôt à gauche ? J'ai le sentiment que l'électorat qui s'est exprimé aux législatives pour le Modem purgé d'à peu près 10 % de voix par rapport aux présidentielles s'est d'abord reconnu dans le discours de résistance de François Bayrou. Qui dit résistance dit refus de collaboration. Toutes ces soi-disantes ouvertures que l'on voit apparaître ces temps ci du côté de l'UMP ne sont qu'un leurre, c'est pour mieux nous manger mon enfant...
Et pendant ce pmps-là, avant seignosse, avant les congrès UDf et MoDem d'octobre et novembre, les petites cuisines électorales de l'UDF se préparent avec les alliés de toujours...

Ecrit par : la souris démocrate | 24.08.2007

@ la souris démocrate :

Il est vrai que le MoDem ne doit pas sacrifier son indépendance au profit des jeux de dupes opportunément proposés par les uns ou les autres (dans ce sens, je trouve les récentes déclarations de Rebsamen ou Valls plutôt hypocrites).
Cependant, les Français nous attendent également au tournant sur les question concrètes et les problèmes locaux : nous ne pouvons nous permettre d'attendre le déluge (ou 2012) du haut de notre tour d'ivoire.
De plus, il est probable que dans de nombreuses municipalités, les listes MoDem indépendantes fassent entre 5 et 10 % au premier tour et se trouvent ainsi confrontées à un choix de fusion pour le second.

Soyons pragmatiques et fidèles à nos valeurs. Et alors nous serons en cohérence avec notre discours et avec l'image que nous voulons donner de notre mouvement.

Cela dit, nous en saurons plus après Seignosse et le(s) congrès de l'automne, où les orientations en termes de valeurs, de plateforme et de stratégies seront clairement définies.

Ecrit par : Ledru-Rollin 2007 | 25.08.2007

non aux alliances pour se faire avoir! je parle du (MoDem)
Les election municipales ne doivent surtout pas etre (surtout celles des communes de la 'citoyennete'!) des conduits à titres electoralistes. Parce que d'un déjà ca ne marche pas*!! et de deux c'est trahir les convictions des militants.

*vous avez deja vu des convenances de place pratiquees dans notre ère? Et puis devoir ne serait-ce que.. demander, un ralliement, pour un nouveau (mouvement politique..) signifierait-il perte d'autonomie, d'identité?
Il faut risquer, preserver 'notre' nouvelle identité, se risquer c bien vouloir dire et, en toute convenance, comme ca a ete fait aux legistatives, que 'nous' n'appellons pas l'alliance mais que 'nous' laissons l'electeur voter à l'appreciation de ses idées.. (une manière de mettre le votant au coeur de ses responsabilites..) dans la mesure où 'nous' perdions au 1er tour .. je ne voudrais surtout pas etre sectaire mais par experience il est prouvé que la cohabitation à petite echelle c'est bien pire!!

Merci pour ce site tjr ,-

a.

Ecrit par : am94 | 07.09.2007

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