19.07.2007
Héritage démocrate (III) : le suffrage universel porte en lui la paix sociale
24 février 1878 : Alors que les républicains sont sur le point de triompher définitivement des monarchistes qui pensaient pouvoir se servir de la jeune Troisième République comme d’un tremplin vers une nouvelle Restauration, un monument est élevé à la mémoire de Ledru-Rollin, l’ancien proscrit démocrate.
Lors de cette inauguration, qui sert également de prétexte à la commémoration des trente ans de la révolution de février 1848, Victor Hugo rend hommage à celui qui a joué un rôle décisif dans l’adoption du suffrage universel, tout en démontrant que cette dernière application de la souveraineté nationale est finalement moins révolutionnaire (le souvenir de la Commune discrédite encore la République démocratique et sociale auprès de nombreux français) que profondément pacifique.

« Certes, Ledru-Rollin avait un magnanime sentiment du droit et en même temps une féconde pensée politique quand il prenait fait et cause pour Rome ; sa pensée n’était pas moins profonde quand il décrétait le suffrage universel. Là encore il travaillait, je viens de le dire, à l’apaisement de l’avenir.
Qu’est-ce en effet que le suffrage universel ?
C’est l’évidence faite sur la volonté nationale, c’est la loi seule souveraine, c’est l’impulsion à la marche en avant, c’est le frein à la marche en arrière, c’est la solution cordiale et simple des contradictions et des problèmes, c’est la fin à l’amiable des révolutions et des haines. (Bravos)
1792 a créé le règne du peuple, c’est-à-dire la république ; 1848 a créé l’instrument du règne, c’est-à-dire le suffrage universel. De cette façon l’œuvre est indestructible, une révolution couronne l’autre, et le Droit de l’homme a pour point d’appui le Vote du peuple.
La loi d’équilibre est trouvée.
Désormais nulle négation possible, nulle lutte possible, nulle émeute possible, pas plus du côté du pouvoir que du côté du peuple. Conciliation, telle est la fin de tout. C’est là un progrès suprême.
Ledru-Rollin en a sa part, et ce sera son impérissable honneur d’avoir attaché son nom à ce suffrage universel qui contient en germe la pacification universelle. (Vive adhésion.) »
Victor Hugo
12:25 Publié dans Héritages démocrate et centriste | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Victor Hugo, démocratie, 1848, politique, histoire





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